Vernissage de MAMI : Calligraf2ity

MAMI est une calligraphe japonaise qui expose temporairement ses oeuvres à la Galerie Lehalle. Alliant tradition et modernité, elle nous a fait une performance le jeudi 13 septembre en soirée, avant l’illumination de la Tour Eiffel aux couleurs du Japon.

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©NipponActif

Le terme de « Calligraf2ity » a été inventé par l’artiste même. Pour ceux qui l’auront deviné, son travail est un mélange unique de calligraphies et de graffitis. Elle a découvert le graffiti lorsqu’elle écoutait de la musique hip-hop. Le chiffre « 2 » se lit « fu » en
japonais ancien, on comptait « Hi, fu, mi, yo … ». Un jeu de mot qui peut se traduire donc de plusieurs manières. C’est devenu au fur et à mesure une signature personnelle dont elle nous a fait un show lors de cette soirée, où la galerie invitait Shoko HAYASHI à nous présenter l’artiste.

L’esprit jonglant avec l’encre

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©NipponActif   L’artiste MAMI de dos

Une musique japonaise lancée, et MAMI dégaine son pinceau sur une toile dorée. Une réflexion de quelques secondes, des mouvements en  l’air pour se projeter dans sa future calligraphie, et elle est lancée. Un rituel maîtrisé, des mouvements rapides et brusques, parfois doux, mais tout cela avec un grand sens du détail. Des mouvements du corps où l’on ose imaginer une certaine danse fluide et précise.

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©NipponActif

MAMI nous décrit ce qu’elle a écrit, et l’explication est traduite par Shoko HAYASHI. Nous avons donc le thème du respect mutuel. Celui du respect qu’on donne à autrui, et qu’on reçoit, afin de travailler en équipe, pour un monde solidaire, sociable, car rien nous permet de vivre reclus. Cette performance inclut entre autre la culture de la cérémonie du thé japonais. En effet dans ce dernier, il y a toujours des calligraphies pour décorer l’espace où la cérémonie a lieu. Autant de raisons qui combinent l’écriture à la bienséance, et à son côté apaisant.

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©NipponActif

En dehors de cette performance, la galerie comporte d’autres oeuvres de l’artiste. Certains tableaux sont très colorés, et l’on voit des coups de pinceau qui se rapprochent du graffiti. Des tableaux noirs y sont exposés, la série « NOIR NOIR ». Elle dissimule les caractères ton sur ton, laissant aux visiteurs sa libre interprétation.
Si vous souhaitez voir son travail dans la galerie, sachez que l’exposition dure jusqu’au 22 septembre 2018.

Une vidéo que j’avais préalablement postée sur la page Facebook de Nippon Actif, mettant en scène la calligraphe lors de sa démonstration => Vidéo vernissage MAMI

*Dates : du 13 au 22 septembre 2018
*Lieu – Galerie Lehalle – 3 rue Augereau 75007 Paris
*Tarif : gratuit
*Événement officiel : https://www.facebook.com/events/648340025609016/

Un remerciement pour la Galerie Lehalle et à Vincent Rola. Très bon échange et excellent accueil de la part de l’équipe.

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Dansez avec Juju Alishina – Nihon Buyō

Six jours de stage avec l’une des chorégraphes des plus emblématiques de cette danse traditionnelle, Juju Alishina. Un moment d’apprentissage que j’ai pu apprécier le samedi 25 août 2018 dans une salle de danse en plein coeur de Paris.

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©NipponActif Salle de Micadanses

Le nihon buyō est une danse traditionnelle japonaise, qui s’est développée lors des représentations de kabuki, reconnu dans le patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2008. Aujourd’hui, cette danse peut parfois s’émanciper de ces pièces de théâtre, pour en devenir un art à part entier, contant les saisons et mimant les histoires.

Juju Alishina est une danseuse, chorégraphe et directrice de l’association Nuba en France. Une importante association de danse japonaise, mais reconnue dans le monde, grâce à sa performance et la méthode pédagogique employée, elle est souvent sollicité. Juju Alishina a obtenu un diplôme de danseuse professionnelle et un diplôme d’enseignement à Tokyo. En créant son association Nuba à Tokyo, elle a voulu une expansion à portée internationale de sa danse traditionnelle. C’est alors qu’elle s’installe à Paris en 1998, et retravaille ses styles de danses. Je vous laisse découvrir sa bio : le parcours complet de Juju Alishina.

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©NipponActif Juju Alishina

Qui n’a pas rêvé de voir les performances dont les geisha et les maiko en connaissent le secret? Une symbiose parfaite entre des mouvements légers et saccadés, rythmés par le temps et les gestes qui content une histoire sans paroles. L’une des danses les plus atypiques et unique, dirigée par une professeure de renom. Au-delà de ce qu’offre la performance, nous avons l’étendue artistique visuelle, à savoir les vêtements à porter, et l’art de se maquiller comme nulle part ailleurs.
Sans ces derniers, le nihon buyō est tout de même définissable et reconnaissable. Je suis arrivée au dernier jour de stage, après qu’ils aient tous appris la chorégraphie. Cela a nécessité un travail important, aisément devinable au 5h de préparation fait ce jour-là. Et j’ai eu une chance exceptionnelle d’assister à la mise en maquillage des élèves et du professeur. Étape que Juju Alishina enseigne qu’une fois par année! Ce blanc parfait poudré sur les visages des élèves avec une technicité pointilleuse. Ce maquillage traditionnel se nomme le shironuri.

Shironuri

Étape par étape, on commence par la mise en beauté. Juju Alishina nous explique sur un tableau point par point les étapes du maquillage. L’utilisation de quelques produits japonais sont obligatoires, ne trouvant pas d’égaux aux produits occidentaux.
On lisse le visage en refermant les pores avec un produit que nous pouvons retrouver dans les magasins occidentaux. Ensuite on utilise les produis les plus importants pour faire le maquillage shironuri comme les professionnelles que sont les geisha, les maiko et les artistes du kabuki. D’abord, on utilise le ishineri qui est de la cire à mettre autour des sourcils pour les aplanir. Ensuite advient l’application du kabuki abura qui est le fond de teint qui permettra d’avoir un maquillage parfait. S’ensuit l’application du kabuki shiroi pour effectuer le shironuri (fard blanc, à diluer dans un peu d’eau). Dernière étape, on poudre le tout légèrement avec le kona oshiroi (poudre blanche).
Inspiré d’un modèle, reproduire les détails sur les paupières en jouant avec la poudre rouge et le eyeliner noir. Il en sera de même pour le contour des lèvres et le rouge à lèvre. Certains sites permettent d’acheter le tout pour ne pas à avoir chercher un par un les produits.

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©NipponActif Des élèves maquillés

Les geisha et maiko « peignent » leurs visages en blanc, mais aussi la nuque et le cou. Mais lors du cours, ils ne feront que le visage pour plus de praticité pour un temps limité. C’est un des meilleurs challenge que l’on puisse donner à des élèves, et une fierté d’y avoir réussi. Ils ont eu l’impression de porter un masque d’argile, car le shironuri durcit rapidement.
Je répète ce qu’il faut acheter sur internet ou en magasin afin d’avoir le résultat sur les photos :

  • Produit pour lisser les pores
  • Ishineri : cire à appliquer autour du sourcil
  • Kabuki Abura : fond de teint
  • Kabuki Shiroi : pâte blanche
  • Kona Oshiroi : poudre blanche
  • Tonoko : poudre rouge
  • Produit noir ET rouge avec un pinceau pour sourcils
  • Produit noir avec un pinceau pour paupières
  • Tonoko rouge autour des yeux et joues

Après le maquillage, advient le port des vêtements traditionnels : le kimono. Simple ou plus travaillé, muni de ses multiples couleurs, on dénote une qualité remarquable qui est la touche finale avec quelques accessoires tels que les ombrelles ou à défaut des parapluies.

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©NipponActif

Enfin paré pour danser, des heures de préparation pour une performance traditionnelle comme au Japon, tout en étant à Paris. Un voyage de plusieurs heures époustouflants qui nous permettent de découvrir une tradition lointaine. L’inscription est possible tout au long de l’année, les cours réguliers commençant en septembre et se terminant en juin. Pour les personnes qui souhaitent participer aux cours (novices aux professionnels), voici toutes les informations sur les cours réguliers pour la rentrée! => https://www.dansejaponaise.fr/cours

Photo de couverture par ©Jérémie Lortic.

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©NipponActif
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©NipponActif
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©NipponActif    Les élèves entrain de se maquiller

Exposition : FUKAMI – Une plongée dans l’esthétique japonaise

Lors de la conférence de presse, nous avons eu l’honneur de parcourir l’exposition avec les différents artistes ainsi que le commissaire de l’exposition afin de commenter tout le parcours. L’exposition « FUKAMI : Une plongée dans l’esthétique japonaise » se déroule près des Champs-Elysées, au lieu idyllique qu’est l’Hôtel Salomon de Rothschild.

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©NipponActif   Oeuvre de Lee Ufan

Exposition haute en couleurs, sur plusieurs étages, avec dix thèmes qui nous laissent entrevoir la coordination des hommes, avec ceux qui l’entourent, tant les êtres humains, que le matériel. Touchant à notre spiritualité, les thèmes annoncés ont été les suivants :

« Prologue – Dualité d’échos »
« Exprimer les origines de la vie – Déconstruction et transmission de l’animisme »
« L’alchimie – Transformer la matière, transformation la perception »
« Esthétique de la disparition – Minimalisme »
« Vers le Sud – La réactivation par la création par les marges »
« Représentation du désastre et de la crise – Les médias vers une nouvelle existence »
« Renaissance répétée – Renaissance de l’intangible »
« Paysage subjectif – Philosophie de la légèreté »
« Hybridation – Coexistence »
« Métamorphose – Épilogue »

Yuko Hasegawa est la commissaire de l’exposition, et à titre attenant la directrice artistique du musée d’art contemporain de Tokyo. Elle nous accueille, et divulgue tous les secrets de cette exposition (en anglais, une interprète sera présente). À l’entrée, l’atypique gong pour nous accueillir. L’artiste métallier japonais Ryôhei Miyata intitule ce gong Dora, fabriqué en 2016. Au Japon, le gong est utilisé pour les services religieux bouddhiques et lors des orchestres traditionnels entre autres. Il permet aussi selon les Japonais d’éloigner les mauvais esprits et de purifier l’espace où le son retentit.

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©NipponActif    Gong de Ryôhei Miyata

Arrivé au premier étage, l’impressionnant travail de Shinji Ohmaki, un sol retravaillé, revêtu de motifs floraux et d’oiseaux. Il est possible de piétiner sur l’oeuvre fait de pigment, afin d’en modifier le contenu initial! Il faut comprendre par là que tout est mouvement, et voué à disparaître…

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©NipponActif   L’art de Shinji Ohmaki

Beaucoup de poteries seront visibles ce jour-là, dont ceux de Shinichi Sawada, avec tout autour des épines. Visuellement elle ressemble aux contes fantômes, animaux qui ressemblent à des monstres comme dans les films d’horreur japonais. Au même étage, nous avons un jumelage des arts : la mode inspirée de la céramique. ANREALAGE est la marque de vêtement du styliste Kunihiko Morinaga, et il s’inspire des céramiques de la période Jômon pour présenter sa collection. Créatif et surprenant, même sans explication, on sait qu’il y a une forte inspiration, grâce aux présences de quelques pièces rares qui datent de milliers d’années. Kohei Nawa aidera en partie le styliste, pour la collection Roll s’inspirant d’une des céramiques en forme cylindrique. Dans ce même petit salon, des sculptures d’un moine bouddhiste au nom d’Enku et de Pablo Picasso.

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©NipponActif   L’art de Kunihiko Morinaga

L’art ose

Anne-Laure Sacriste est une artiste contemporaine française qui nous expliquera son travail sur l’acrylique. Ses oeuvres sont disposées aux côtés des laques de Shibata. Ce dernier élément est très prisé au Japon depuis l’époque Jômon. L’une des laques les plus connues, est le maki-e. C’est une laque parsemée de poudre d’or ou d’argent, que l’on dispose à l’aide makizutsu (pinceau fait pour dessiner délicatement avec la poudre). Au fur et à mesure des années, on voit l’apparition de la peinture… à la laque (urushi-e). Les oeuvres d’Anne-Laure Sacriste servent d’introduction aux effets changeants des maki-e. Au Japon, l’artiste laqueur et peintre le plus connu du 19ème siècle est Shibata Zeshin. Son travail reflète le pont d’un travail passé aux visions futuristes. Un travail sans égal où l’on doit tourner autour pour voir tout le travail en 3D.

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©NipponActif   Le travail d’Anne-Laure Sacriste

 

Nous y reviendrons très prochainement dans un futur article, mais la présence dans la salle d’une oeuvre d’Itô Jakuchu ne passe pas inaperçu ! Il est aisé de reconnaître ses oeuvres, il pose souvent des coqs, des phénix, des fleurs ou encore des poissons. Comme son oeuvre présenté, de la peinture sur soie nommée « Prunier et coq sous la neige ».

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©NipponActif  Estampe d’Itô Jakuchu

Au salon d’honneur, un sol en chantier travaillé, graveleux. Un esthétisme maîtrisé par Lee Ufan, s’adonnant à l’art contemporain. Ses outils préférés pour créer son idéologie de manière visuelle : la pierre, le bois, le papier et les plaques de fer. Le salon d’honneur en est rempli, et déstructure un élément, pour appuyer sur l’idée de coexistence entre le statique et le dynamique. Noriyuki Haraguchi et Min Tanaka suivent les mêmes mouvements que Lee Ufan : le mono-ha. Il met l’accent sur l’existence des objets. Dans une vidéo qui est diffusée lors de l’exposition, un documentaire de 1977 nous montre la vidéo d’un bassin de fer rempli d’huile usagée. Ici, il fait coexister la tranquillité et la brutalité.

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©NipponActif   L’art de Lee Ufan

Arrive l’une de mes deux salles préférées : pour encore plus casser ce côté tradition et culture, une exposition technologique met en avant le collectif Rhizomatiks. Daito Manabe fonde ce groupe de technologistes innovateurs en 2006. Des installations de grands écrans, où l’on peut visualiser les attaques en live (et véridique) des différents hackers dans le monde! Il ne montre pas qu’une banale carte avec des signalétiques, il a pu mettre une carte du monde en 3D, montrant toujours les attaques de hackers en direct, d’un pays à l’autre, d’un continent à un autre. Il nomme cette vision, « La Guerre invisible ». Un sujet qui en dit sûrement long.

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©NipponActif   La Guerre invisible du collectif Rhizomatiks

Au vu de tous les artistes, il devait forcément y avoir… Katsushika Hokusai! Même ceux qui ne sont pas forcément intéressés par la culture artistique japonaise le connaissent. C’est ainsi dire LE maître des estampes japonaises (ukiyo-e). Il exerce plus de 70 ans de métier consacré qu’à cet art, et a influencé pour les plus grands de l’art tel que Van Gogh et Claude Monet. Ne manquez pas dans différents endroits les « Trente-six vues du mont Fuji », mais l’exposition Fukami ne regroupera que 12 oeuvres qui en valent le détour.

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©NipponActif    Tableau de Katsushika Hokusai

Et enfin, au sous-sol, mon deuxième lieu préféré de cette exposition où l’on voyage : « Foam ». L’exposition de bulles éphémères, créée pour l’occasion. Une installation sous les fines bulles de savon, qui grandissent et grossissent à vue d’oeil. Montrant que tout né, grandit, se transforme, et meurt. Un nuage au sous-sol, une envie de se baigner dedans, mais que l’on a pas envie de le toucher, car on sait que comme tout nuage, il est insaisissable.  Kohei Nawa nous avait surpris avec son exposition au Musée du Louvre, il continue à nous surprendre par la diversité de ses capacités artistiques. Il sonnera la fin de notre visite.

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©NipponActif     Kohei Nawa à droite et son oeuvre

Bien évidemment, je n’ai pas mentionné toutes les oeuvres que nous avions vu et commenté ce jour-là. Mais de l’extrait que vous avez pu lire, il est simple de deviner que l’on touche à réellement tous les thèmes. Il est conseillé à n’importe quel âge et pour tous les goûts.

Lieu : Hôtel Salomon de Rothschild – 11 Rue Berryer, 75008 Paris
Tarif : 5€
Exposition du 14 juillet au 21 août 2018

Artistes Cosplay : Nantoka Cosplay

Je vous avais déjà défini ce qu’était le cosplay dans un précédent article : Interview de la cosplayeuse Sheya. Cette même cosplayeuse qui a souhaité que j’interview un duo de cosplayers, qui se nomme Nantoka Cosplay. Et c’est avec une immense joie qu’ils ont acceptés de nous parler de leur passion, sans restriction!

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©Marie

Une équipe soudée au-delà de l’imaginaire

Interview 

Nippon Actif : pouvez-vous me faire une présentation générale de qui vous êtes ?
Laura 
: alors, moi c’est Laura, j’ai tout juste 25 ans, je vis à Paris depuis toujours et je suis illustratrice de formation. Par simplicité, j’ai gardé mon nom dans le monde du cosplay.
Kenny : Et moi du coup je m’appelle Eliott, j’ai 26 ans, je vis à Paris également mais je suis originaire de Martinique. Dans « la vie réelle » je suis animateur sur les films 3D. Mon pseudo est Kenny dans le monde du cosplay. Avec Laura, on s’est connu au lycée, on est amis de longue date.

Nippon Actif : à quel âge vous est-il venu l’idée de faire du cosplay ? 
Laura 
: ma première Japan Expo était avec ma mère en 2007. J’y ai découvert les cosplays et les concours, puis j’ai commencé à m’y intéresser petit à petit. Mon premier cosplay a été acheté 2 ans plus tard sur place. Il était très bien mais je me trouvais horrible dedans ! Après ça, j’ai voulu continuer en prenant mon temps. Plus tard, je me suis lancée dans le fait-main, parce que je ne voulais plus acheter de costumes : trop chers pour moi (enfin, pour ma mère surtout) à l’époque.
Kenny : j’ai toujours aimé les anime, les mangas et le Japon en général, alors quand j’ai vu une convention spécialement dédiée sur ce thème, j’y suis allé sans hésiter. C’était en 2008, à Chibi Japan Expo de Montreuil. J’ai vu plein de cosplayers, j’ai trouvé ça génial. Alors dès ma deuxième convention (la Japan Expo suivante), je portais déjà mon premier cosplay fait-main. C’est ma mamie qui m’a initié à l’art de la couture [haha].

Nippon Actif : qu’est-ce qui vous a donné l’envie de vous initier aux fait-mains dans les costumes?
Laura : alors déjà , la déception d’avoir porté un cosplay acheté dans lequel je ne me sentais pas à l’aise, parce que pas ajusté à ma morphologie. Ensuite, le fait d’avoir vu plein de concours et de cosplayers en chair et en os qui semblaient s’amuser en faisant ça, ça m’a vraiment motivé à me lancer dans le fait-main ! C’est très gratifiant de se dire qu’on a réussi à reproduire le costume d’un personnage qu’on aime, mais aussi réussi à l’incarner. Ce n’est pas forcément la solution la moins chère au final [haha], mais on peut vraiment créer son costume comme on l’entend, ajouter des détails, etc… Encore aujourd’hui, je suis toujours dans le défi personnel, je veux toujours faire mieux que précédemment. De surcroît, c’est un bon moyen d’améliorer plein de compétences et j’aime être polyvalente.
Kenny : contrairement à Laura, je n’ai jamais acheté de costume quand j’ai débuté le cosplay. Je pense que oui, je peux vraiment parler de passion pour la couture. Ma mamie m’a beaucoup aidé pour les premiers cosplays, et très vite j’ai pris le coup de main. Je préfère le fait-main, on garde une maîtrise sur son costume, il est forcément ajusté pour notre taille, on a le choix des tissus que l’on veut travailler, et quand je vois certains prix pour des cosplays, je me dis qu’on y gagne clairement à les faire soi-même. J’ai quand même acheté quelques cosplays depuis, en les réajustant à ma morphologie. Mais c’est moins amusant ! Et personnellement j’en retire moins de satisfaction qu’avec un cosplay entièrement fait-main.

Nippon Actif : quand est-ce que vous avez commencé à être en binôme pour le cosplay? Pensez-vous continuer à être une équipe dans les années à venir?
Laura et Kenny : alors ! Cela nous fait creuser loin dans les souvenirs !
Notre premier duo remonte en 2011. C’était à Paris Manga, en Rin et Shiemi (de Blue Exorcist).
En terminal, on est devenu des amis très proches, et on s’est découvert cette passion commune pour le cosplay. Nous avons décidé de tester le cosplay en duo. On a bien accroché, 7 ans que ça dure ! Les études nous ont géographiquement bien éloignés, mais on a continué d’avoir des projets en commun pour se retrouver lors des conventions. Même maintenant que l’on travaille, on continuera ensemble encore un long moment.

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©Gilsandcosplay

Nippon Actif : quel est votre cosplay préféré jusqu’à présent ?
Laura : c’est dur de devoir en choisir qu’un seul. J’aime toujours le dernier que je suis entrain de faire ! Mais je me rends compte en parallèle de tous les défauts, et paradoxalement, je ne les aime plus au fur et à mesure des points négatifs que j’y décèle… Mais bon, je dirais : Agnès Oblige (Bravely Default) ! Parce qu’il reste un des mieux réalisés en date, et aussi parce qu’Agnès est un personnage qui me ressemble beaucoup au niveau de ma personnalité.
Kenny : mon costume préféré c’est depuis peu, celui de Deku ! C’est celui dont je suis le plus fier et sur lequel j’ai passé le plus de temps (entre la couture, les props,..). J’adore incarner ce personnage ! Cependant, j’ai toujours un petit attachement sentimental pour mon cosplay de Rin Okumura (Blue exorcist), le premier duo avec ma Laura !

Nippon Actif : avez-vous une bonne et / ou mauvaise anecdote à raconter dans le monde du cosplay?
Laura : heureusement plus de bonnes que de mauvaises anecdotes ! Je ne pourrais pas en citer une en particulière, mais ce qui est génial, c’est quand on rencontre des fans de cet univers que nous « cosplayons« , qui sont carrément émus de nous voir. Je me souviens d’une fille qui avait même pleuré en nous voyant en Rin et Shiemi (Blue Exorcist). C’était touchant, mais aussi très déconcertant ! Sinon, mes meilleurs souvenirs restent avec les personnes que j’ai pu rencontrer dernièrement et bien évidemment Kenny.
En mauvaise anecdote, rien de grave, mais j’ai remarqué que beaucoup de photographes se disant passionnés et qui d’après leur dire ne sont pas là pour « draguer », étaient justement là… pour draguer. Vous savez, c’est la fin de journée, votre make-up coule, votre perruque gratte, vous remettez constamment votre costume en place, vous êtes fatigué, et là, vous en entendez un photographe vous bombarder de compliments de façon exagérer… c’est démoralisant. Par là je veux dire que beaucoup de photographes sont très insistants. On sent que leurs compliments sont plus intéressés qu’honnêtes. Heureusement cela reste une minorité…
Kenny : niveau bonne expérience, je dirais que cela concerne mon premier groupe il y a quatre ans. J’étais hyper timide et c’était dur d’aller vers les gens. On se demandait tout le temps comment les personnes faisaient pour avoir un grand nombre de groupe, où tout le monde se connait. Alors un jour, on a décidé de faire partie d’un groupe. On a rencontré des personnes formidables avec qui nous sommes toujours amis. C’était le déclic! Depuis, on a rencontré beaucoup de monde et nous sommes plus à l’aise qu’avant !
En points négatifs : *lors de la dernière convention à Paris Manga où je suis allé, je me suis fait voler un katana! Qui en plus était mon cadeau d’anniversaire… je l’ai encore en travers de la gorge. Ce dernier fait m’a rendu parano avec mes affaires !
*à une autre convention, je devais faire parti d’un groupe qui n’accepte pas les « doublons ». Un jour quand je les ai rejoint, le personnage que j’incarnais, était aussi présent dans de ce rendez-vous… le groupe n’a donc pas voulut de moi, étant un doublon! Alors qu’on discutait de l’organisation ensemble depuis plusieurs mois et même une semaine avant l’événement.  D’une impolitesse rare!
Heureusement que ce genre de mésaventures n’arrivent que très rarement. J’ai connu largement plus de positifs que des événements négatifs.

Nippon Actif : avez-vous un quelconque message fort à passer aux cosplayers et / ou aux futurs cosplayers?
Laura et Kenny : en message fort, on a envie de dire aux gens (qu’ils soient cosplayers ou pas encore), que le cosplay c’est avant tout fait pour s’amuser, rencontrer des gens, passer et partager de bons moments entre passionnés. Mais c’est un univers qui a aussi ses aspects négatifs dont il faut en prendre conscience (comme l’histoire avec les photographes qui ne sélectionnent quasiment que des modèles féminins aux tenues légères…), des cosplayers faisant le tri des personnes qui les entourent, les gens qui jugent à mal lorsqu’un cosplayer n’a pas la même morphologie, taille, âge, sexe, couleur de peau que le personnage qu’ils incarnent, etc… On ne le répétera jamais assez, le cosplay c’est pour tout le monde !!! Néanmoins ces points négatifs ne doivent pas être un frein. Il faut passer au-dessus et tout simplement faire ce qu’il nous plait, c’est le secret de la motivation !

Nippon Actif : pouvez-vous nous dévoiler vos futurs projets cosplays?
Laura et Kenny : comme tout bon cosplayer qui se respecte, on a beaucoup trop de futurs projets en duo. En parallèle, deux listes encore plus longues de projets en solo [haha] ! Pour les duo qui sont sûrs à 100%, nous avons : Pidge et Shiro Paladin (Voltron) et Lelouch et Suzaku (Code Geass) qui sont de gros projets qui vont nous prendre un moment, pour être bien réalisé.
En solo, nous avons pour Laura : Himari Princesse (Mawaru-penguindrum), Asuka (Evangelion), Starfire (Teen Titans). Pour Kenny : Mysterion (South Park), Keith Blade of Marmora (Voltron), Miguel (Coco). Rien que d’écrire tout cela, ça nous donne le vertige !

Nippon Actif : quelles sont les futurs conventions où nous pourrions vous rencontrer?
Laura et Kenny : on sera présent à Harajuku à Paris en septembre, à Paris Manga en octobre, à la Y/Ycon à Villejuif en décembre. Puis Paris manga de février 2019, Japan Party à Nanterre en avril, bien sûr à Japan Expo 2019 et cette année on aimerait aussi tenter une convention sur Lyon. Des amis nous on dit que du bien des conventions qui se déroulent là-bas.

Nippon Actif :  qui souhaiteriez-vous que j’interview pour un prochain article dans le monde du cosplay?
Laura et Kenny 
: on pense à deux cosplayeuses qui sont soeurs jumelles : Sadae Cosplay  et Snips Cosplay.

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©OkaneHana

Sacré travail qu’ils ont effectués jusqu’à présent. Leurs futurs projets sont tout autant ambitieux, mais je suis confiante quant à la finalisation de leurs projets! Je remercie l’équipe Nantoka Cosplay d’avoir accordé beaucoup de votre temps afin de répondre à l’interview. Votre dynamisme se lit, votre expérience feront rêver plus d’un! Et au passage vous soulevez un point intéressant qui mérite d’être discuté.

IMPORTANT

Le dangereux problème d’une minorité de fâcheux photographes qui ne sont pas là qu’à titre « professionnel ». On en rencontre peu de ce genre lors des conventions, mais ils ne passent pas du tout inaperçus malheureusement. Sachez que pendant plusieurs années, travaillant aussi à Japan Expo, on m’a certifié que beaucoup de photographes étaient blacklistés du salon… Mais il en né de nouveaux. Lors de la dernière convention de juillet 2018, une jeune cosplayeuse est parti portée plainte contre un photographe qui prenait des clichés obscènes… elle a eu gain de cause. Le photographe a été placé en garde à vue.
Si comme elle vous observez ou vivez des choses peu recommandables avec ce milieu lors des salons : adressez-vous aux vigiles du salon qui se trouvent près des sorties! Ou un STAFF qui trouve une solution immédiate! Ne laissez pas passer, et n’allez pas vous plaindre (uniquement) sur les réseaux sociaux s’il vous plaît. La sécurité et l’intégrité de plusieurs d’entre vous est mis en danger. On ne relèvera pas énormément de ce cas chaque année, mais il y en a tout de même.

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©Japactu

Si vous souhaitez voir d’autres photos de leur travail, suivez leur page Facebook : Nantoka Cosplay

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©Mai
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©Kenny
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Concert : Le monde du soupir japonais

 

English version

L’Association des Amitiés Asiatiques (AAA) ont accueilli le Vendredi 20 Juin un groupe éphémère d’origine japonaise dans le hall principal. Plusieurs mélodies ont été joués ce soir-là, poétiques et traditionnelles.

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©NipponActif     Une partie du groupe

Les musiques interprétées sont celles de l’ère Taishō à nos jours. Ils interprétaient des musiques très connues, mais son unicité tenait à l’accompagnement d’un mélodrame contemporain. C’était Yuji KAGEYAMA qui dialoguait, soutenu par la musique. Les textes narrés et joués étaient de différents artistes tel que Kino Tsurayuki, Yosano Akiko, Murai Saisei, Anzai Fuyue et Yagi Jukichi. Inspiré aussi celui d’un autre dramaturge qu’est le célèbre Paul Claudel.

Ce dernier avait une passion pour le Japon, et écrit des haïku, autrement dit aussi des haï-kaï, qui sont des poèmes extrêmement brefs. Paul Claudel est aussi adulé au Japon, donc le choix de quelques-uns de ses poèmes était une évidence. Le groupe a fait un clin d’oeil aux français, dans ce savant mélange de l’art théâtral et de l’orchestre.

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©NipponActif    Yuji KAGEYAMA

Paul Claudel a composé de juin 1926 à janvier 1927 le recueil « Cent Phrases pour éventails ». Le groupe a choisi de prendre quelques extraits, et de le faire traduire dans un feuillet qu’on nous remettra afin de comprendre ce qui est narré.

Le chant lyrique d’Asuka MASUDA était mélodieux. Elle avait un timbre de voix unique qui nous laissait pas indifférent. L’acteur quant à lui était d’un dynamisme sans précédent, qu’on oubliait presque qu’il n’était pas si présent que cela. Une présence puissante, des émotions véhiculées aisément, qu’on n’avait pas besoin de comprendre la langue pour deviner le thème de la musique suivante. Un excellent jeu d’acteur, cumulé aux merveilleux musiciens à la clarinette et au piano. Malgré quelques fausses notes (rien qui pourrait gâcher l’ensemble de la soirée, car ils ont sans aucun doute du talent), j’attends impatiemment un prochain concert, encore plus développer que lors de cette soirée.

Pour ce concert, nous avions :
Yuji KAGEYAMA : acteur narrateur
– Asuka MASUDA : soprano
– Yuka WATANABE : pianiste
– Maki SATO : clarinette
– Kenta IIZUKA : clarinette
– Kaori TUSTSUI : compositrice et clarinette

Lieu : Association des Amitiés Asiatiques – 21 rue d’Antin 75002 Paris
Date et horaire : Vendredi 20 Juillet 2018 à 19H30
Entrée libre et gratuite

English Version

Association des Amitiés Asiatiques (AAA) – that we translate as Asians Friendship Association – welcomed on Friday, June 20, an ephemeral group oh Japanese origin in the main hall.  Several melodies were played that night, poetic and traditional.

The music performed is from the Taishō era to these days. They interpreted some know music, but its uniqueness was the support of a contemporary melodrama. It was Yuji KAGEYAMA who used to dialogue, sustained by music. Texts narrated and played by differents artists : Kino Tsurayuki, Yosano Akiko, Murai Saisei, Anzai Fuyue et Yagi Jukichi. Inspired by another well-known playwright : Paul Claudel.

Paul Claudel had a passion for Japanese culture, and wrote haïku, in other words haï-kaï, which are poems extremly short. Paul Claudel is also admired in Japan, so the choise of a few poems created by him was obvious. The group has made a wink for the French, in this clever mix of theatrical art and orchestra.

Paul Claudel wrote from June 1926 to January 1927 the collection « Cent Phrases pour éventails » – translated by « Hundred Sentences for fans ». The group choose to take some extracts, and translated it in papers that they will give us to understand the meaning of what it was told.

Asuka MASUDA’s lyrical song was melodious. She has a very unique and captivating timber of voice, that did not leave one indifferent. The storyteller, about him, was unprecedented dynamism, that we almost forgot that he was not be all the time on stage. A powerful presence, the emotions conveyed easily, that we did not need to understand language to guess theme of the next song. A brillant acting abilities, combined to marvellous musicians who played the clarinet and the piano.  In spite of few wrong notes (but nothing could not ruin this evening, because they have a real talent), I wait patiently their next concert and develop further.

For this concert, we had :
Yuji KAGEYAMA : actor
– Asuka MASUDA : soprano
– Yuka WATANABE : pianist
– Maki SATO : clarinet
– Kenta IIZUKA : clarinet
– Kaori TUSTSUI : songwriter and clarinet

Place : Association des Amitiés Asiatiques – 21 rue d’Antin 75002 Paris
Date and hours : Friday, 20 July, 2018 at 7.30 p.m
Free admission

Throne de Kohei Nawa

Dès l’entrée du Musée du Louvre, il prône fièrement une sculpture majestueuse : le « Throne ». Un trône créé par l’artiste japonais Kohei Nawa, qui sera présent lors de l’interview presse du jeudi 12 juillet 2018, afin de nous conter l’histoire de sa création.

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©NipponActif     « Throne » de Kohei Nawa

Le coup d’envoie pour Japonismes 2018 a été officiellement annoncé ce mois-ci, même si  nous avons eu un avant-goût bien avant! Nous avons eu le plaisir de pouvoir interviewer l’artiste Kohei Nawa, mais avant cela, nous avons aussi écouté le conseiller du Président du Louvre, Alberto Vial. Ce dernier nous a annoncé qu’en 2017, le Louvre a accueilli environ 160.000 visiteurs d’origine japonaise. C’est alors naturellement que le trône avait sa place dans le Louvre. Il estime par la même occasion  que 5 millions de visiteurs verront son oeuvre dès leur entrée au musée, et que l’oeuvre permet même de les accueillir promptement.

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©NipponActif    Conseiller du Président du Louvre, Alberto Vial

Kohei Nawa est un artiste contemporain, qui vit désormais à Kyoto. Il est le directeur de SANDWICH Inc., et également professeur à l’université d’art et de design de Kyoto. Quand il était étudiant, il avait visité le Musée du Louvre. Pour lui, le Louvre est une entrée par son gouffre en verre, vers le monde humain, caractérisée par une présence à l’intérieur de la pyramide, mais un regard qui peut s’étendre au monde extérieur. La pyramide est selon lui, elle même la représentation du pouvoir que l’histoire nous lègue. Aujourd’hui on se pose encore la question concernant l’autorité du pouvoir qu’il pouvait avoir à l’époque. Dans la continuité de ce questionnement, il a trouvé que c’était LA place qui correspondait à une sculpture de cet ampleur.

L’artiste a pris un an pour le projet et la conception. Il n’était pas à sa première fois pour l’idée d’un trône. Il en avait déjà créé d’autres auparavant. Tout a été conceptualisé en 3D, avant de construire le trône. Le Louvre interdit les oeuvres de plus de 3 tonnes. L’artiste a donc respecté cette limite de poids. Car cet oeuvre a été uniquement construit pour ce musée. Après la fin officielle de l’exposition sur le « Throne », Kohei Nawa espère donc que son oeuvre restera dans le musée. L’oeuvre fait 10,4 mètres de longueur, un peu plus de 4 mètres en largeur, et est posée sur une colonne à 12 mètres du sol. La structure métallique est en inox, et en résine, caché par des feuilles d’or, travaillées par des artisans traditionnels de Kyoto. Quant à l’or, il vient de Kanazawa, région spécialisée dans ce matériel. Il faudra deux couches d’or pour avoir une harmonie dans la couleur.

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©NipponActif    Kohei Nawa et la traductrice

En japonais, « Throne » signifiera plutôt « siège vaquant ». Mais en anglais, cela donne le mot « trône » tout simplement, donnant aux visiteurs, le libre choix de penser. En face de la sculpture, on y verra un siège de petite échelle. On questionne justement la valeur du pouvoir par sa présence, cependant, telle une question sans réponse, le siège sera sans gouverneur. Il n’est pas sculpté pour qu’on s’y place. Il y a aussi la présence de deux boules, en forme d’oeil : une boule devant représente l’avenir, et celle de derrière le monde et le passé.
Nous sommes en droit de s’interroger sur l’avenir technologique, tel qu’il y est déjà présentement, et qui évoluera très rapidement. C’est alors que l’artiste répondra qu’effectivement, une intelligence artificielle pourrait peut-être s’asseoir sur ce trône, de par son aspect physique modulable, et par son pouvoir croissant sur le présent et l’avenir. Il mise lui aussi sur l’informatique et le digital qui ont déjà tout chamboulé.

Son inspiration vient aussi de la route de la soie liant les histoires de l’Asie et de l’Égypte. Lors des fêtes religieuses, il y a des chars qui défilent, de nouveau représentatif de son oeuvre. La dorure de la feuille est née en Égypte, mais la dédicace ne s’arrête pas à là. Le Louvre possède aussi son laboratoire concernant cette matière. Les oeuvres qui y sont exposées aussi, et c’est pour cela que ce trône colle à tous les niveaux à ses inspirations.

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©NipponActif    Le trône vu de l’arrière et d’en bas

*Dates : du 13 Juillet 2018 au 14 Janvier 2019
*Lieu : Musée du Louvre – Rue de Rivoli 75001 Paris
*Tarif : gratuit. Si vous prenez le métro, arrivé sur le quai, ne suivez pas l’indication sur le panneau du musée du Louvre! Prenez la première sortie qui vous mènera dehors, et rejoignez l’entrée de la pyramide. Si vous passez par l’intérieur du musée, l’accès en haut vous sera interdit!
*Site : https://www.louvre.fr/

Japan Expo 19ème Impact

Japan Expo est le deuxième salon le plus connu au monde, après le fameux Comiket qui se déroule sur l’île artificielle d’Odaiba, à Tokyo. Des salons dédiés aux manga, jeux vidéos, science-fictions et aux cosplays. Un retour sur la convention qui a eu lieu en banlieue parisienne, au Parc des Expositions.

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©NipponActif        Cosplayeuse

Un salon qui a une reconnaissance majeure d’année en année, diffuseur de la pop-culture et d’une spécificité unique lié au Japon jonglant entre animations, ventes, avant-premières, dédicaces, rencontres, cosplays, etc… Après sept années de travail à Japan Expo, je voulais revivre l’expérience en tant que visiteur. Ayant été sous contrat, je ne peux pas dévoiler tous les backstages, mais peut-être que je parlerai de mon expérience dans un prochain article. Mais c’est en toute objectivité que je vais le plus brièvement possible, raconter mon passage à Japan Expo Paris, le Dimanche 8 Juillet 2018.

Pour éviter la foule immense qui peut remplir jusqu’à deux hangars du Parc des Expositions, je m’y suis rendue à midi. Un chemin sans arrêt du début de la file jusqu’à l’entrée du salon. Comparé aux années précédentes, il n’y avait pas de chaleur écrasante dans le salon même. Je remarque aussi qu’il y avait moins de foule qu’habituellement. On circulait très aisément, sans trottiner. Il y a toujours autant de stands exposants qui vendent leurs produits à des prix excessifs, sans aucune surprise. Certains avec qui j’ai pu discuter me confieront sans trop de mal qu’ils aient eu moins de chiffres qu’habituellement, que l’emplacement leur coûtait trop cher, donc inévitablement les exposants augmentaient à leur tour le tarif des produits qu’ils vendaient.

Mais la programmation reste tout de même très intéressant, comme chaque année. En dehors du salon, Japan Expo organise aussi des films d’animations en avant-premières, des soirées, des concerts, etc…

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©NipponActif   Préparation pour la démonstration de taiko

Pour ce dimanche, il y avait l’ECG (European Cosplay Gathering) pour la sélection française, permettant au meilleur cosplayer de gagner un lot. Japan Expo est l’occasion d’apercevoir beaucoup de visiteurs costumés en des personnages de manga ou science-fiction. Impressionnant est leur travail, et indispensable est leur présence. J’ai aussi pu voir certains crossplay. Le principe du crossplay est que les femmes s’habillent en personnages de manga masculin, et les hommes, en personnage féminin.
Nous avons aussi eu en showcase la chanteuse des génériques de l’Attaque des Titans et Blue Exorcist, Mika KOBAYASHI. Les sorties des anime 2018 et 2019 ont été annoncés, suivit d’un karaoké géant. Des masterclass ont été tenus comme par exemple ceux de Kimitoshi YAMANE et Toshihiro KAWAMOTO. Sans compter les ateliers, des démonstrations de sport, de musique, de danse, d’instruments, etc…

La conférence de clôture tenue par les fondateurs de Japan Expo, Jean-François DUFOUR et Thomas SIRDEY, s’est déroulée en deux parties. En première partie, la présentation et le travail de cette année. S’ensuit des questions / réponses avec le spectateur. Beaucoup de réclamations sous forme de questions ont été posés. Questions à laquelle il y a eu des réponses, mais qui ne satisfaisaient pas forcément le public. Que cela soit sur les prix des billets / badges, des badges qui ne fonctionnent plus arrivé au point dédicace, et où l’on envoie le visiteur à l’autre bout du hall afin d’activer formellement son badge, les problèmes d’accès pour les personnes à mobilité réduite, les exposants qui sont mécontents des services qu’on leur offrent lors des quatre jours du festival, etc… Les fondateurs ont eux-même soulevés quelques problèmes techniques lors du salon (comme l’ascenseur qui ne fonctionnait pas). Mais les réponses apportées aux questions, visées plutôt le STAFF festivaliers. À savoir que Japan Expo recrute 450 personnes chaque année. Selon les fondateurs, le staff saisonnier peut aussi être inefficace, du fait de leur jeune expérience. Tous les anciens membres ne sont pas forcément rappelés, et aucun motif n’est donné. Les fondateurs avouent sans peine que si certains problèmes soulevés sont consolidés, de nouveaux arriveront, car ils veulent tenter de nouvelles choses. On oserait se demander si justement la valeur sûre n’est pas de (re)travailler les systèmes mises en place pour atteindre la perfection. Mais nous aurons compris que ce n’est pas le but de ces derniers.

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©NipponActif   Jean-François DUFOUR et Thomas SIRDEY

Dans la deuxième partie de la conférence, on nous a prédit une surprise pour l’année prochaine, une exclusivité. Car effectivement, juillet 2019 sera le 20ème anniversaire du salon! Nous aurons toujours les mêmes programmes, avec d’autres artistes qui viendront, des dédicaces, des rencontres, un concert gratuit qui aura lieu en soirée (sans nous dévoiler les artistes étant donné que les contrats n’ont toujours pas été signés), ET! Ils ont aussi précisés que cela fait cinq ans que les tarifs des billets d’entrées n’avaient augmentés… Chose qui changera dès l’année prochaine! Car ils augmenteront le prix des billets de 2€ tous les jours (voir les tarifs en fin d’article). Tarifs augmentés pour l’anniversaire? Nomenclature économique? Les raisons apportées étaient floues. Les prix des badges augmenteront aussi, et un nouveau badge unique fera son entrée juste pour 2019 : un pass anniversaire à 300€. Qu’est-ce que ce badge apporte de plus que les badges déjà existant? Une visite dans les coulisses de Japan Expo, un jour avant l’ouverture publique, accompagné des fondateurs pour commenter la visite. Plus de goodies (ou de meilleurs goodies que le badge Zen et Zen+?), accès à l’espace lounge, permettant d’avoir un en-cas, et un confort optimal pour se reposer à l’écart du bruit, et bien d’autres privilèges. Attention, ce badge 20ème anniversaire sera limité,  seulement 6 personnes auront ce « privilège »! Dans quelques jours, ces informations seront mises à jour sur leur site. C’est donc avec impatience que nous verrons l’expérience de ceux qui ont voulu en profiter. Quelque chose me dit que dès son apparition en vente, ces 6 billets vont rapidement partir malgré son prix.

À l’année prochaine Japan Expo! Pour ses réussites et ses déboires…

Message personnel de fin : merci aux visiteurs qui m’ont reconnu alors que je ne portais pas mon gilet Japan Expo, un grand plaisir d’avoir revu une partie du staff, ainsi que les exposants. À l’année prochaine sûrement!

Tarifs 2019

Prévente :
Jeudi 4 Juillet 2019 : 17€
Vendredi 5 Juillet 2019 : 14€
Samedi 6 Juillet 2019 : 24€
Dimanche 7 Juillet 2019 : 19€

Pass 4 jours : 60€

Billet Zen : 104€
Billet Zen + ECG : 134€
Billet Zen + Confort : 200€

Pass Spécial 20 Ans : 300€

Lien pour l’achat des billets : https://www.japan-expo-paris.com/fr/ticketing/JEP2019

 

Concert solo de taiko d’Ichitarô

Le taiko (太鼓) est un art de jouer du tambour japonais, très exploité lors des cérémonies et événements traditionnels à l’époque, mais uniquement pour accompagner les fêtes. Après la seconde guerre mondiale, le taiko est devenu indépendant, permettant de jouer sans grande occasion, afin de cultiver sa propre identité.

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©NipponActif             Ichitarô en solo

Venant tout droit du Japon la veille du spectacle, un artiste méconnu est venu faire vibrer la salle du centre Mandapa à Paris! Cet artiste se nomme Ichitarô. Là où nous avons l’habitude de voir minimum de deux personnes lors d’une représentation de taiko, ici Ichitarô se dévoue seul à la tâche.

La résonance du coeur

Personnellement, c’est la première fois que je vois une performance en live de taiko (appelé aussi wadaiko, j’ai pu lire à gauche et à droite sur la toile qu’il était même préféré au mot taiko. Mais ce dernier est le plus populaire). Et c’était SENSATIONNEL! Je pèse mes mots. Ichitarô a su nous offrir un spectacle unique en son genre avec une force remarquable et maîtrisée. Toute la salle vibrée dans tous les sens du terme : le tambour apporte un son puissant, avec un brouhaha d’échos, tout en étant mélodieux. Même néophyte en la matière, je me sens capable de dire que c’était un sans faute lors de son tambourinage. Une frénésie régulière pendant ses tours de bras, et c’est bien à ces moments-là que nous avions le souffle coupé.

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©NipponActif     Ichitarô lors des vitesses de battements

Son endurance est sans faille, même en tambourinant crescendo, sûrement grâce à sa dextérité. Le son reste fluide, peu importe l’intensité qu’il y met. Ce qui est intriguant, c’est que nous avons même l’impression qu’il y a toute une équipe qui joue derrière, alors que non. C’est toute une équipe en un seul homme. Son endurance est remarquable. On voit lors de sa performance d’une heure, qu’il va puiser l’énergie bien au-delà de sa propre limite. Et même arrivé à un point où l’on se dit qu’il est arrivé à son maximum, il nous détrompe, et joue de plus belle. Tout aussi remarquable est son ingéniosité : car effectivement, il nous expliquera pendant ses moments de pause qu’il s’était rendu aux États-Unis, pour s’entraîner à jouer du taiko. Et à ce moment-là, il a commencé à jouer avec plusieurs « bâtons », ou du moins qui y ressemblent, pour avoir des sons différents. Puis il en a trouvé un de robuste, l’impensable, un bâton japonais qui sert de base à épousseter les futon. Aujourd’hui même dans l’archipel nippon, il est peu utilisé. Comme le bâton est bien robuste, il a continué à jouer avec. Donnant une tonalité bien particulière, très appréciable et impressionnante (confère la photo ci-dessous).

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©NipponActif     Avec le bâton à épousseter le futon

Cette ingéniosité se poursuit aussi au Japon,  précisément à Yokohama, la ville d’origine de l’artiste. Il eut l’idée singulière de couper son chauffe-eau qui ne fonctionnait plus, et d’en faire un instrument de musique qui donne un son aigu.

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©NipponActif     Instrument fabriqué par l’artiste

Tant de raisons d’apprécier ce son, il est dommage qu’il n’est pu faire qu’une seule représentation à Paris. Probablement qu’il reviendra… du moins, pour les macarons qu’il apprécie dans la capitale!

PS : je remercie le centre Mandapa de m’avoir donné l’invitation, et de m’avoir permis la découverte de cet art.
Lieu du concert : http://www.centre-mandapa.fr/

Artiste cosplayeuse : Sheya

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@André Sheya Cosplay

Le Japon a dans son monde du divertissement, un loisir atypique et unique au monde : le cosplay (コスプレ). Un univers particulier qui permet à des personnes de se déguiser en leurs personnages préférés, de manga, films, séries ou encore de jeux vidéos! Que vous soyez dans les rues de Shibuya à Tokyo, ou dans les conventions manga ou de pop culture, vous avez inévitablement croisé bon nombre de cosplayer. Pour notre plus grand bonheur visuel, nos personnages préférés sortent en IRL (= In Real Life). J’ai eu le plaisir de discuter avec l’une des cosplayeuses qui a abouti un travail personnel et complet dans les costumes qu’elle porte, et dont le rêve d’évoluer dans ce monde ne s’arrêtera pas à là.

Quand le virtuel rejoint le monde réel

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@PierreKieffer Sheya Cosplay

Interview

Nippon Actif : peux-tu me faire une présentation générale de qui tu es?
Sheya : je m’appelle Marion et j’ai 23 ans ! Mon pseudo sur internet c’est Sheya. J’habite à Montréal depuis presque 1 an, mais je vis au Québec depuis 4 ans (originaire de France avant déménagement).

Nippon Actif : à quel âge t’es venu l’idée de faire du cosplay? Grâce à qui ou quoi tu as voulu t’initier à faire tes propres costumes fait-main?
Sheya : je me suis intéressée au cosplay à l’âge de 14 ans, lorsque j’ai découvert ça à ma toute première Japan Expo, en 2009. Avant cela, il me semble que je ne savais même pas que ça existait. J’ai sauté le pas à Japan Expo 2010, où j’ai craqué et acheté un cosplay sur place (on fait tous des erreurs !). Il n’était vraiment pas terrible mais à l’époque j’étais super contente. Après ça, je crois qu’il a fallu attendre mes 17 ans pour que je m’y mette réellement. J’ai acheté un autre cosplay, cette fois sur internet et sur mesure, la perruque, et tous les accessoires qui allaient avec.
Ma grand-mère était couturière de métier. Alors un jour je me suis dit que j’aimerais aussi faire par moi-même les costumes. Je lui ai donc demandé de m’aider ! Elle m’a apprise toutes les bases ainsi que l’utilisation de la machine à coudre. Je lui dois beaucoup ! J’ai aussi eu pas mal de conseils de mes amies, et sans toutes ces personnes, je n’en serais sûrement pas là.

Nippon Actif : quel a été ton cosplay préféré jusqu’à présent?
Sheya : mon cosplay préféré… Je dirai pour les costumes achetés que c’est Maki Nishikino ver. Cheongsam Idolized (Love Live! School Idol Project) et pour le fait-main, Lucy Heartfilia ver. Grands Jeux Magiques (Fairy Tail) ! J’ai tout de suite flashé sur le design de Maki ! Mais le faire moi-même me serait revenu 3 fois plus chère que de l’acheter…. Alors je n’ai pas hésité longtemps. Pour Lucy, je ne sais pas pourquoi mais j’ai toujours adoré sa tenue. C’est avec elle que j’ai appris le plus de choses en couture ! Faire un patron, des covers boots, un bustier, etc… C’était très enrichissant, et je pense que c’est mon plus beau cosplay à ce jour !

Nippon Actif : as-tu eu une mauvaise et / ou bonne anecdote avec le monde du cosplay?
Sheya : en positif – J’ai pas mal d’anecdotes reliées au cosplay ! Les deux meilleures sont celles-ci : à Japan Expo 2017, j’étais en train de faire un shooting avec les filles de mon groupe à l’extérieur. Un cosplayeur s’est arrêté pour nous regarder. Mais plus je le voyais, plus je me disais qu’il avait l’air d’attendre quelque chose, parce que ça faisait un moment qu’il était là. Peut-être qu’il voulait parler aux photographes? Je lui ai sourit, et là, il s’est avancé vers moi pour me demander un selfie. J’étais super choquée ! Je me souviens lui avoir dit : « Attends, tu es là depuis 10 minutes juste pour avoir un selfie avec moi ? ». Ça arrive qu’on me reconnaisse, mais c’était la première fois que quelqu’un attendait pour me voir, et j’avais vraiment été très touché ! Surtout qu’il m’a dit qu’il aimait beaucoup ce que je faisais, et que mes cosplays lui plaisaient beaucoup ! J’étais très flattée, surtout que son cosplay à lui était tellement parfait ! Encore maintenant quand j’en parle j’ai les larmes aux yeux (oui je suis émotive…) ! La deuxième anecdote, c’est quand j’ai gagné mon premier concours cosplay avec 2 amies à une convention cette année (2018). Je n’avais jamais participé à un concours avant. Je suis quelqu’un qui me met énormément de pression, et les concours étaient une source d’angoisse terrible pour moi. Monter sur scène ? Je n’y pensais même pas ! Mais mes 2 amies m’ont encouragés à venir avec elles, et je me suis dit que tant qu’à tenter, autant le faire avec d’autres personnes ! Au final, c’était super ! J’ai eu beaucoup de stress pendant la confection du costume, mais le reste s’est très bien passé ! J’avais aussi très peur car les filles n’avaient encore jamais perdu de concours, et étaient déjà rendu à la catégorie artisan (catégorie au Québec, l’avant-dernière alors le niveau est quand même relativement élevé). Très sincèrement, au début je n’y croyais pas. Nos cosplays étaient relativement simples pour notre catégorie, et j’ai tentée de créer une prestation d’un type que je n’avais jamais vu au Québec (mais beaucoup en France). Finalement, nous avons gagné 2 prix ! Le prix couture ET le prix prestation ! Encore maintenant, je n’en reviens pas. Mais c’était une super expérience ! Merci à Kapsoou et Chat-Ly pour m’avoir poussé à le faire !
En négatif – De manière toujours aussi sincère, j’ai eu la chance de ne jamais avoir eu de problème comme j’en entends souvent chez les autres… Fausses rumeurs, body shaming, etc… Ou alors, je ne suis simplement pas au courant. En tout cas, je n’ai jamais soufferte de ça. Je pense que la seule chose négative qui est arrivée venait de moi. Au début, j’avais un peu « des rêves de grandeur », du genre que j’aurai vraiment voulu être connue. Donc je me mettais la pression pour en faire le plus possible, et surtout je me comparais à tout le monde. Évidemment, ça ne marchait pas… C’est souvent les gens qui sont à la « course aux likes » qui marchent le moins ! Et j’ai finalement réalisé que tout ça n’en valait pas la peine. Que le but du cosplay, c’était d’avoir du fun et de faire quelque chose qu’on aime. Depuis je vis ma passion beaucoup mieux et sans pression ! Je me compare toujours aux autres, mais bon ça je pense qu’au fond on le fait tous. Et au final, c’est quand j’ai fait le cosplay pour moi-même et non les autres, que j’ai commencé à avoir beaucoup plus de followers et de réactions sur mes réseaux. Quand j’y repense, je me dis que j’étais vraiment stupide. Je pense que les gens qui nous suivent le ressentent quand on est « faux », et que ça n’attire pas les autres. Heureusement cette période n’avait pas duré longtemps, et c’est vraiment loin derrière aujourd’hui !

Nippon Actif : au final, qu’est-ce le cosplay t’a apporté dans la vie de tous les jours?
Sheya : le cosplay m’a apporté beaucoup de choses dans la vie. Notamment au niveau de ma timidité qui était maladive à l’époque. Aujourd’hui, je suis capable de parler à des gens sans rougir, et de faire des présentations devant des salles pleines. Je sais que sans le cosplay, je n’aurai sûrement jamais été capable de faire le moindre pas ! Hormis le fait que j’ai appris à coudre, et qu’au quotidien ça se révèle très utile ! Je me suis aussi faite beaucoup de bons amis, notamment au Canada. On a beau dire, mais c’est quand même difficile de se faire des amis à l’étranger quand on ne vient pas pour étudier, j’en ai parlé avec beaucoup de français expatriés, et nous sommes tous d’accord sur ce point. Je suis arrivée pour étudier, mais en déménageant à Montréal, je partais à 6h de ma ville d’étude. Sans le cosplay, je sais que je n’aurai clairement pas eu autant d’amis ici.

Nippon Actif : peux-tu nous dévoiler tes futurs projets cosplay?
Sheya : j’ai ÉNORMEMENT de projets cosplay. En fait, les anime et jeux vidéos sont un véritable gouffre à projet ! J’essaye de ne pas m’en ajouter mais c’est difficile. Surtout quand on a sombré dans la folie Love Live! Mais je n’aime pas avoir des cosplay adopté par la majorité. J’aime faire des cosplay de personnage peu connus ou oubliés (comme Louise dans Zero no Tsukaima) ou à la rigueur des personnages connus avec des tenues peu faites ! Évidemment, j’en fais quand même mais j’aime avoir un peu d’originalité. Je vais maintenant dévoiler certains de mes projets que je pense faire dans un avenir proche :
Colette de Tales of Symphonia. Je n’ai jamais joué au jeu (ne me tapez pas svp !), mais j’avais lu les mangas quand j’étais au collège, et je l’ai réellement apprécié ! Qui plus est, c’est un personnage oublié, comme je les aime tant !
Kanan Matsuura ver. Maple Leaf de Love Live! Sunshine!!. J’ai tout de suite adoré le design quand la carte est sortie, il FALLAIT que je l’ajoute (quand je vous disais que Love Live! est un gouffre à projets….). J’ai d’ailleurs encore 5 tenues d’elles que je prévois de faire / acheter, mais je vais laisser planer le mystère sur tout ça ! Si tout va bien, normalement je prévois de faire 3 autres cosplays en plus des 2 que j’ai citée, avant la fin de l’année.
– Pour mes « dream cosplay » je dirai que ce seront Mew Ichigo (Tokyo Mew Mew) et Ariel (La Petite Sirène) dans sa robe rose ! Je me demandais si je n’allai pas sauter le pas l’année prochaine ! Voilà, pas de grande révélation, mais j’ai beaucoup trop de projets et je suis assez lucide pour savoir que je ne les ferai jamais tous !
En somme, pas mal de projets à venir ! Je n’en ai pas encore fini avec le cosplay, que je prévois d’en faire d’autres dans le futur, qui deviennent de plus en plus complexes à faire, alors j’espère être à la hauteur de mes attentes !

Nippon Actif : quelles sont les futurs conventions où l’on pourra te rencontrer?
Sheya : cette année je serai présente pour sûr à Otakuthon (Montréal) en août et au Mini Comic Con (Montréal) en décembre. J’hésite encore à venir une journée à Animara Con (Sherbrooke) en septembre. J’ai pas mal de projets personnels dispendieux dans le futur, et malheureusement le cosplay en prendra un coup. L’année prochaine, j’aimerais vraiment tenter de nouvelles conventions comme Anime North (Toronto) et Colossal Con (USA) ! Peut-être aussi KatsuCon (USA), mais c’est tout de suite un budget plus élevé, alors à voir ! Probablement aussi le G-Anime d’été (Gatineau) ou le SagGeek (Saguenay).

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@PaulK.Vong Sheya Cosplay

Merci à Marion, alias Sheya, pour ce touchant interview et la sincérité que t’y déploies. Nous espérons que tes projets aboutiront tous. Cette interview sert à comprendre à travers les acteurs que ce sont les cosplayers, un peu plus cet univers partagé de plus en plus à travers le monde, et principalement la France. Ce que nous voyons en quelques minutes, et un travail de longues haleines et de réflexions.

Si vous souhaitez voir d’autres photos de son travail, suivez sa page Facebook : https://www.facebook.com/SheyaCosplay/

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@WateryCosplay Sheya Cosplay
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@EliasZakzuk Sheya Cosplay
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@DavidVuong Sheya Cosplay
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@PolNado Sheya Cosplay

Takashi Murakami à la Fondation Louis Vuitton

La dernière exposition de Takashi Murakami que j’ai faite était en 2010, où son art a occupé le Château de Versailles. Aujourd’hui, il côtoie l’un des lieux les plus représentatifs de l’art contemporain au monde : la Fondation Louis Vuitton (Paris 16ème).

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@NipponActif     L’entrée de la fondation Louis Vuitton

Takashi Murakami est un tokyoïte peintre, sculpteur et réalisateur. Sa première exposition en dehors du Japon s’est passée à Paris en 1995. Depuis, il y est revenu 6 fois. Et aujourd’hui pour sa septième apparition, il continue à représenter le monde moderne à travers ses tableaux et sculptures, touchant les sujets les plus en vogue au Japon : les otaku, les mangas, les personnages mi-hommes, mi-animaux, les religions, les thèmes kawaii mais aussi les sujets sensibles comme le tsunami de 2011, ou la bombe atomique.

La fantaisie japonaise

La galerie kawaii dédiée à ses œuvres, offrent une multitude de couleurs, mêlant les animaux, comme les pandas, aux êtres vivants. Mais aussi la présence de créatures et de la flore, pour apaiser les sujets sensibles ou historiques. La parfaite homogénéité permet aux visiteurs de tout âge d’apprécier son travail. Voici les photos que j’ai prise lors de ma visite.

L’exposition s’articule sur 3 axes : l’iconique personnage de Mr. DOB, l’espace kawaii, et le cycle pictural monumental dédié aux victimes du tsunami de 2011 : The Octopus Eats Its Own Leg.

Dans ses motifs, on retrouvera souvent des touches chinoises, tels que les lions chinois, et on parlera de la religion bouddhiste.
On peut aussi voir de nouveau ses personnages Kaikai Kiki qui datent de 2000, en sculpture et un épisode est même en diffusion lors de l’exposition. Ce nom fait suite à la bizarrerie et au surnaturel de ses œuvres, qui est bien représentatif de la majorité de l’exposition. Le parcours n’en reste pas moins enchanteresse, bien au contraire!
Takashi Murakami est très attaché à la culture manga, et s’imprègne de l’esthétisme kawaii qui est très populaire au Japon. Son terme signifie ‘mignon’. Est qualifié ce qu’est mignon : un humain, un animal, un objet, un paysage, mais aussi une situation ou une idée. Tous les thèmes y sont mêlés, dans de multitudes de supports!

La Fondation Louis Vuitton a aussi mis en avant d’autres expositions sur plusieurs étages, il faut compter deux à trois heures pour profiter de tout l’espace. Le bâtiment est lui même un art, de l’extérieur, comme de l’intérieur, avec son allure futuriste, que je vous invite à découvrir avec quelques photos.

Adresse : 8 Avenue du Mahatma Gandhi, 75116 Paris
Tarif : 14€ plein tarif (voir conditions sur le site pour les réductions).
Site : http://www.fondationlouisvuitton.fr/

 

 

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