Le shogunat au Château de Fontainebleau

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Cette exposition relate d’un pont de communication entre le Japon et la France, la naissance même du Japonisme. Deux cultures distinctes, des rencontres et des présents offerts notamment à l’empereur Napoléon III par le dernier shogun Iemochi, seront exposés dans le Château de Fontainebleau, lieu de baptême de l’empereur.

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En 1854, le Japon est contraint de s’ouvrir au commerce international suite aux pressions des américains. 4 ans plus tard, le Japon signe un traité de l’amitié, notamment avec la France. À partir de ce moment, des cadeaux s’offrent entre ces deux pays, afin de faire découvrir à l’un et l’autre des aspects culturels méconnus jusque là. Napoléon III envoie des bustes à son effigie, tandis que le shogun Iemochi offre par exemple des paravents.

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Une ambassade japonaise quant à elle apporte 10 peintures montées en kakémonos. Ces derniers sont une adaptation de la tradition chinoise et japonaise. Elle a longtemps été discuté entre peintres, fonctionnaires de l’administration des Affaires étrangères et les membres de la délégation, afin qu’une culture ne l’emporte pas sur l’autre. Les années qui suivent, la France reçoit beaucoup d’autres présents car nos accueils ont été des plus chaleureux, les japonais ont tenu à montrer leur gratitude. Cette année se déroule le Festival de l’histoire de l’art, et pour marquer le coup, cette exposition ressort ou sort de manière inédite, des objets qui ne sont habituellement pas exposés.

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Riche en couleurs, même si peu d’objets y sont exposés, il vaut le détour si vous visitez le Château de Fontainebleau par la même occasion (le prix de la visite étant inclus). De plus, vous trouverez lors de cette exposition des objets en laque et en bois, avec des travaux de gravures impressionnantes!

À défaut d’une importante collection en quantité de l’exposition, n’hésitez pas à poursuivre votre visite avec de magnifiques salles appartenant au Château où l’empereur Napoléon III a séjourné!

*Lieu : Château de Fontainebleau
*Dates : du 4 juin au 20 septembre 2021
*Tarif : 13€ plein tarif.
*Billetterie : https://chateaudefontainebleau.tickeasy.com/fr-FR/produits

Yasuke le samouraï noir et TŌKYŌ

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Smaïl Kanouté, inspiré de Yasuke Kurosan

Smaïl Kanouté est un graphiste, chorégraphe, danseur et artiste plasticien. Il découvre l’histoire véridique du seul samouraï noir du Japon du 16ème siècle, et puise en cette légende toute l’inspiration nécessaire pour en faire une vidéo et l’exposer à la Maison Européenne de la Photographie (MEP).

Une vidéo de 15 minutes, riche en mouvements, riche en mots-clés, relatant l’histoire de Yasuke Kurosan. L’unique africain à avoir été anobli après le 8 mars 1581, le jour de leur rencontre. Il avait aux alentours de 30 ans, selon son « détenteur » (période esclavagiste), le daimyo de Kyōto : Oda Nobunaga.

La diversité d’une autre époque

Smaïl Kanouté rend grâce à un personnage, un « héros », sur un schéma romanesque. La diversité est le mot d’ordre dans l’un de ses volets triptyque. Effectivement, il combine l’aïkido, le bushido, ou encore la cérémonie du thé ainsi que le butô, dans une puissance énergétique maîtrisée. Le tout dans divers paysages japonais, que ce soit la ville, la campagne, les temples, etc… L’histoire qu’il conte dans sa vidéo mentionne plusieurs pays, dont l’Amérique ou encore la France (La Chapelle ou encore Château d’Eau (ligne 4 du métro parisien)). Ses rencontres avec des sensei nous indiquent aussi l’art qu’il va exploiter avec sa chorégraphie.
Il utilisera aussi de la peinture sur son corps, inscrivant ainsi plusieurs mots, représentatif de la vie de Yasuke Kurosan, ou du moins ce que l’on devine.

Shomei Tomatsu – TŌKYŌ

La Maison Européenne de la Photographie invite par la suite et sur plusieurs étages, une exposition sur deux artistes photographes, dont Shomei Tomatsu.

Shomei Tomatsu décide de photographier la population japonaise d’après guerre, une population qui essaie de survivre à la crise : chômeurs ou ceux ayant des petits métiers, et tout cela sous l’influence de l’occupation américaine.

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Il ne prendra pas que des personnes en photo, mais jouant sur l’abstraction avec son appareil, on découvre aussi des scènes avec objets, des détritus ou encore de la nature. Sa passion ne le limite pas qu’à une image figée, il mène aussi des convictions personnelles comme les problèmes écologiques. Ils prendront scènes sur des photos plutôt sombres, même s’il commence à utiliser de la couleur avec des photos beaucoup plus pacifistes, comme de merveilleuses cerisiers en fleurs (sakura).

Daido Moriyama – TŌKYŌ

Le dernier artiste photographe est Daido Moriyama. J’admets avoir eu un coup de coeur pour ses oeuvres, tantôt colorées, tantôt dérangeantes. Mais qui amène à une grande curiosité.

Alors qu’il a 25 ans, il réalise une de photos sur des… foetus. Il débute sa carrière en étant défaitiste, et voit son oeuvre comme s’il repartait de zéro dans sa vie.
Dans une période de l’histoire de plus en plus récente (2008), on aperçoit certains de ses Polaroids. Il a toujours pris ses clichés au Polaroid, mais en 2008, la société Polaroid cesse sa fabrication. Daido Moriyama lui rend donc hommage en couleurs.

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En 2016, il profite de son nouvel appareil, pour passer du noir au blanc, aux couleurs, qui trouvent ça finalement fascinant. Il ne reste pas dans ce qu’offre une ville dynamique en termes de couleurs ou de détails, il s’attaque aussi à l’âme des tokyoïtes et tentes d’entrevoir leur quotidien qu’il trouve fascinant. Sa suggestion s’appuie fortement sur les femmes dans son travail sur « Pretty Woman ».

On se prépare pour un voyage dans le temps et des lieux, des messages forts sont véhiculés dans cette exposition.
Je remercie la Maison Européenne de la Photographie pour son accueil, et son travail, ainsi que bien évidemment à ces auteurs pour cette exposition riche en découverte.

*Lieu : Maison Européenne de la Photographie – 5/7 Rue de Fourcy, 75004 Paris
*Dates :
– du 19 mai au 29 août 2021 pour Smaïl Kanouté
– du 19 mai au 24 octobre 2021 pour Moriyama et Tomatsu
*Tarif : 11€ plein tarif.
*Billetterie : https://maison-photographie.tickeasy.com/fr-FR/produits

Jardins d’Asie au Musée Guimet

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Le Musée Guimet est LE musée parisien par excellence des arts asiatiques. Entre les expositions permanentes et temporaires, on ne cesse de voyager tout en étant dans une énorme bâtisse à plusieurs étages. Aujourd’hui, l’exposition sur les « Jardins d’Asie » est présentée au musée jusqu’au 20 septembre 2021. Bien que cette exposition soit riche en objets et histoires sur plusieurs pays du continent asiatique, je vais uniquement faire un zoom sur le Japon.

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Les japonais sont amoureux de la nature depuis toujours. Leur quiétude s’installe alors souvent dans leur jardin. Terrain d’idées, d’imagination, de repos ou de méditation, certains auteurs nous permettent de les contempler d’aussi loin que nous sommes, des jardins de Lahore à Kyōto. Il y a 80 oeuvres lors de cette exposition, des ateliers et aussi un spectacle selon le planning journalier (à se procurer à l’accueil).

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Dame Nature travaille

L’aménagement des jardins japonais s’attachent à l’arrangement des arbres, des pierres et des eaux. Ce principe est un hériter de la tradition chinoise, même si chacun des deux pays ont leur propre signature. Il y a toujours un esthétisme parfait et une symétrie dans chaque regard posé dans cette nature retravaillée. Une nature vivante, transitoire à chaque saison que les années défilent.

Lors de cette exposition, vous pourrez voir par exemple des tirages de photos du jardin du Dainichi-do à Nikko, le jardin du pavillon d’Argent Ginkaku-ji ou encore le jardin du Prince Hotta. Toutes les photos de ce jardin datent d’environ 1890.

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On retrouve également des recueils de fleurs et de plantes herbacées, des plats (assiettes) à décor, des estampes de japonais dans leur quotidien (et dans leur jardin bien sûr). Le jour où je me suis rendu à l’exposition, j’ai eu la chance d’assister à un spectacle appelé kamishibai. C’est l’art de conter de façon théâtrale des histoires, mais la particularité est surtout dans la partie logistique. Elle est petite et ambulante. Effectivement, la scène du théâtre fabriquée est appelée butai. Elle a une taille prédéfinie, pour accueillir des planches de dessins, comme vous pouvez l’apercevoir sur l’image suivante.

Moins de 2h suffisent pour le spectacle et l’exposition, pour les grands comme les petits. Le billet pour l’exposition temporaire permet aussi de profiter des expositions permanentes, par contre pour cela, il vous faudra 3h de visite en plus pour les plus courageux.

Voyage sur la route du Kisokaidō

Ōtsu
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La route du Kisokaidō fait partie d’une des cinq voies du réseau routier créé au Japon durant l’époque d’Edo (1603-1868). L’exposition qui lui est dédiée au Musée Cernuschi met en chemin une série complète de cette route, réalisée par Keisai Eisen et Utagawa Hiroshige.

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Deux semaines pour traverser Edo (l’actuel Tōkyō) et Kyōto (~540km). Pèlerins, marchands, moines itinérants, touristes, marchands, le compte y est pour un long voyage d’autrefois. Cette exposition nous fait réellement vivre une traversée au milieu de villes, de campagnes, de montagnes ou encore de littoraux en quatre saisons. C’est à la limite de l’immersive si nous nous concentrons bien sur les détails. Les ukiyo-e sont présentés dans un ordre précis (vous pourrez le remarquer grâce à la numérotation en-dessous des tableaux). Bien qu’il y ait 69 relais, attendez-vous à plus de tirage (des doubles et autres).

Une épopée japonaise

Pour compléter ces représentations, il y aura quelques objets présentés comme le nécessaire de fumeur, la statue puissante de l’une des cinq divinités gardiennes du bouddhisme ésotérique (Fudō Myōō), l’armure de Matsudaira Naritami (déjà présenté au Palais de Tokyo de Paris) ou encore une paire de sabres d’un luxe indiquant un très haut rang appartenant à Matsudaira (Ikeda) Naritoshi, un des douze plus riches daimyō (principaux gouverneurs de provinces issus de la classe militaire qui régnaient sur le Japon sous les ordres du shogun) du Japon.

Mon coup de coeur de l’exposition est aussi les ukiyo-e d’Utagawa Kuniyoshi. Des couleurs qui restent vives, une préservation intacte des estampes comme tous les autres estampes, mais la différence est qu’il présente ses personnages comme les acteurs du célèbre théâtre japonais kabuki. Cela peut être déroutant pour des néophytes, mais pour les japonais, sans même lire la description, ils reconnaîtraient certains des personnages jouaient dans les théâtres de leur salle. Bien que cela soit scénarisé, chaque estampe a un objet iconique lié à l’histoire de la route du Kisokaidō.

Prenez la route, un long et merveilleux voyage vous attend lors de cette exposition!

*Lieu : Musée Cernuschi –  7 Avenue Velasquez, 75008 Paris
*Dates : du 16 octobre 2020 au 8 août 2021.
*Billetterie : https://www.billetterie-parismusees.paris.fr/selection/timeslotpass?productId=101664589843&gtmStepTracking=true

Cérémonie du thé de l’Omotesenke Fuhaku-ryu

Une cérémonie du thé est ce qu’il y a de meilleur pour un moment de détente pendant les rush parisiens. En mode express, j’ai eu l’opportunité de déguster un bon thé au matcha avec l’Omotensenke Fuhaku-ryu dans les locaux de l’AAA (Association des Amitiés Asiatiques).

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L’Omotenseke (表千家) est l’une des grandes écoles pour la cérémonie du thé japonais. Entre autre, nous verrons aussi souvent les écoles Urasenke (裏千家) et Mushakōjisenke (武者小路千家). Ce qui différencie ces écoles, c’est le côté stylistique. Les gestes vont être plus ou moins rapides ou répétitifs. Les ustensiles utilisés seront de matières différentes, et le résultat obtenu en sera tout autant.

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Pendant trente minutes, deux hôtesses vont nous montrer un extrait d’une cérémonie de thé japonais dans les gestes de leur école : Omotesenke Fuhaku-ryu. Cette cérémonie n’est pas seulement faite pour déguster un bon thé au matcha et en apprécier le goût. Si cela ne tenait qu’à une simple dégustation, les écoles n’existeraient pas. Or, il faut parfois plusieurs années pour perfectionner cet art. Une cérémonie implique que tous les détails soient organisés d’avance. Rien à envier au tea time de notre cher voisin. Et grâce à l’AAA, nous allons vite nous apercevoir de la subtilité de cet art.

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De l’apparition de l’hôte(sse) à leur retrait, absolument tous les gestes sont réfléchis, et non pas que sur la table. L’inclinaison de la personne, la façon de tourner les bols avant de nous servir, le fait que le service soit unique – il / elle ne prendra jamais deux ou trois bols à la main pour servir le maximum de personnes. Le service est accordé à une et unique personne à chaque fois. Je vous laisse imaginer le nombre d’aller / retour, surtout que nous ne sommes pas dans un bar en présence de plusieurs serveurs. Jusqu’à présent j’en ai vu quelques-uns qui étaient seuls ou accompagnés d’une autre personne pour aider à servir.

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Chaque objet nous paraît précieux, démontré à la délicatesse lors de tenue du bol et des objets. J’avais déjà été dans une autre cérémonie où les mêmes objets étaient utilisés pendant cent ans! Et on y voyait aucune égratignure… C’est le soin qu’accorde le procédé traditionnel qui en fait sa longue utilisation.
Le bon bol de thé au matcha était accompagné de wagashi, une douceur japonaise qui est tout le temps présent lors de la cérémonie de thé. 

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Nous ressentons fortement ce côté prestigieux, non pas que par le matériel, mais aussi par le goût. Certaines de leur technique permettent des goûts plus ou moins intenses, avec ou sans mousse. Ce que j’ai pu goûter jusqu’à ce jour, en plus de cette dégustation, étaient toujours doux… je ne me rappelle plus du drama que j’avais regardé il y a quelques années, où la quantité de matcha était hallucinante, amenant à l’aspect visuel un côté de… purée verte. Je n’ose en imaginer le goût.
Aujourd’hui, il est difficile de trouver une cérémonie du thé traditionnel qui peut durer environ  4H. Je parle en France, car au Japon c’est logiquement possible. Je pense notamment qu’il faut comprendre d’avance les rites qui relèvent de la maniaquerie et avoir une patience sans égale pour pratiquer et admirer cet art.

©Nippon Actif    Les wagashi

Lieu : Association des Amitiés Asiatiques – 21 Rue d’Antin, 75002 Paris
Date : samedi 10 novembre 2018

La fabuleuse histoire des manga

L’espace Le Temps des Cerises a créé une exposition à la mesure de l’appréciation que nous avons, nous français, au sujet des manga.  De sa création, au manga moderne,  le parcours installé était très instructif. Je vais synthétiser l’histoire qui se déroule du 8ème siècle à nos jours.

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Comme beaucoup le savent déjà, la France est le second pays après le Japon à être de gros consommateurs de manga à l’échelle mondiale! Du Club Dorothée à aujourd’hui, nous avons connu quelques évolutions selon les types de manga. Mais cette évolution est encore plus importante si on compare les premiers manga à aujourd’hui. 


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Je suis moi-même fan de manga! Du moins, sous son format anime et pas forcément en format de lecture. Mes premiers anime datent de mon enfance et du Club Dorothée. À cette époque je ne savais pas que c’était. Aujourd’hui, ce sont ces anime et manga qui m’ont attiré vers la culture et tradition japonaise dans son ensemble. J’ai grandi avec, et j’espère continuer à avoir la même passion que lors de ces dernières décennies. C’est d’ailleurs cela qui m’a permis de travailler à Japan Expo Paris et Marseille, ou encore Japan Party, et bientôt à la Convention Jonetsu et peut-être au Japan Tours Festival si mon autre travail me le permet. 
Je reviens au sujet principal, l’exposition. C’était sans doute celle que je ne voulais pas rater, car elle me tenait à coeur. Je sais ce qu’est un manga, du moins ceux des années 70, je ne connaissais pas les premiers manga du nom avant cette date. 


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Petite précision : Le Temps des Cerises n’est pas la boutique de vente de vêtements (contrairement à ce que j’ai pu croire…). Mais le nom d’une médiathèque se trouvant à Issy-les-Moulineaux. 
En entrant, nous sommes vite accueillis par un dragon au plafond, et divers stands de vente de produits. On s’attaque directement à l’exposition en commençant par la droite. Nous avons eu l’explication de l’origine des manga d’emblée. À l’appui, on nous dévoile des documents originaux et rares, ainsi que divers objets suscitant notre curiosité. 


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La réponse au mystère : le premier manga était sous forme d’emaki. C’est un système de narration horizontale dont les origines remontent à Nara  au 8ème siècle. L’emaki est lui aussi inspiré d’une version encore plus ancienne et se trouvant qu’en Chine : le gakan.
Voici un exemple d’emaki d’autrefois, datant de 1815, avec une histoire contée sur un rouleau d’une longueur de 6m20. On y apprend par exemple qu’il fallait environ deux semaines pour longer la route commerçante principale sur le long du littoral reliant Tokyo à Kyoto. Rien à avoir avec nos seinen d’aujourd’hui … 


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La toute première fois que le mot manga est apparu était en 1814. Douze recueils sont nés de ce mot inventé par… Hokusaï.  Même si ses manga sont différents des nôtres, nous avons innover le but du manga
En effet aujourd’hui, nous lisons les manga dans des livres à tailles ordinaires, avec toujours un sens de lecture de droite à gauche. Les maisons d’éditions françaises ont laissé ce sens pour ne pas dénaturer le travail des japonais. Nos manga contiennent des carrés blancs et noirs, même si depuis peu, nous pouvons voir quelques pages en couleur. Des phylactères (bulles où l’on fait exprimer le personnage) sont apparus qu’au 20ème siècle. De plus, nous voyons une autre distinction flagrante entre les précédents mangas et les nouveaux : les grands yeux des personnages. On pense aujourd’hui que le précurseur du manga moderne est Osamu Tezuka, le père du manga Astroboy, grand admirateur des dessins animés et des personnages de Walt Disney.


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Entre autre, nous avons pu voir l’histoire des yokai, des dérivés de ces manga tels que les jeux vidéos, les anime, les produits, etc… Longues vies aux manga

Lieu : Le Temps des Cerises – Fort d’Issy, 90-98 Prom. du Verger, 92130 Issy-les-Moulineaux
Tarif : entrée gratuite 
Date : vendredi 5 octobre 2018

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Yougen – performance de sho et de cha no yu

La Sway Gallery nous a invité à découvrir des artistes japonais, qui nous ont présenté  des performances de calligraphie et de cérémonie de thé. Dans le traditionnel ou la modernité, la soirée nous a permis de nous détendre dans le silence et l’émerveillement.

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Le comité était restreint, en vue du petit espace de la galerie. Mais aussi parce que s’il y avait plus de monde, certaines personnes n’auraient pas pu profiter de la performance de cha no yu
(étant donné que celui-ci se déroule à même le sol).

Tout d’abord, l’artiste Natsuko KANNO s’est présentée, et nous a fait sa démonstration pour le Sho. Sho signifie la calligraphie asiatique au Japon. La calligraphie n’est pas définit que dans les résultats, mais aussi dans les mouvements de l’artiste. Effectivement, on peut apercevoir des rythmes différents pour chaque traits, passant d’une touche fine à une touche plus épaisse, d’un mouvement fluide, à beaucoup plus saccadé. L’avantage supplémentaire dont nous avons pu profiter, c’est que l’artiste s’est accompagnée d’un designer, Yudai SHIMIZU, et d’un programmateur, Taro TOKUI. Vous l’avez peut-être saisi, Natsuko KANNO nous a montré son mouvement corporel  dans un langage numérique! 

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Muni d’un gros pinceau et d’encre, les premiers mouvements ont lieu. Le système numérique suit ses mouvements, et nous montre une traînée de lumière comparable à des poussières d’étoiles. C’est donc bien la lumière qui suit l’artiste, et non l’inverse, comme j’ai pu filmer sur cette vidéo : https://youtu.be/gB5XwLI-dzo

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Pour clôturer cette soirée, nous passons au cha no yu. Les sho sont les plus significatifs quand ils sont exposés lors des cha no yu. Ils nous ont donc présenté une cérémonie de thé à la manière de kencha. On utilise ce terme lors des offrandes dans les temples bouddhistes et shinto, donc aux dieux, et aujourd’hui c’est aussi offert aux personnes prestigieuses. La présentation a été donné dans un style de l’école Higo-Koryu, qui était pratiqué et transmit dans les familles samouraï. 

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La lumière étant tamisée toute la soirée, il ne m’était pas possible de prendre de photos plus claires. 

Lieu : Sway Gallery
Dates : du 21 au 23 septembre 2018
Tarif : gratuit sur réservation
Vidéo YouTube sur ma chaîne : https://youtu.be/gB5XwLI-dzo

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Kabuki : Iromoyō Chotto Karimame Kasane et Narukami

Un show très impressionnant et unique en son genre s’est déroulé au Théâtre National de Chaillot. Bluffée par leur performance, cela m’a prit quelque temps afin de collecter des informations à ce sujet. C’était une première pour moi, et sûrement pas la dernière! Je vous éclaire sur cette soirée.

©Japonismes 2018       
Nakamura Shido et Nakamura Shichinosuke

En plus de la recherche d’informations, j’ai aussi dû attendre les droits à l’image… dont je n’ai toujours pas la réponse. J’accréditerai donc les images à la source. Trêve de mondanité!
Le kabuki est un art multiséculaire qui n’appartient qu’au Japon. C’est un genre de théâtre très codifié, mettant en avant des acteurs qui sont costumés et maquillés. Avec cette explication, je vous décris le théâtre japonais au sens large. Ce théâtre existe depuis environ 400 ans, et son histoire est riche et diversifié. Le kabuki a évolué avec son temps, même s’il tient toujours une base ancrée qui est immuable et unique. Les comédiens Nakamura Shido et Nakamura Shichinosuke ont fait une représentation sur Paris, pour un moment de découverte, d’extravagance et des temps forts spectaculaires. Ils nous présentent l’un des nombreux aspects du kabuki : le yarō kabuki

©maculture.fr

Le yarō kabuki (野郎歌舞伎) est une évolution du kabuki d’origine. Beaucoup plus sophistiqué, des hommes se spécialisent autant dans leur genre, que dans celui de la femme! On appelle ces hommes qui jouent le rôle de femmes des onnagata (女形). 
Un rôle qui est pris au sérieux au Japon, car très peu d’hommes sont aptes à le jouer à la perfection, voir au-delà, et à être catalogué officiellement comme un/une onnagata. En effet, certains de leur jeu d’acteur dépasse les qualités même d’une actrice dans le même rôle! Faut dire ce qu’il en est, par moment j’oubliais que c’était un homme. Du moins sa voix surjouée (dans les aiguës) me le faisait rappeler, mais sans pour autant pouvoir se moquer de l’acteur. Au contraire, je n’ai eu que d’admiration pour ce personnage… j’en suis tombée amoureuse! 

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Le maquillage est exactement celui que je vous avais expliqué dans l’article sur le stage de danse du professeure Juju Alishina : le maquillage shironuri. D’un blanc immaculé, on ne prête pas ce maquillage que pour les geisha et le nihon buyō, mais surtout pour le kabuki.
De tous les spectacles de kabuki que j’ai pu voir jusqu’à présent, c’est celui où j’ai été le plus impressionné au niveau du choix des kimono / yukata, et des accessoires. Criard de sophistication, de perfection à tous les niveaux, le choix des costumes est à coupé le souffle. De superb motifs, on ne pouvait pas reposer nos yeux tellement il y avait de choses à voir. Il arrivait que l’onnagata restait immobile pendant de longues minutes devant nous sans dire un mot pour laisser jouer l’autre acteur. Mais ce n’est pas dû au hasard. À mon humble avis, c’est pour nous laisser regarder en détail le travail prodigieux accompli par l’équipe en backstage sur l’aspect esthétique des personnages. Et quel travail!

          ©Japonismes 2018            
Narukami

Il n’y a pas que le costume et le maquillage qui étaient élégants. Nous avions surtout aimé leur manière de jouer. Tantôt nous plongeant dans un drame, tantôt dans des scènes explosives. Rude, droit et fière pour l’homme, courbe gracieuse, parfois à l’allure dandinée et douce pour la femme. 

Mais qu’est-ce que Iromoyō Chotto Karimame Kasane et Narukami? Et bien c’est la sélection de deux histoires que les comédiens joueront en deux temps. Tout d’abord Iromoyō Chotto Karimame Kasane qui durera 50 minutes. C’est l’histoire d’un rōnin (浪人) qui se surnomme Yoemon et d’une demoiselle de compagnie, Kasane qui connaissent un amour sans avenir, et se rendent dans une rivière pour se suicider. Mais coup de théâtre, c’est Yoemon qui assassine sa bien-aimée. Kasane devient alors un fantôme, et se venge. 
Il faut savoir que le kabuki est relativement difficile à comprendre. Ce sont des situations complexes rythmées par des dialogues avec un langage soutenu, que même un japonais natif pourrait avoir dû mal à comprendre. Il est donc essentiel quand on va voir un kabuki, de s’informer sur l’histoire de la pièce qui va être jouée pour ne pas s’emmêler les pinceaux ou pire, ne rien comprendre au scénario. Lors de cette soirée, nous avons quand même eu un kit (oreillettes) de traduction et brèves explications de ce qui se produisait sur scène. 

©Dansercanalhistorique.fr    
Iromoyō Chotto Karimame Kasane 

Après l’entracte de 30 minutes, on passe à la pièce qui durera 1h20 : Narukami. C’est le nom d’un moine qui a emprisonné Ryujin (Dieu de la pluie ayant l’apparence d’un dragon) car il éprouvait de la rancoeur contre l’Empereur. Depuis il ne pleuvait plus nulle part. Dans la première partie du spectacle il fallait rompre cette malédiction, et donc l’Empereur envoya la Princesse Kumo no Taema (Lumière entre les Nuages) discrètement pour abuser de sa confiance et trouver le moyen de briser la malédiction en coupant une corde spécifique. 
Dans la seconde partie, on a des scènes beaucoup plus dynamiques. La traîtresse ayant été démasqué, le moine incarna un démon. Fou de rage, son maquillage et son costume change du tout au tout.
C’est quand même extraordinaire d’avoir un look complètement différent passant de la perfection à l’imperfection, et d’être toujours aussi classe. Rien est laissé au hasard.

Lieu : Théâtre national de Chaillot – 1 Place du Trocadéro, 75016 Paris
Date : 18 septembre 2018

Nihon Buyō de l’école Ichiyama

@Nippon Actif

Certains internautes m’avaient fait la remarque que je n’avais pas pris de vidéo lors de la séance d’apprentissage du nihon buyō tenue par Juju Alishina (Article « Dansez avec Juju Alishina : Nihon Buyō »). Chose faite lors de ce spectacle à la Maison de la Culture du Japon à Paris! 

©Nippon Actif   Présentation du professeure de ce qu’est le buyō

En effet lors du stage de danse, il m’était impossible de prendre de vidéos car je n’en avais tout simplement pas l’accord. De plus, ce jour-là ce n’était pas une performance sur scène. La MCJP a quant à elle permit de découvrir cette magnifique danse sur scène! 
J’avais déjà expliqué dans l’article du professeure Juju Alishina ce qu’était cette danse, mais rappelons-le en une phrase : c’est la danse des geisha. Pas que, mais comprenez que cela fait intégralement partie des cordes de ces femmes japonaises aux nombreux talents.

©Nippon Actif      Élèves et professeure de l’école Ichiyama

L’école Ichiyama, de la ville de Niigata, nous a offert un somptueux spectacle de danse, mais aussi de comédie, et de décors inédits! Un scénario qui n’est pas toujours facile à comprendre, malgré l’absence de dialogue. Mais on se laisse volontiers envoûter par les courbes enchanteresses des élèves, et des gestes parfois doux, parfois saccadés selon l’expression qu’elles souhaitent nous divulguer. Une élégance maîtrisée pendant une heure. 
Il y a deux choses qui m’ont captivées. Sans surprise, leur tenu et leur maquillage : la tenue est magnifique, je suis toujours éblouie devant tant de beauté. On distingue aisément la superbe qualité du textile, les motifs divers et les couleurs variées. Le maquillage toujours aussi… blanc. Je conçois,  la manière dont je le dis paraît fade et en fait un détail inutile. Détrompez-vous, ce qui m’impressionne dans ce maquillage, c’est que les expressions faciales sont extrêmement limitées, voir inexistantes. Je vous avais déjà expliqué le procédé de maquillage de ces danseuses, et étant un produit qui se solidifie sur le visage, il est étonnant que tout le reste du corps parle pour évacuer leur ressenti.
La deuxième chose par laquelle j’ai été captivé est… le bruit du vêtement. C’est atypique comme remarque mais cela ne m’a pas échappé. J’étais alors au plus près de la scène, pour une fois (si on épargne le fait que j’ai une ponctualité légendaire dans mon quotidien). Et à chaque mouvement des actrices, j’entends le bruit des tissus qui se frottaient, et le contact entre le vêtement et le parquet. C’était… agréable, car j’imaginais par cette écoute à quel point le kimono pouvait être soyeux. 

©Nippon Actif

Sur l’une des scènes des élèves, on pouvait aussi y voir un personnage avec une double facette. Ce n’était pas une geisha ou maiko, mais une femme « voilée » (pas dans la voie de la religion musulmane), et sur l’arrière de sa tête, elle portait un masque de renard. Cette élève jouait donc deux personnages différents! Ce qui était complexe, c’est qu’au moment de jouer le renard, tout son corps étant voilé, elle devait jouer comme si l’arrière de son corps, était aussi l’avant. C’était une technique prodigieuse et à la fois rapide si le personnage ne veut pas s’embêter à changer de costume.

Un autre luxe que l’on a pu s’offrir, celui d’avoir un cours de danse dans laquelle des personnes du public étaient invités ! Je vous laisse visionner ce cours de danse dans la vidéo que j’ai posté sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=y4zr96EAhDQ&t=
Les heureux élus ont pu pratiquer cette danse et se sont vus offrir de magnifiques éventails pour leur participation. Et d’autres personnes du public ont pu rattraper des tissus pour les furoshiki (dont moi)! Un cadeau de l’école qui espérons-le, reviendront un jour!

©Nippon Actif    Le furoshiki qui m’a été lancé

Lieu : Maison de la Culture du Japon à Paris
Tarif : gratuit sur inscription
Date : 25 octobre 2018
Vidéo YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=y4zr96EAhDQ&t=

Festival Samurai Japon 2018

Le 13ème festival culturel japonais en France a eu lieu le dimanche 4 novembre aux Pavillons de Bercy dans le 12ème arrondissement. Un événement caritatif au bénéfice des victimes du séisme au Japon.

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©NipponActif   Musée des Arts Forains

En allant à la Maison de la Culture du Japon à Paris il y a quelques jours, j’ai vu un prospectus. Celui du festival Samurai Japon 2018. Je ne connaissais pas du tout ce festival, alors qu’il en est à sa 13ème édition. Rien qu’au nom du festival, j’ai été interpellé, et j’ai voulu m’y rendre. Le festival avait lieu dans une cour du Musée des Arts Forains. Une magnifique bâtisse qu’est ce musée, que j’avais déjà la chance de visiter il y a deux ans.

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©NipponActif     Entrée de la salle Magic Mirror

J’y suis allée de 16h… à 19h! L’espace est assez petit, mais en terme d’animations, nous avons été servis. On y circulait très facilement, les stands offraient diverses choses.
Mes amis et moi-même avons vite été invités à entrer dans le bâtiment nommé Magic Mirror, à gauche de l’entrée. Une salle circulaire des années 20, très chic et festive, avec de nombreuses activités. En plein milieu de la salle, nous avons pu participer à la cérémonie du thé japonais en mode… express! J’avais déjà participé à la cérémonie du thé japonais du musée Guimet qui était plus complet. Cependant lors de ce festival, la cérémonie était gratuite, et montre en gros les usages basiques. Nous avons eu une traduction lorsque les hôtesses de cérémonie nous offraient les bonbons japonais et le thé vert. Je vous donnerai les termes techniques dans un prochain article que je ferai sur cette cérémonie bien particulière.

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©NipponActif    Salle Magic Mirror

La place centrale était entourée des calligraphies de l’artiste Fuyoh Kobayashi. Une personne était là pour présenter ses tableaux, par chance, j’ai pu comprendre ce qu’elle me contait. Je remercie de son temps pour m’avoir expliqué ce que chaque kanji signifiait, à une allure qui me permettait de le comprendre et de traduire pour mes amis.
Il y avait aussi des stands qui mettaient en vente des accessoires du Japon. Nous sommes ensuite sortis dans la cour principale, et on y a trouvé un stand pour dégustation de sake. Les vendeurs n’y sont pas allés de main morte. Nous avons très vite eu chaud! On remercie pour leur accueil chaleureux, et pour leur délicieux sake, dont la marque est mentionnée sur le tonneau : Hakutsuru Sake.

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©NipponActif 

Enfin, nous avons été jusqu’à la salle vénitienne. Sur le chemin, des stands de nourriture  à prix compétitifs ! Des onigiri à 1€, des maki en forme de ninja ou de Père Noël à 3€, des plats chauds (soba aux légumes et viandes) ou encore des bento. Et un shooting photo d’une modèle… en robe de mariée occidentale. Oui, mais pas qu’une simple et jolie robe de mariée, mais avec une technologie incrustée, je vous laisse l’admirer en photo ci-dessous. Il y avait aussi de « fausses » demoiselles d’honneur, habillées en vêtements traditionnels… la beauté des tissus, des motifs et des accessoires révélaient beaucoup sur sa qualité, et nous faisait rêver en prime.
À savoir que pour la robe occidentale, il faut absolument mettre le flash quand on prend la photo, si non, nous ne voyons qu’une robe basique sans effet de lumière. Car elles sont différentes des robes de mariée à LED. Même de nuit, il n’est pas possible de voir à l’oeil nu.

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©NipponActif 

Les exposants qui étaient à l’intérieur vendaient entre autres des accessoires, des services de tables, des kimono, des ombrelles japonaises et un stand de jeux pour enfants. Les animations se succédaient sur scène, dans la salle annexe. Je n’ai malheureusement pas été présente toute la journée, mais de ce que j’ai vu, c’était varié : la bénédiction d’un moine pour des mariés japonais (de vrais mariés s’il vous plaît!), une idole, des démonstrations d’arts martiaux… de quoi rester toute une journée, sans voir l’heure tourner!

Merci à ce super festival de nous avoir fait passer un de nos meilleurs week-end de l’année. Nous serons sûrement présents lors du prochain festival en 2019. En espérant revoir les mêmes exposants, et voir plus!

Tarif : entrée libre
Site de l’événement : http://www.samuraijapon.net/

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©NipponActif   La mariée, les demoiselles d’honneur et la présidente de Samurai Japon

Pour voir ses photos en taille normale, voici l’album que j’ai créé sur la Page Facebook de Nippon Actif : https://www.facebook.com/pg/nipponactif/photos/

 

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