Le Banquet Fantôme

J’ai eu l’honneur d’être convié au « Banquet Fantôme » qu’avait organisé le Centre Georges Pompidou de Paris, le samedi 8 septembre 2018. Une soirée d’exception, retraçant une multitude d’histoires japonisantes! Un bref retour sur cet événement.

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Acteur majeur de diverses programmations dans le monde artistique, le Centre Pompidou s’active depuis plusieurs jours sur le thème général de « Festival Extra! ». C’est la rentrée littéraire, et le Centre Pompidou en est à sa deuxième édition. Toute cette fête est consacrée à la littérature, avec plusieurs espaces de discussions, colloques, rencontres, interviews, ateliers, etc… qui sont créés pour le plaisir des lecteurs et lectrices. Le festival se déroulant sur plusieurs jours, j’ai tout de suite été intéressé par celui du « Banquet Fantôme ».

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Le thème de ce banquet était sur les fantômes d’Asie. Le Centre Pompidou ne voulant pas uniquement se confiner à la littérature française, ils se sont investi pour nous ramener des récits d’ailleurs. Le banquet s’est ouvert avec l’introduction de Ryoko Sekiguchi (poétesse et traductrice japonaise), Jean-Max Colard (critique d’art, commissaire d’exposition et enseignant en littérature) et Sugio Yamaguchi qui est le chef cuisiner et le fondateur du restaurant « Botanique Restaurant », et qui nous fera l’honneur de nous faire déguster des plats concoctés par son équipe et lui-même.

Tout le long de ce repas convivial, avec un nombre limité de personnes aux tables prédisposées en forme de rectangle, nous avons eu des intervenants à différents endroits. Tel qu’à un repas de famille, les professionnels prenaient tour à tour la parole pour nous présenter leur travail, jonglant entre le visuel avec des images en vidéo, les musiques éclectiques et les explications de ces acteurs littéraires.  En première prise de parole, nous avons pu écouter Hashimoto Kazumichi après une série d’images projetées. C’est un historien de la culture visuelle, mais avant tout un photographe. Il s’est penché sur l’histoire des « objets fantômes » lors de cette soirée. Ensuite le micro était relayé à Joseph Ghosn, juste après quelques minutes de son remix de musiques électroniques japonaises, à la fois apaisant et autrement dynamique. Il est journaliste de profession, et il s’est attaqué aux « échos fantômes », remuant notre audition.

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L’intervenante suivante était la mangaka Mari Yamazaki, traitant le sujet sur les « fantômes dans la rome antique, fantômes au Japon ». Son nouveau tome intitulé Pline vient de sortir en français chez les éditions Casterman. Elle raconte l’histoire de Pline l’ancien, menant dans un mélange d’univers réel aux merveilleux. La base du scénario de son manga a des inspirations historiques et ne ressemble à aucun autre manga qui s’attaque au domaine de l’étrangeté. Enfin, pour les « spectres de Fukushima », Saeko Kimura et Hiromi Kawakami ont présenté leur point de vue respectif autour de ce thème. Saeko Kimura est une spécialiste de littérature classique japonais, et critique de littérature contemporaine. Hiromi Kawakami est une romancière, récompensée par le « Prix Akutagawa » en 1996.

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Mais la clé essentielle pour un banquet, est son dîner. Sur une table immaculée de nappe blanche, le chef cuisinier Sugio Yamaguchi a ajouté une décoration végétale pour nous rappeler l’essence et l’éthique de son restaurant. Entre chaque prise de paroles des invités, on nous amenait une assiette différente. De base, le menu est un repas surprise (les produits allergènes, et fruits de mer sont annoncés vaguement pour la connaissance des participants). J’ai donc après ce festival, demandé la carte complète de ce qui nous avait été servi en détails.

Le Menu de Sugio Yamaguchi

Spectres botaniques

Biscuit aux herbes fraîches
Tartelette végétale, crème aigre
Pomme de terre croustillante 

Lambeaux

Salade aromatique du jardin

Cri de famine

Riz à l’eau

Silva exspiravit

Suprême de caille fumée aux feuilles de figuier 

Umiusagi

Cuisse de lapin mijotée au bouillon iodé
(Lapin, huître, gorge de cabillaud, bulot, poireau, kombu)

Inextricables

Soupe de cresson, aloé vera, daikon et perles de coquillages

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©NipponActif    Le chef Sugio Yamaguchi
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Un repas qui revêt des échanges franco – japonais hauts en couleurs, souvent orchestré par les serveurs que l’on pouvait voir se déguiser avec des feuilles du visage aux pieds. Personnellement, j’ai eu des découvertes de produits qui m’étaient inconnus, et a contrario, des saveurs d’enfance oubliées telle que le « riz à l’eau » du menu, dit en japonais okayu. C’est en fait un bouilli du riz japonais. Tout le menu était varié, avec des goûts perceptibles et des nuances de saveurs très bien travaillées.
La conclusion de cette fin de soirée a été faite par Chihiro Minato, commissaire, photographe et théoricien de l’art. Le succès de ces jours de festivités nous laissent penser qu’il y aura une troisième édition l’année prochaine!

Je remercie le Centre Pompidou pour leur accueil, et Dominique Racle pour sa correspondance avec Nippon Actif avant et après le festival.

Vernissage de MAMI : Calligraf2ity

MAMI est une calligraphe japonaise qui expose temporairement ses oeuvres à la Galerie Lehalle. Alliant tradition et modernité, elle nous a fait une performance le jeudi 13 septembre en soirée, avant l’illumination de la Tour Eiffel aux couleurs du Japon.

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Le terme de « Calligraf2ity » a été inventé par l’artiste même. Pour ceux qui l’auront deviné, son travail est un mélange unique de calligraphies et de graffitis. Elle a découvert le graffiti lorsqu’elle écoutait de la musique hip-hop. Le chiffre « 2 » se lit « fu » en
japonais ancien, on comptait « Hi, fu, mi, yo … ». Un jeu de mot qui peut se traduire donc de plusieurs manières. C’est devenu au fur et à mesure une signature personnelle dont elle nous a fait un show lors de cette soirée, où la galerie invitait Shoko HAYASHI à nous présenter l’artiste.

L’esprit jonglant avec l’encre

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©NipponActif   L’artiste MAMI de dos

Une musique japonaise lancée, et MAMI dégaine son pinceau sur une toile dorée. Une réflexion de quelques secondes, des mouvements en  l’air pour se projeter dans sa future calligraphie, et elle est lancée. Un rituel maîtrisé, des mouvements rapides et brusques, parfois doux, mais tout cela avec un grand sens du détail. Des mouvements du corps où l’on ose imaginer une certaine danse fluide et précise.

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©NipponActif

MAMI nous décrit ce qu’elle a écrit, et l’explication est traduite par Shoko HAYASHI. Nous avons donc le thème du respect mutuel. Celui du respect qu’on donne à autrui, et qu’on reçoit, afin de travailler en équipe, pour un monde solidaire, sociable, car rien nous permet de vivre reclus. Cette performance inclut entre autre la culture de la cérémonie du thé japonais. En effet dans ce dernier, il y a toujours des calligraphies pour décorer l’espace où la cérémonie a lieu. Autant de raisons qui combinent l’écriture à la bienséance, et à son côté apaisant.

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©NipponActif

En dehors de cette performance, la galerie comporte d’autres oeuvres de l’artiste. Certains tableaux sont très colorés, et l’on voit des coups de pinceau qui se rapprochent du graffiti. Des tableaux noirs y sont exposés, la série « NOIR NOIR ». Elle dissimule les caractères ton sur ton, laissant aux visiteurs sa libre interprétation.
Si vous souhaitez voir son travail dans la galerie, sachez que l’exposition dure jusqu’au 22 septembre 2018.

Une vidéo que j’avais préalablement postée sur la page Facebook de Nippon Actif, mettant en scène la calligraphe lors de sa démonstration => Vidéo vernissage MAMI

*Dates : du 13 au 22 septembre 2018
*Lieu – Galerie Lehalle – 3 rue Augereau 75007 Paris
*Tarif : gratuit
*Événement officiel : https://www.facebook.com/events/648340025609016/

Un remerciement pour la Galerie Lehalle et à Vincent Rola. Très bon échange et excellent accueil de la part de l’équipe.

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La Tour Eiffel aux couleurs du Japon

160 ans de relation diplomatique entre la France et le Japon, et le symbole ultime a été projeté pour la première fois en France, pendant deux nuits sur la Tour Eiffel, les 13 et 14 septembre 2018.

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©NipponActif

Cette incroyable idée a jailli dans l’esprit de deux femmes, mère et fille : Madame Motoko Ishii et Melle Akari-Lisa Ishii. Productrices et conceptrices des lumières, ce projet leur a pris un an et demi, pour un résultat admiratif ! Akari-Lisa Ishii, conceptrice lumière a déjà travaillé auparavant sur d’autres sites culturels (voir quelques uns de ses travail sur ce lien : lightzoomlumiere.fr). Fort de ces expériences, on ne doutait pas de l’effet dynamique qu’elle pouvait produire pour cette représentation unique.
Ce show présentait un jeu de lumières et de sons, un parfait combiné qui nous poussaient à nous projeter au Japon : son des instruments japonais, les couleurs, les tableaux connus, les formes arts et déco, etc…

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©NipponActif

Dix minutes de projections répétitives, la Tour Eiffel était immaculée de couleurs nets et de formes déstructurées, de tableaux comme celui d’Hokusai aux couleurs du drapeau français et japonais. La majorité des sons qui ont défilé étaient d’origine japonaise, mais nous avons eu aussi de la musique française. Nous pouvions voir les énormes projecteurs qui ont permit de sublimer la Dame de fer au Pont d’Iéna. Les couleurs audacieuses sublimaient le monument, à un rythme soutenu. Les trésors japonais ont rejoint le trésor national parisien. La projection n’a eu lieu que sur une façade de la Tour Eiffel, de 20h à 1h du matin.

Vous avez été quelques milliers à vous rendre devant la Dame de fer, sur le Pont d’Iéna, ou sur le Trocadéro. C’était une chance immanquable et un travail colossal qui a été orchestré en backstage. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de se déplacer, voici les quelques photos que j’ai pu prendre lors de cette soirée.

Je met le reste des photos sur la page Facebook de Nippon Actif => Album photo
Et le lien vers la vidéo YouTube de ma vidéo => https://youtu.be/y4rUFbKl6os

*Event officiel : https://www.facebook.com/events/255015041747043/
*Dates : 13 et 14 septembre 2018
*Tarif : événement gratuit
*Lieu : Tour Eiffel

Un grand merci à Akari-Lisa Ishii pour cette courte collaboration, ce travail minutieux, et une organisation hors-norme!

Dégustation de thé avec Obubu

Aujourd’hui, nous avons eu l’une des rares occasions de participer à une dégustation de divers thés japonais, organisée par des producteurs qui venaient de Kyōto : Obubu Tea Farms.

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©NipponActif   Dégustation de genmaicha 

Obubu Tea Farms se trouve précisément à Wazuka, dans la région de Kyōto. Dans le jargon de Kyōto, Obubu signifie « thé ». La compagnie est créée par le président Akihiro Kita et le vice-président, Yasuharu Matsumoto, qui sera présent lors de cette journée afin de promouvoir les produits de leurs récoltes. Nous avons aussi eu la présence de Simona, originaire de Lituanie, et ayant vécue cinq ans au Japon, travaillant avec l’équipe et participant à l’expansion de la culture du thé japonais local. Elle aura même écrit un livre où nous aurons le plaisir de découvrir dans les grandes lignes toute la fabrication du thé. Je vous invite à consulter leur site pour avoir l’histoire de la compagnie (https://obubutea.com/about-us/). Toute la dégustation s’est déroulée dans une des pâtisseries franco-japonaises réputées : Tomo.

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©NipponActif   Yasuharu Matsumoto

À la découverte du thé d’excellence japonaise

Yasuharu Matsumoto et Simona voyagent de pays en pays afin de faire découvrir des produits de qualité. Cette année, ils ont voyagé dans six pays avec pour mission de nous apprendre comment le thé est sélectionné dans leur ferme, quelle en est sa fabrication, les différences au niveau des saveurs, son processus pour avoir des goûts différents avec le même genre de thé, mais aussi sur les programmes dont ils disposent ou qu’ils vont disposer dans les années à venir. Il faut savoir qu’ils sont à leur treizième tour dans le monde, et sixième en Europe. Ils ne comptent bien évidemment pas s’arrêter en si bon chemin. La veille de cette dégustation chez Tomo, ils avaient tenu un séminaire de 18H à 22H à La QuintEssence. Une cérémonie poussée en terme d’explication, cependant nous n’avons pas été dépourvus d’explications de 13H à 15H, bien au contraire, jusqu’à présent c’est l’événement où j’ai eu le plus d’informations.

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©NipponActif   Variétés de thé vert

Nous avons goûté cinq produits : le genmaicha (玄米茶), le sencha (煎茶), le hōjicha (ほうじ茶), le gyokuro (玉露) et le matcha (抹茶). Nous avons bu plus de quatre verres, car il faut savoir qu’un type de thé, peut fournir un goût plus ou moins intense, selon la température de l’eau, allant de 60 à 90 degrés celsius! Et la torréfaction y joue un rôle important. Par exemple pour le hōjicha, il y a trois façons de torréfaction : faible, moyenne et forte. Ce dernier est la meilleure des qualités, et c’est cela qu’on nous fera goûter. Cependant pour le sencha, qu’ils récoltent au printemps, il y a deux procédés pour le cultiver. Sous le soleil, ou sous des filets. les plantes protégées par ce dernier permettra d’avoir un goût moins amer, moins prononcé donc plus doux (ce qu’on qualifie de umami (うまみ)). Plus la couleur est foncée, et meilleur sera le goût. En dernier verre, nous avons goûté le matcha, le plus utilisé dans les pâtisseries. Il a très peu d’amertume, donc a un goût plus doux, et est malléable. Celui que l’on a bu vient d’un seul cultivar, ce qui n’est pas toujours le cas.

Les thés verts comme le genmaicha a plus de 800 ans, alors que le sencha « seulement » 300 ans. Alors que nous sommes dans les méthodes de plus en plus modernes dans l’agriculture, la question se posait quant aux machines utilisées lors des récoltes. Sans surprise, on a une récolte beaucoup plus dense avec une machine qu’à la main. Il y a des instruments de récolte tout en bois et des machines dernier cri. Obubu Tea a choisi d’utiliser l’équipement en bois, car il permet un ramassage et triage des plantes à la loupe. Ils misent sur la qualité, et non pas sur la quantité qu’ils pourraient obtenir avec une machine plus high-tech. Malgré la richesse du thé et sa qualité, les Japonais ne sont que 2% à en boire – loin devant la Chine et l’Inde. On a constaté une baisse des ventes d’année en année du thé vert au Japon. Probablement que les ventes ont augmenté au niveau international, comme en France.

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@NipponActif    Simona

 

Tant qu’il y aura de plus en  plus de personnes intéressées par ce fameux thé, plus il y aura de déplacement de leur part. Sachant que même les néophytes y sont conviés. Dans cette optique et pour favoriser leur déplacement, Obubu Tea a créé une association se nommant Global Japanese Tea Association. Il comporte déjà 800 membres. Cette association a été créée en Espagne, mais nous verrons bientôt la naissance d’une association française, impérative selon eux, pour la compréhension du langage. Effectivement lors de cette dégustation, tout s’est déroulé en anglais, même si nous avions de temps à autre l’intervention d’un personnel de Tomo pour nous aider à traduire en français. Comme il y a certains points techniques à aborder, la création de cette association se fera sous peu. Cela n’empêche pas d’adhérer au Tea Club (https://obubutea.com/services/tea-club/) dès aujourd’hui. Les sommes qui sont versées dessus permettent aux intervenants de voyager dans le but de créer d’autres séances de dégustations et apprentissages entre autre. Ils accueillent aussi toute personne voyageant dans les environs à des cours sur le thé avec des professeurs agréés, des visites guidées et même de mettre les mains à la pâte si l’on reste pendant plusieurs semaines dans la ville.

Le saviez-vous?

*Le conseil donné par Yasuharu Matsumoto : les quatre ennemis qui nuisent à la conservation du thé sont la lumière (les rayons UV plus précisément), l’air (l’oxygène), l’humidité (moisissure) et la température.
*Le thé contient de la théine et de la catéchine, excellent antioxydant, lutte contre quelques maladies cancérigènes et apporte un meilleur goût aux produits.
*Les théières en fonte asiatique donnent du fer à l’eau. La précision sur l’origine est importante, car sachez que la bouilloire en fonte en Occident, du moins en France n’apporte pas autant de fer, pour cause, sa fabrication. En effet, l’émaillage des théières en fonte en France libère que très peu de fer. Sachant que le peu de fer que nous avons dans notre corps est justement « soluble » par le thé, une théière en fonte de qualité asiatique est fortement conseillée.

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©NipponActif    Avec le vice-président d’Obubu Tea

Voilà enfin le briefing de ce que j’ai pu apprendre aujourd’hui. Un thème ludique, des intervenants joyeux, tout le dynamisme dégagé lors de cette dégustation me permet une fois de plus de dire qu’il y a toujours des choses à apprendre des végétaux que nous consommons. Des thés de qualité, frais et primés mondialement. Il faut s’attendre à ce qu’on entende parler d’eux dans les mois à venir, et jusque là, qu’ils continuent à récolter les fruits de leur dur labeur!

Tarif : gratuit
Date : 7 septembre 2018
Lieu : Tomo – 11 Rue Chabanais, 75002 Paris
Événement ponctuel
Site officiel des intervenants : https://obubutea.com/

 

 

Dansez avec Juju Alishina – Nihon Buyō

Six jours de stage avec l’une des chorégraphes des plus emblématiques de cette danse traditionnelle, Juju Alishina. Un moment d’apprentissage que j’ai pu apprécier le samedi 25 août 2018 dans une salle de danse en plein coeur de Paris.

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©NipponActif Salle de Micadanses

Le nihon buyō est une danse traditionnelle japonaise, qui s’est développée lors des représentations de kabuki, reconnu dans le patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2008. Aujourd’hui, cette danse peut parfois s’émanciper de ces pièces de théâtre, pour en devenir un art à part entier, contant les saisons et mimant les histoires.

Juju Alishina est une danseuse, chorégraphe et directrice de l’association Nuba en France. Une importante association de danse japonaise, mais reconnue dans le monde, grâce à sa performance et la méthode pédagogique employée, elle est souvent sollicité. Juju Alishina a obtenu un diplôme de danseuse professionnelle et un diplôme d’enseignement à Tokyo. En créant son association Nuba à Tokyo, elle a voulu une expansion à portée internationale de sa danse traditionnelle. C’est alors qu’elle s’installe à Paris en 1998, et retravaille ses styles de danses. Je vous laisse découvrir sa bio : le parcours complet de Juju Alishina.

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©NipponActif Juju Alishina

Qui n’a pas rêvé de voir les performances dont les geisha et les maiko en connaissent le secret? Une symbiose parfaite entre des mouvements légers et saccadés, rythmés par le temps et les gestes qui content une histoire sans paroles. L’une des danses les plus atypiques et unique, dirigée par une professeure de renom. Au-delà de ce qu’offre la performance, nous avons l’étendue artistique visuelle, à savoir les vêtements à porter, et l’art de se maquiller comme nulle part ailleurs.
Sans ces derniers, le nihon buyō est tout de même définissable et reconnaissable. Je suis arrivée au dernier jour de stage, après qu’ils aient tous appris la chorégraphie. Cela a nécessité un travail important, aisément devinable au 5h de préparation fait ce jour-là. Et j’ai eu une chance exceptionnelle d’assister à la mise en maquillage des élèves et du professeur. Étape que Juju Alishina enseigne qu’une fois par année! Ce blanc parfait poudré sur les visages des élèves avec une technicité pointilleuse. Ce maquillage traditionnel se nomme le shironuri.

Shironuri

Étape par étape, on commence par la mise en beauté. Juju Alishina nous explique sur un tableau point par point les étapes du maquillage. L’utilisation de quelques produits japonais sont obligatoires, ne trouvant pas d’égaux aux produits occidentaux.
On lisse le visage en refermant les pores avec un produit que nous pouvons retrouver dans les magasins occidentaux. Ensuite on utilise les produis les plus importants pour faire le maquillage shironuri comme les professionnelles que sont les geisha, les maiko et les artistes du kabuki. D’abord, on utilise le ishineri qui est de la cire à mettre autour des sourcils pour les aplanir. Ensuite advient l’application du kabuki abura qui est le fond de teint qui permettra d’avoir un maquillage parfait. S’ensuit l’application du kabuki shiroi pour effectuer le shironuri (fard blanc, à diluer dans un peu d’eau). Dernière étape, on poudre le tout légèrement avec le kona oshiroi (poudre blanche).
Inspiré d’un modèle, reproduire les détails sur les paupières en jouant avec la poudre rouge et le eyeliner noir. Il en sera de même pour le contour des lèvres et le rouge à lèvre. Certains sites permettent d’acheter le tout pour ne pas à avoir chercher un par un les produits.

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©NipponActif Des élèves maquillés

Les geisha et maiko « peignent » leurs visages en blanc, mais aussi la nuque et le cou. Mais lors du cours, ils ne feront que le visage pour plus de praticité pour un temps limité. C’est un des meilleurs challenge que l’on puisse donner à des élèves, et une fierté d’y avoir réussi. Ils ont eu l’impression de porter un masque d’argile, car le shironuri durcit rapidement.
Je répète ce qu’il faut acheter sur internet ou en magasin afin d’avoir le résultat sur les photos :

  • Produit pour lisser les pores
  • Ishineri : cire à appliquer autour du sourcil
  • Kabuki Abura : fond de teint
  • Kabuki Shiroi : pâte blanche
  • Kona Oshiroi : poudre blanche
  • Tonoko : poudre rouge
  • Produit noir ET rouge avec un pinceau pour sourcils
  • Produit noir avec un pinceau pour paupières
  • Tonoko rouge autour des yeux et joues

Après le maquillage, advient le port des vêtements traditionnels : le kimono. Simple ou plus travaillé, muni de ses multiples couleurs, on dénote une qualité remarquable qui est la touche finale avec quelques accessoires tels que les ombrelles ou à défaut des parapluies.

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©NipponActif

Enfin paré pour danser, des heures de préparation pour une performance traditionnelle comme au Japon, tout en étant à Paris. Un voyage de plusieurs heures époustouflants qui nous permettent de découvrir une tradition lointaine. L’inscription est possible tout au long de l’année, les cours réguliers commençant en septembre et se terminant en juin. Pour les personnes qui souhaitent participer aux cours (novices aux professionnels), voici toutes les informations sur les cours réguliers pour la rentrée! => https://www.dansejaponaise.fr/cours

Photo de couverture par ©Jérémie Lortic.

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©NipponActif
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©NipponActif
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©NipponActif    Les élèves entrain de se maquiller

Exposition : FUKAMI – Une plongée dans l’esthétique japonaise

Lors de la conférence de presse, nous avons eu l’honneur de parcourir l’exposition avec les différents artistes ainsi que le commissaire de l’exposition afin de commenter tout le parcours. L’exposition « FUKAMI : Une plongée dans l’esthétique japonaise » se déroule près des Champs-Elysées, au lieu idyllique qu’est l’Hôtel Salomon de Rothschild.

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©NipponActif   Oeuvre de Lee Ufan

Exposition haute en couleurs, sur plusieurs étages, avec dix thèmes qui nous laissent entrevoir la coordination des hommes, avec ceux qui l’entourent, tant les êtres humains, que le matériel. Touchant à notre spiritualité, les thèmes annoncés ont été les suivants :

« Prologue – Dualité d’échos »
« Exprimer les origines de la vie – Déconstruction et transmission de l’animisme »
« L’alchimie – Transformer la matière, transformation la perception »
« Esthétique de la disparition – Minimalisme »
« Vers le Sud – La réactivation par la création par les marges »
« Représentation du désastre et de la crise – Les médias vers une nouvelle existence »
« Renaissance répétée – Renaissance de l’intangible »
« Paysage subjectif – Philosophie de la légèreté »
« Hybridation – Coexistence »
« Métamorphose – Épilogue »

Yuko Hasegawa est la commissaire de l’exposition, et à titre attenant la directrice artistique du musée d’art contemporain de Tokyo. Elle nous accueille, et divulgue tous les secrets de cette exposition (en anglais, une interprète sera présente). À l’entrée, l’atypique gong pour nous accueillir. L’artiste métallier japonais Ryôhei Miyata intitule ce gong Dora, fabriqué en 2016. Au Japon, le gong est utilisé pour les services religieux bouddhiques et lors des orchestres traditionnels entre autres. Il permet aussi selon les Japonais d’éloigner les mauvais esprits et de purifier l’espace où le son retentit.

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©NipponActif    Gong de Ryôhei Miyata

Arrivé au premier étage, l’impressionnant travail de Shinji Ohmaki, un sol retravaillé, revêtu de motifs floraux et d’oiseaux. Il est possible de piétiner sur l’oeuvre fait de pigment, afin d’en modifier le contenu initial! Il faut comprendre par là que tout est mouvement, et voué à disparaître…

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©NipponActif   L’art de Shinji Ohmaki

Beaucoup de poteries seront visibles ce jour-là, dont ceux de Shinichi Sawada, avec tout autour des épines. Visuellement elle ressemble aux contes fantômes, animaux qui ressemblent à des monstres comme dans les films d’horreur japonais. Au même étage, nous avons un jumelage des arts : la mode inspirée de la céramique. ANREALAGE est la marque de vêtement du styliste Kunihiko Morinaga, et il s’inspire des céramiques de la période Jômon pour présenter sa collection. Créatif et surprenant, même sans explication, on sait qu’il y a une forte inspiration, grâce aux présences de quelques pièces rares qui datent de milliers d’années. Kohei Nawa aidera en partie le styliste, pour la collection Roll s’inspirant d’une des céramiques en forme cylindrique. Dans ce même petit salon, des sculptures d’un moine bouddhiste au nom d’Enku et de Pablo Picasso.

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©NipponActif   L’art de Kunihiko Morinaga

L’art ose

Anne-Laure Sacriste est une artiste contemporaine française qui nous expliquera son travail sur l’acrylique. Ses oeuvres sont disposées aux côtés des laques de Shibata. Ce dernier élément est très prisé au Japon depuis l’époque Jômon. L’une des laques les plus connues, est le maki-e. C’est une laque parsemée de poudre d’or ou d’argent, que l’on dispose à l’aide makizutsu (pinceau fait pour dessiner délicatement avec la poudre). Au fur et à mesure des années, on voit l’apparition de la peinture… à la laque (urushi-e). Les oeuvres d’Anne-Laure Sacriste servent d’introduction aux effets changeants des maki-e. Au Japon, l’artiste laqueur et peintre le plus connu du 19ème siècle est Shibata Zeshin. Son travail reflète le pont d’un travail passé aux visions futuristes. Un travail sans égal où l’on doit tourner autour pour voir tout le travail en 3D.

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©NipponActif   Le travail d’Anne-Laure Sacriste

 

Nous y reviendrons très prochainement dans un futur article, mais la présence dans la salle d’une oeuvre d’Itô Jakuchu ne passe pas inaperçu ! Il est aisé de reconnaître ses oeuvres, il pose souvent des coqs, des phénix, des fleurs ou encore des poissons. Comme son oeuvre présenté, de la peinture sur soie nommée « Prunier et coq sous la neige ».

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©NipponActif  Estampe d’Itô Jakuchu

Au salon d’honneur, un sol en chantier travaillé, graveleux. Un esthétisme maîtrisé par Lee Ufan, s’adonnant à l’art contemporain. Ses outils préférés pour créer son idéologie de manière visuelle : la pierre, le bois, le papier et les plaques de fer. Le salon d’honneur en est rempli, et déstructure un élément, pour appuyer sur l’idée de coexistence entre le statique et le dynamique. Noriyuki Haraguchi et Min Tanaka suivent les mêmes mouvements que Lee Ufan : le mono-ha. Il met l’accent sur l’existence des objets. Dans une vidéo qui est diffusée lors de l’exposition, un documentaire de 1977 nous montre la vidéo d’un bassin de fer rempli d’huile usagée. Ici, il fait coexister la tranquillité et la brutalité.

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©NipponActif   L’art de Lee Ufan

Arrive l’une de mes deux salles préférées : pour encore plus casser ce côté tradition et culture, une exposition technologique met en avant le collectif Rhizomatiks. Daito Manabe fonde ce groupe de technologistes innovateurs en 2006. Des installations de grands écrans, où l’on peut visualiser les attaques en live (et véridique) des différents hackers dans le monde! Il ne montre pas qu’une banale carte avec des signalétiques, il a pu mettre une carte du monde en 3D, montrant toujours les attaques de hackers en direct, d’un pays à l’autre, d’un continent à un autre. Il nomme cette vision, « La Guerre invisible ». Un sujet qui en dit sûrement long.

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©NipponActif   La Guerre invisible du collectif Rhizomatiks

Au vu de tous les artistes, il devait forcément y avoir… Katsushika Hokusai! Même ceux qui ne sont pas forcément intéressés par la culture artistique japonaise le connaissent. C’est ainsi dire LE maître des estampes japonaises (ukiyo-e). Il exerce plus de 70 ans de métier consacré qu’à cet art, et a influencé pour les plus grands de l’art tel que Van Gogh et Claude Monet. Ne manquez pas dans différents endroits les « Trente-six vues du mont Fuji », mais l’exposition Fukami ne regroupera que 12 oeuvres qui en valent le détour.

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©NipponActif    Tableau de Katsushika Hokusai

Et enfin, au sous-sol, mon deuxième lieu préféré de cette exposition où l’on voyage : « Foam ». L’exposition de bulles éphémères, créée pour l’occasion. Une installation sous les fines bulles de savon, qui grandissent et grossissent à vue d’oeil. Montrant que tout né, grandit, se transforme, et meurt. Un nuage au sous-sol, une envie de se baigner dedans, mais que l’on a pas envie de le toucher, car on sait que comme tout nuage, il est insaisissable.  Kohei Nawa nous avait surpris avec son exposition au Musée du Louvre, il continue à nous surprendre par la diversité de ses capacités artistiques. Il sonnera la fin de notre visite.

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©NipponActif     Kohei Nawa à droite et son oeuvre

Bien évidemment, je n’ai pas mentionné toutes les oeuvres que nous avions vu et commenté ce jour-là. Mais de l’extrait que vous avez pu lire, il est simple de deviner que l’on touche à réellement tous les thèmes. Il est conseillé à n’importe quel âge et pour tous les goûts.

Lieu : Hôtel Salomon de Rothschild – 11 Rue Berryer, 75008 Paris
Tarif : 5€
Exposition du 14 juillet au 21 août 2018

Boutique de sake – Kinasé ~ お酒

Pour les néophytes et autres amateurs de boissons alcoolisées, le sake (ou nihonshu) est de l’alcool de riz produit par fermentation répétée, avec un degré d’alcool compris entre 14° et 17°. Une boutique récemment ouverte sur Paris vante les mérites des produits de la préfecture de Niigata, et se nomme « Kinasé ».

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©NipponActif   Entrée du magasin

Kinasé signifie « bienvenue » dans le dialecte de Niigata  (à Tokyo ou ailleurs au Japon, ils diront plutôt yokoso). Une boutique prestigieuse qui a décidé de s’implanter dans une rue parisienne réputée pour être fréquentée par les Japonais, qu’ils soient touristes ou vivant dans le quartier du 6ème arrondissement de Paris.  Un accueil qui se fait comme au Japon, une décoration à tendance chic et moderne, avec une architecture atypique travaillée en bois. Les bouteilles de sake et autres produits (car il y a aussi une partie artisanat) sont très bien présentés, dans des box mettant l’accent sur le produit. Les prix varient selon la typologie des sake, des ingrédients et des procédés de fermentation. On trouvera des montants variables de bouteilles pour de petites bourses, aux bouteilles de luxe.

Les délices nippon

Mais le charme de cette boutique est le service. Deux jeunes femmes m’ont accueilli chaleureusement dès l’entrée de la boutique. Les explications apportées étaient enrichissantes, du choix de l’emplacement, à la diversité des produits qu’ils vendent et de leur provenance.
On a pu me faire découvrir à travers une dégustation, neuf de leurs sake. Mais habituellement, il ne faut pas dépasser la dégustation de trois sake différents pour s’imprégner du goût et ne pas oublier ce que l’on boit. Ils ont excédé ce nombre exceptionnellement pour moi, afin d’en expliquer les divers contenus et richesses, inspirés pour écrire cet article.
Saveur boisée, sucrée, fleurie aux sake qui ont un arôme beaucoup plus puissant en goût. Il y en a pour tous les goûts, et les conseillères apportent un grand soin aux explications données. Au-delà du conseil, on est accompagné personnellement pour cibler la ou les boissons qui nous conviennent. L’une des conseillères (qui se nomme Marie) m’a donné une information très pertinente : le fait que le sake ne contienne pas de sulfite !

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©NipponActif   Niigata ciblée sur la carte

Ce paragraphe concernant le sulfite est important : le sulfite est autrement dit, du soufre, contenu dans toutes les bouteilles de vins et boissons alcoolisées. Sa présence évite entre autre la moisissure et le goût vinaigré de certains vins. On sait cependant que ces alcools sont (fortement) déconseillés pour certaines personnes sujettes à l’asthme, et pour les autres, ils peuvent ressentir des maux de tête, même au bout du deuxième verre. Le nihonshu a sa propre composition qui diffère des autres alcools.

Ses ingrédients sont : l’eau, le riz, le koji et le koji-kin (spores de champignons).
Chez Kinasé, l’eau douce de Niigata donne un goût moelleux à ces sake. Le riz est une spécialité de la région, appelé sakamai, très riche en amidon. Niigata a un contrat avec ses agriculteurs pour la production du riz « Gohyakumangoku » qui donne une légèreté rafraîchissante aux nihonshu locaux. Parfois dans les ingrédients, ils ajoutent aussi de l’alcool de distillation. Contrairement au vin, le sake n’a pas besoin de levures pour sa fermentation alcoolique.

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©NipponActif     Table de dégustation

Les types de sake

Le polissage du riz (pour retirer les protéines indésirables présentes à la surface des grains) est traduit par le taux de polissage, le seimaibuai correspond à la partie restante du riz une fois poli. En tout nous avons 8 types de sake, en voici quelques-uns :

*Ginjo
Seimaibuai : en dessous de 60%
Ingrédients : koji de riz, eau, alcool

*Honjozo
Seimaibuai : en dessous de 70%

*Junmai 
Ingrédients : koji de riz, eau

Les autres sont les daiginjojunmai ginjojunmai daiginjo, tokubetsu junmai et tokubetsu honjozo.

Les spécificités du sake japonais

Le kunshu : parfumé, il est un sake frais et fruité en bouche. Spécificité chez les ginjo et daiginjo.
Le jukushu : mature, apprécié des amateurs de sake. Mélange d’une bonne acidité et d’une certaine douceur.
Le sôshu : frais, faible parfum de sake, conseillé aux novices.
Le junshu : sake classique ou de « levure », est le sake typique avec un riche parfum de riz.

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©NipponActif    Les variétés de sake

Une petite dédicace cependant à la boisson que j’ai le plus apprécié : l’umeshu. Qu’est-ce donc? Sûrement pas du sake en tout cas. Du moins, pas tout à fait. Il signifie littéralement « alcool de prune ». Donc la macération de prunes se fait généralement dans du sake, avec l’ajout de sucre. Plus de prunes que de sake, et en goût, c’est incontestable! De plus, un sake se conserve différemment du vin, et l’umeshu différemment de ces deux derniers. Le nihonshu a une conservation que de deux ans, et pour l’umeshu, cela peut aller jusqu’à dix ans! On peut s’autoriser à dire que l’umeshu est plutôt de la liqueur de prunes.

Mis à part cette découverte gustative, nous avons le plaisir de parcourir la boutique pour les objets artisanaux de qualité. On trouvera entre autre des couteaux d’une grande qualité, des fukura qui sont des petites boîtes à accessoires en papier japonais, des supports de fleurs stylisés, etc… ou encore une petite partie épicerie, avec par exemple du riz koshihikari de 2kg à 42€.

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©NipponActif   Couteaux de chef

Mon passage dans cette boutique m’a été instructif et la dégustation délicieuse! À la rentrée, ils prévoient de pouvoir privatiser les lieux si vous souhaitez vous y rendre en groupe. Sinon, il y a toujours possibilité d’y aller quand vous le souhaitez, avec sur place la possibilité de s’asseoir (pour 6 à 8 personnes). Des informations que je mettrai à jour sur cet article. Profitez de l’expansionnisme de la culture japonaise vu par la préfecture de Niigata!

Lieu : Kinasé – 28 Rue du Dragon, 75006 Paris
Site : https://kinase-boutique.com/

Teppanyaki : Azabu ~鉄板焼き

Le teppanyaki est un mode de cuisson spécifique qu’on utilise au Japon : c’est la cuisson de viandes, poissons et légumes sur une plaque chauffante. Mais en Occident, la cuisson ne s’arrête pas qu’aux produits japonais, mais aussi occidentaux (récurrent comme le boeuf), ce qui permet une cuisine fusion. J’ai donc voulu essayer l’un des teppanyaki réputés de Paris : le restaurant Azabu.

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©NipponActif Le chef à la plaque

Pour la petite histoire, sachez qu’il nous est, pour le moment, interdit d’importer du boeuf de Kobe en France. Les dizaines d’éleveurs en France utilisent la même technique qu’au Japon, mais n’ont pas le droit d’appeler le produit « boeuf de Kobe », ce dernier étant une ville du Japon. Nous l’appellerons ici, le boeuf wagyu. Les vaches peuvent venir de là-bas, mais le « produit fini » à Kobe ne s’importe pas dans notre territoire. Rare mais pas impossible, sachez que si un restaurateur ou un boucher le vendent sous l’appellation de « boeuf de Kobe », ils sont dans l’illégalité!

Pour en revenir au coeur du sujet, beaucoup de restaurants semi-gastronomiques et gastronomiques vendent du wagyu. Vu son prix au kilo (allant jusqu’à 300€ le kilo), on ne peut pas trouver cette viande dans n’importe quel restaurant. J’avais déjà essayé le prestigieux restaurant Les Tantes Jeanne, dont je renouvellerai l’expérience afin d’écrire un article. Au tour d’Azabu de me concocter du wagyu à la plaque cette fois!

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©NipponActif Bento

Dans ce restaurant nous pouvons manger à l’intérieur ou en terrasse. Et à l’intérieur deux choix s’offrent à vous : de manière classique, manger à table, de manière atypique, manger devant le chef pour les plus curieux. Nous avons un personnel originaire du Japon, et un accueil digne de ce nom. Tous les plats sont énoncés et expliqués lors de nos choix. Le service était rapide entre chaque plats.

Nous étions deux à aller au restaurant, et nous avons choisi de s’asseoir au bar, devant le chef! Dans ce restaurant, il n’y a que de la démonstration, et non de l’animation. Comprenez par là qu’il ne fera pas voler ses ustensiles ou vous ne verrez pas de feu spectaculaire. On est devant pour apprécier le découpage, l’odeur et le bruit de la cuisson… cela peut permettre de saliver d’avance aussi!
NB : évitez d’être devant les fourneaux en temps caniculaire.

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©NipponActif Découpage du boeuf wagyu

MENU TEPPAIN

Le menu que j’ai pris était nommé TEPPAIN, à 29€. Deux amuse-bouches + petite salade + un plat boeuf wagyu (supplément de 6€) + cake au matcha + un verre d’umeshu à 7,5€.
Total : 42,5€

Ce menu était moins diversifié que mon acolyte. Tout simplement car je ne mange pas de fruits de mer ou certains poissons. Je n’ai cependant pas été lésée, absolument tout était bon. Voici les photos avec la description pour plus de clarté.

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©NipponActif Le verre d’umeshu

L’umeshu est une boisson alcoolisée japonaise fait d’un mélange de sake et de macération de prunes. Le goût de ces derniers est prononcé, et il fait pour moi partie d’une des meilleures boissons alcoolisées.

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©NipponActif Le chawanmushi

Le chawanmushi est un flan d’oeuf, avec un champignon qui parfume l’ensemble, une crevette cachée au fond bol, et des fruits de ginkgos. C’est l’un des amuse-bouches offert.

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©NipponActif Seconde amuse-bouche

Une salade de concombre, tomate, sauce ponzu et wakame. La sauce ponzu est fait d’un mélange de sauce soja et de jus d’agrume (comme le yuzu ou le citron sudachi). Et le wakame, une algue comestible très appréciée des japonais et coréens.

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©NipponActif L’entrée

Le moins exceptionnel de tous… tout est sur la photo. En blanc, les chips de crevettes blanches avec de la sauce ponzu.

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©NipponActif Wagyu

Le boeuf wagyu (élevé en Espagne) avec du radis blanc râpé et une sauce ponzu.
Chez Azabu, on est sur du tendre et très facile à mâcher et manger. Évidemment, il n’a pas la même cuisson que dans le restaurant Les Tantes Jeanne (où le boeuf wagyu fond en bouche comme du beurre). Mon cuisson de boeuf wagyu préféré se tourne vers ce dernier!
Ce plat est accompagné de riz nature, d’une soupe miso et de morceaux de concombre (photo de couverture).

Alors pourquoi il y a un supplément de 6€ en plus du menu? Car tout simplement le menu inclut l’entrecôte, mais pas la qualité supérieure qu’est le boeuf wagyu.

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©NipponActif Cake au matcha

Un dessert qui m’a paru très paradoxal (mais pas mitigé, nuance). Car à la première bouchée, on sent parfaitement que le cake est sec, mais ce qui est extrêmement impressionnant, c’est qu’au premier croc, tout se liquéfie presque! Très facile à avaler, malgré son aspect. La crème fouettée aide encore plus à le rendre moins sec. Ce qui est sûr, c’est que les ingrédients et la cuisson ont été bien maîtrisés. Il n’y a pas beaucoup de poudre matcha, il convient donc à tous.

MENU OBENTO

Le menu de mon acolyte se nomme Obento et coûte 45€. Avec deux amuse-bouches + une entrée + un plat + un dessert + 6€ le supplément boeuf wagyu + 13€ pour un kir japonais + café… 4€. Ce dernier n’avait rien d’exceptionnel en goût alors le prix est excessif… Pour les entrées, reprenez les photos au-dessus (sans la salade classique aux chips de crevettes) et complétez avec les photos dessous.
Total : 68€

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©NipponActif L’entrée du menu

L’entrée du menu à 45€, la soupe miso, avec un bon vrai tofu, wakame et radis blanc.

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©NipponActif Bento

Je ne m’attarderai pas à donner tous les noms des plats que composent ce bento bien garni, du fait qu’on voit tout du premier coup d’oeil. Je n’ai pas goûté tout cela, mais on m’a confirmé que c’était très bon. Très frais et de bonne qualité. Ce que nous avons le moins aimé, c’était le tamagoyaki. Non pas qu’il n’était pas bien cuit ou qu’il n’y avait pas la bonne dose d’ingrédients, mais c’est plus personnel. Il faut aimer le sucré / salé. Car un tamagoyaki est une omelette japonaise servi en général au petit déjeuner. Elle est composée d’omelette, de sauce soja et du mirin.

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©NipponActif Dessert

Une glace à l’haricot rouge et une glace au matcha. Il vaut mieux ramener les morceaux d’haricot rouge avec la glace de même composition. Si non, il prime beaucoup trop sur la glace au matcha et vous risquez de ne pas en sentir le goût…

Lieu : Azabu – 3 Rue André Mazet, 75006 Paris
Le site principal ne fonctionnant pas, veuillez les joindre par Facebook : https://www.facebook.com/Azabu

Taiko : Kodo Next Generation

Le taiko (太鼓) est l’art de jouer du tambour au Japon. Les Japonais préfèrent l’appeler plus traditionnellement le wadaiko (和太鼓). Le 22 juillet 2018, j’ai été à l’une des représentations de cet art traditionnel, présenté par le groupe « Kodo Next Generation » dans un prestigieux cadre oriental, au Théâtre du Soleil (ou La Cartoucherie) de Paris.

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©KodoNextGeneration

Kodo signifie le battement de coeur. Dans ce contexte, il est semblable au battement d’un tambour. On ne fait pas que de l’entendre, on le sent littéralement grâce aux vibrations que le son émet, tel un écho qui connecte les ondes musicales aux coeurs. Kodo peut aussi vouloir dire « les enfants du tambour ». Ils sont en effet aussi spontanés, créatifs et énergiques que des enfants. Une signification qui n’enlève pas de la technicité à leur représentation.
Le groupe de 34 membres existe depuis 1981, donc 37 ans. Vous l’aurez deviné que nous n’avons pas sur la photo ci-dessus et lors de leur représentation, tous les membres du groupe. D’où la mention « Next Generation », rappelant que ces jeunes ‘performistes’ sont les héritiers de cet art.

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©KodoNextGeneration

Kodo Next Generation ne revendique pas que les côtés art et spectacle du wadaiko. Mais aussi traditionnel et représentatif de l’endroit où ils vivent : l’île Sado. En effet, en dehors du spectacle, ils sont présents dans de nombreux festivals au Japon, vendant les mérites peu connus de leur village. L’expansion de leur culture locale et du programme de développement a commencé depuis des années dans le monde entier. Ils sont actuellement à plus de 6.000 représentations dans 50 pays de cinq continents. Ils ont aussi crée une fondation afin de nous donner plus d’explication sur la valeur culturelle du village (se référer au lien que je donne à la fin de l’article, site en japonais et anglais). Kodo est né dans la nature, et s’en inspire fortement.

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©NipponActif

Avec toute cette expérience, la génération d’aujourd’hui compte évoluer en mélangeant la valeur traditionnelle et le côté moderne pour amorcer leur début . C’est avec beaucoup de fierté qu’ils ont joués sur la scène française, dans une salle comble. Les musiciens avaient aussi un bon jeu d’acteur. Ils quittaient et revenaient sur la scène tel des robots, machinalement, avec tout leur air sérieux, sans même esquisser un sourire. Sauf quand ils s’attelaient à leurs performances, le masque tombait du visage pour accueillir un sourire de bienvenu. Entre les tambourinements, les jeux d’instruments et de chants, le groupe ne nous laissait pas de répit.
La seule chose de tout le spectacle qui m’embêtait était le jeu de lumière : beaucoup trop tamisé par moment, rester éveiller n’était pas une mince affaire. Il va de soi que ce jeu de lumière scénarisé le tempo des musiciens. J’ai personnellement beaucoup plus apprécié les moments énergiques! Et incontestablement, les chants : captivants et enchanteresses! Avec des timbres de voix exceptionnels qui rappellent les chants anciens.

Tarif : de 15 à 25€
Lieu : Théâtre du Soleil – 2 Route du Champ de Manoeuvre, 75012 Paris
Page du groupe Kodo : https://www.kodo.or.jp/en/

 

Artistes Cosplay : Nantoka Cosplay

Je vous avais déjà défini ce qu’était le cosplay dans un précédent article : Interview de la cosplayeuse Sheya. Cette même cosplayeuse qui a souhaité que j’interview un duo de cosplayers, qui se nomme Nantoka Cosplay. Et c’est avec une immense joie qu’ils ont acceptés de nous parler de leur passion, sans restriction!

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©Marie

Une équipe soudée au-delà de l’imaginaire

Interview 

Nippon Actif : pouvez-vous me faire une présentation générale de qui vous êtes ?
Laura 
: alors, moi c’est Laura, j’ai tout juste 25 ans, je vis à Paris depuis toujours et je suis illustratrice de formation. Par simplicité, j’ai gardé mon nom dans le monde du cosplay.
Kenny : Et moi du coup je m’appelle Eliott, j’ai 26 ans, je vis à Paris également mais je suis originaire de Martinique. Dans « la vie réelle » je suis animateur sur les films 3D. Mon pseudo est Kenny dans le monde du cosplay. Avec Laura, on s’est connu au lycée, on est amis de longue date.

Nippon Actif : à quel âge vous est-il venu l’idée de faire du cosplay ? 
Laura 
: ma première Japan Expo était avec ma mère en 2007. J’y ai découvert les cosplays et les concours, puis j’ai commencé à m’y intéresser petit à petit. Mon premier cosplay a été acheté 2 ans plus tard sur place. Il était très bien mais je me trouvais horrible dedans ! Après ça, j’ai voulu continuer en prenant mon temps. Plus tard, je me suis lancée dans le fait-main, parce que je ne voulais plus acheter de costumes : trop chers pour moi (enfin, pour ma mère surtout) à l’époque.
Kenny : j’ai toujours aimé les anime, les mangas et le Japon en général, alors quand j’ai vu une convention spécialement dédiée sur ce thème, j’y suis allé sans hésiter. C’était en 2008, à Chibi Japan Expo de Montreuil. J’ai vu plein de cosplayers, j’ai trouvé ça génial. Alors dès ma deuxième convention (la Japan Expo suivante), je portais déjà mon premier cosplay fait-main. C’est ma mamie qui m’a initié à l’art de la couture [haha].

Nippon Actif : qu’est-ce qui vous a donné l’envie de vous initier aux fait-mains dans les costumes?
Laura : alors déjà , la déception d’avoir porté un cosplay acheté dans lequel je ne me sentais pas à l’aise, parce que pas ajusté à ma morphologie. Ensuite, le fait d’avoir vu plein de concours et de cosplayers en chair et en os qui semblaient s’amuser en faisant ça, ça m’a vraiment motivé à me lancer dans le fait-main ! C’est très gratifiant de se dire qu’on a réussi à reproduire le costume d’un personnage qu’on aime, mais aussi réussi à l’incarner. Ce n’est pas forcément la solution la moins chère au final [haha], mais on peut vraiment créer son costume comme on l’entend, ajouter des détails, etc… Encore aujourd’hui, je suis toujours dans le défi personnel, je veux toujours faire mieux que précédemment. De surcroît, c’est un bon moyen d’améliorer plein de compétences et j’aime être polyvalente.
Kenny : contrairement à Laura, je n’ai jamais acheté de costume quand j’ai débuté le cosplay. Je pense que oui, je peux vraiment parler de passion pour la couture. Ma mamie m’a beaucoup aidé pour les premiers cosplays, et très vite j’ai pris le coup de main. Je préfère le fait-main, on garde une maîtrise sur son costume, il est forcément ajusté pour notre taille, on a le choix des tissus que l’on veut travailler, et quand je vois certains prix pour des cosplays, je me dis qu’on y gagne clairement à les faire soi-même. J’ai quand même acheté quelques cosplays depuis, en les réajustant à ma morphologie. Mais c’est moins amusant ! Et personnellement j’en retire moins de satisfaction qu’avec un cosplay entièrement fait-main.

Nippon Actif : quand est-ce que vous avez commencé à être en binôme pour le cosplay? Pensez-vous continuer à être une équipe dans les années à venir?
Laura et Kenny : alors ! Cela nous fait creuser loin dans les souvenirs !
Notre premier duo remonte en 2011. C’était à Paris Manga, en Rin et Shiemi (de Blue Exorcist).
En terminal, on est devenu des amis très proches, et on s’est découvert cette passion commune pour le cosplay. Nous avons décidé de tester le cosplay en duo. On a bien accroché, 7 ans que ça dure ! Les études nous ont géographiquement bien éloignés, mais on a continué d’avoir des projets en commun pour se retrouver lors des conventions. Même maintenant que l’on travaille, on continuera ensemble encore un long moment.

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©Gilsandcosplay

Nippon Actif : quel est votre cosplay préféré jusqu’à présent ?
Laura : c’est dur de devoir en choisir qu’un seul. J’aime toujours le dernier que je suis entrain de faire ! Mais je me rends compte en parallèle de tous les défauts, et paradoxalement, je ne les aime plus au fur et à mesure des points négatifs que j’y décèle… Mais bon, je dirais : Agnès Oblige (Bravely Default) ! Parce qu’il reste un des mieux réalisés en date, et aussi parce qu’Agnès est un personnage qui me ressemble beaucoup au niveau de ma personnalité.
Kenny : mon costume préféré c’est depuis peu, celui de Deku ! C’est celui dont je suis le plus fier et sur lequel j’ai passé le plus de temps (entre la couture, les props,..). J’adore incarner ce personnage ! Cependant, j’ai toujours un petit attachement sentimental pour mon cosplay de Rin Okumura (Blue exorcist), le premier duo avec ma Laura !

Nippon Actif : avez-vous une bonne et / ou mauvaise anecdote à raconter dans le monde du cosplay?
Laura : heureusement plus de bonnes que de mauvaises anecdotes ! Je ne pourrais pas en citer une en particulière, mais ce qui est génial, c’est quand on rencontre des fans de cet univers que nous « cosplayons« , qui sont carrément émus de nous voir. Je me souviens d’une fille qui avait même pleuré en nous voyant en Rin et Shiemi (Blue Exorcist). C’était touchant, mais aussi très déconcertant ! Sinon, mes meilleurs souvenirs restent avec les personnes que j’ai pu rencontrer dernièrement et bien évidemment Kenny.
En mauvaise anecdote, rien de grave, mais j’ai remarqué que beaucoup de photographes se disant passionnés et qui d’après leur dire ne sont pas là pour « draguer », étaient justement là… pour draguer. Vous savez, c’est la fin de journée, votre make-up coule, votre perruque gratte, vous remettez constamment votre costume en place, vous êtes fatigué, et là, vous en entendez un photographe vous bombarder de compliments de façon exagérer… c’est démoralisant. Par là je veux dire que beaucoup de photographes sont très insistants. On sent que leurs compliments sont plus intéressés qu’honnêtes. Heureusement cela reste une minorité…
Kenny : niveau bonne expérience, je dirais que cela concerne mon premier groupe il y a quatre ans. J’étais hyper timide et c’était dur d’aller vers les gens. On se demandait tout le temps comment les personnes faisaient pour avoir un grand nombre de groupe, où tout le monde se connait. Alors un jour, on a décidé de faire partie d’un groupe. On a rencontré des personnes formidables avec qui nous sommes toujours amis. C’était le déclic! Depuis, on a rencontré beaucoup de monde et nous sommes plus à l’aise qu’avant !
En points négatifs : *lors de la dernière convention à Paris Manga où je suis allé, je me suis fait voler un katana! Qui en plus était mon cadeau d’anniversaire… je l’ai encore en travers de la gorge. Ce dernier fait m’a rendu parano avec mes affaires !
*à une autre convention, je devais faire parti d’un groupe qui n’accepte pas les « doublons ». Un jour quand je les ai rejoint, le personnage que j’incarnais, était aussi présent dans de ce rendez-vous… le groupe n’a donc pas voulut de moi, étant un doublon! Alors qu’on discutait de l’organisation ensemble depuis plusieurs mois et même une semaine avant l’événement.  D’une impolitesse rare!
Heureusement que ce genre de mésaventures n’arrivent que très rarement. J’ai connu largement plus de positifs que des événements négatifs.

Nippon Actif : avez-vous un quelconque message fort à passer aux cosplayers et / ou aux futurs cosplayers?
Laura et Kenny : en message fort, on a envie de dire aux gens (qu’ils soient cosplayers ou pas encore), que le cosplay c’est avant tout fait pour s’amuser, rencontrer des gens, passer et partager de bons moments entre passionnés. Mais c’est un univers qui a aussi ses aspects négatifs dont il faut en prendre conscience (comme l’histoire avec les photographes qui ne sélectionnent quasiment que des modèles féminins aux tenues légères…), des cosplayers faisant le tri des personnes qui les entourent, les gens qui jugent à mal lorsqu’un cosplayer n’a pas la même morphologie, taille, âge, sexe, couleur de peau que le personnage qu’ils incarnent, etc… On ne le répétera jamais assez, le cosplay c’est pour tout le monde !!! Néanmoins ces points négatifs ne doivent pas être un frein. Il faut passer au-dessus et tout simplement faire ce qu’il nous plait, c’est le secret de la motivation !

Nippon Actif : pouvez-vous nous dévoiler vos futurs projets cosplays?
Laura et Kenny : comme tout bon cosplayer qui se respecte, on a beaucoup trop de futurs projets en duo. En parallèle, deux listes encore plus longues de projets en solo [haha] ! Pour les duo qui sont sûrs à 100%, nous avons : Pidge et Shiro Paladin (Voltron) et Lelouch et Suzaku (Code Geass) qui sont de gros projets qui vont nous prendre un moment, pour être bien réalisé.
En solo, nous avons pour Laura : Himari Princesse (Mawaru-penguindrum), Asuka (Evangelion), Starfire (Teen Titans). Pour Kenny : Mysterion (South Park), Keith Blade of Marmora (Voltron), Miguel (Coco). Rien que d’écrire tout cela, ça nous donne le vertige !

Nippon Actif : quelles sont les futurs conventions où nous pourrions vous rencontrer?
Laura et Kenny : on sera présent à Harajuku à Paris en septembre, à Paris Manga en octobre, à la Y/Ycon à Villejuif en décembre. Puis Paris manga de février 2019, Japan Party à Nanterre en avril, bien sûr à Japan Expo 2019 et cette année on aimerait aussi tenter une convention sur Lyon. Des amis nous on dit que du bien des conventions qui se déroulent là-bas.

Nippon Actif :  qui souhaiteriez-vous que j’interview pour un prochain article dans le monde du cosplay?
Laura et Kenny 
: on pense à deux cosplayeuses qui sont soeurs jumelles : Sadae Cosplay  et Snips Cosplay.

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©OkaneHana

Sacré travail qu’ils ont effectués jusqu’à présent. Leurs futurs projets sont tout autant ambitieux, mais je suis confiante quant à la finalisation de leurs projets! Je remercie l’équipe Nantoka Cosplay d’avoir accordé beaucoup de votre temps afin de répondre à l’interview. Votre dynamisme se lit, votre expérience feront rêver plus d’un! Et au passage vous soulevez un point intéressant qui mérite d’être discuté.

IMPORTANT

Le dangereux problème d’une minorité de fâcheux photographes qui ne sont pas là qu’à titre « professionnel ». On en rencontre peu de ce genre lors des conventions, mais ils ne passent pas du tout inaperçus malheureusement. Sachez que pendant plusieurs années, travaillant aussi à Japan Expo, on m’a certifié que beaucoup de photographes étaient blacklistés du salon… Mais il en né de nouveaux. Lors de la dernière convention de juillet 2018, une jeune cosplayeuse est parti portée plainte contre un photographe qui prenait des clichés obscènes… elle a eu gain de cause. Le photographe a été placé en garde à vue.
Si comme elle vous observez ou vivez des choses peu recommandables avec ce milieu lors des salons : adressez-vous aux vigiles du salon qui se trouvent près des sorties! Ou un STAFF qui trouve une solution immédiate! Ne laissez pas passer, et n’allez pas vous plaindre (uniquement) sur les réseaux sociaux s’il vous plaît. La sécurité et l’intégrité de plusieurs d’entre vous est mis en danger. On ne relèvera pas énormément de ce cas chaque année, mais il y en a tout de même.

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©Japactu

Si vous souhaitez voir d’autres photos de leur travail, suivez leur page Facebook : Nantoka Cosplay

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©Mai
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©LeChaotiquePaysImaginaire
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©Kenny
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©Pepin

LOL

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