Vernissage de MAMI : Calligraf2ity

MAMI est une calligraphe japonaise qui expose temporairement ses oeuvres à la Galerie Lehalle. Alliant tradition et modernité, elle nous a fait une performance le jeudi 13 septembre en soirée, avant l’illumination de la Tour Eiffel aux couleurs du Japon.

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©NipponActif

Le terme de « Calligraf2ity » a été inventé par l’artiste même. Pour ceux qui l’auront deviné, son travail est un mélange unique de calligraphies et de graffitis. Elle a découvert le graffiti lorsqu’elle écoutait de la musique hip-hop. Le chiffre « 2 » se lit « fu » en
japonais ancien, on comptait « Hi, fu, mi, yo … ». Un jeu de mot qui peut se traduire donc de plusieurs manières. C’est devenu au fur et à mesure une signature personnelle dont elle nous a fait un show lors de cette soirée, où la galerie invitait Shoko HAYASHI à nous présenter l’artiste.

L’esprit jonglant avec l’encre

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©NipponActif   L’artiste MAMI de dos

Une musique japonaise lancée, et MAMI dégaine son pinceau sur une toile dorée. Une réflexion de quelques secondes, des mouvements en  l’air pour se projeter dans sa future calligraphie, et elle est lancée. Un rituel maîtrisé, des mouvements rapides et brusques, parfois doux, mais tout cela avec un grand sens du détail. Des mouvements du corps où l’on ose imaginer une certaine danse fluide et précise.

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©NipponActif

MAMI nous décrit ce qu’elle a écrit, et l’explication est traduite par Shoko HAYASHI. Nous avons donc le thème du respect mutuel. Celui du respect qu’on donne à autrui, et qu’on reçoit, afin de travailler en équipe, pour un monde solidaire, sociable, car rien nous permet de vivre reclus. Cette performance inclut entre autre la culture de la cérémonie du thé japonais. En effet dans ce dernier, il y a toujours des calligraphies pour décorer l’espace où la cérémonie a lieu. Autant de raisons qui combinent l’écriture à la bienséance, et à son côté apaisant.

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©NipponActif

En dehors de cette performance, la galerie comporte d’autres oeuvres de l’artiste. Certains tableaux sont très colorés, et l’on voit des coups de pinceau qui se rapprochent du graffiti. Des tableaux noirs y sont exposés, la série « NOIR NOIR ». Elle dissimule les caractères ton sur ton, laissant aux visiteurs sa libre interprétation.
Si vous souhaitez voir son travail dans la galerie, sachez que l’exposition dure jusqu’au 22 septembre 2018.

Une vidéo que j’avais préalablement postée sur la page Facebook de Nippon Actif, mettant en scène la calligraphe lors de sa démonstration => Vidéo vernissage MAMI

*Dates : du 13 au 22 septembre 2018
*Lieu – Galerie Lehalle – 3 rue Augereau 75007 Paris
*Tarif : gratuit
*Événement officiel : https://www.facebook.com/events/648340025609016/

Un remerciement pour la Galerie Lehalle et à Vincent Rola. Très bon échange et excellent accueil de la part de l’équipe.

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©NipponActif
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©NipponActif

Exposition : FUKAMI – Une plongée dans l’esthétique japonaise

Lors de la conférence de presse, nous avons eu l’honneur de parcourir l’exposition avec les différents artistes ainsi que le commissaire de l’exposition afin de commenter tout le parcours. L’exposition « FUKAMI : Une plongée dans l’esthétique japonaise » se déroule près des Champs-Elysées, au lieu idyllique qu’est l’Hôtel Salomon de Rothschild.

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©NipponActif   Oeuvre de Lee Ufan

Exposition haute en couleurs, sur plusieurs étages, avec dix thèmes qui nous laissent entrevoir la coordination des hommes, avec ceux qui l’entourent, tant les êtres humains, que le matériel. Touchant à notre spiritualité, les thèmes annoncés ont été les suivants :

« Prologue – Dualité d’échos »
« Exprimer les origines de la vie – Déconstruction et transmission de l’animisme »
« L’alchimie – Transformer la matière, transformation la perception »
« Esthétique de la disparition – Minimalisme »
« Vers le Sud – La réactivation par la création par les marges »
« Représentation du désastre et de la crise – Les médias vers une nouvelle existence »
« Renaissance répétée – Renaissance de l’intangible »
« Paysage subjectif – Philosophie de la légèreté »
« Hybridation – Coexistence »
« Métamorphose – Épilogue »

Yuko Hasegawa est la commissaire de l’exposition, et à titre attenant la directrice artistique du musée d’art contemporain de Tokyo. Elle nous accueille, et divulgue tous les secrets de cette exposition (en anglais, une interprète sera présente). À l’entrée, l’atypique gong pour nous accueillir. L’artiste métallier japonais Ryôhei Miyata intitule ce gong Dora, fabriqué en 2016. Au Japon, le gong est utilisé pour les services religieux bouddhiques et lors des orchestres traditionnels entre autres. Il permet aussi selon les Japonais d’éloigner les mauvais esprits et de purifier l’espace où le son retentit.

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©NipponActif    Gong de Ryôhei Miyata

Arrivé au premier étage, l’impressionnant travail de Shinji Ohmaki, un sol retravaillé, revêtu de motifs floraux et d’oiseaux. Il est possible de piétiner sur l’oeuvre fait de pigment, afin d’en modifier le contenu initial! Il faut comprendre par là que tout est mouvement, et voué à disparaître…

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©NipponActif   L’art de Shinji Ohmaki

Beaucoup de poteries seront visibles ce jour-là, dont ceux de Shinichi Sawada, avec tout autour des épines. Visuellement elle ressemble aux contes fantômes, animaux qui ressemblent à des monstres comme dans les films d’horreur japonais. Au même étage, nous avons un jumelage des arts : la mode inspirée de la céramique. ANREALAGE est la marque de vêtement du styliste Kunihiko Morinaga, et il s’inspire des céramiques de la période Jômon pour présenter sa collection. Créatif et surprenant, même sans explication, on sait qu’il y a une forte inspiration, grâce aux présences de quelques pièces rares qui datent de milliers d’années. Kohei Nawa aidera en partie le styliste, pour la collection Roll s’inspirant d’une des céramiques en forme cylindrique. Dans ce même petit salon, des sculptures d’un moine bouddhiste au nom d’Enku et de Pablo Picasso.

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©NipponActif   L’art de Kunihiko Morinaga

L’art ose

Anne-Laure Sacriste est une artiste contemporaine française qui nous expliquera son travail sur l’acrylique. Ses oeuvres sont disposées aux côtés des laques de Shibata. Ce dernier élément est très prisé au Japon depuis l’époque Jômon. L’une des laques les plus connues, est le maki-e. C’est une laque parsemée de poudre d’or ou d’argent, que l’on dispose à l’aide makizutsu (pinceau fait pour dessiner délicatement avec la poudre). Au fur et à mesure des années, on voit l’apparition de la peinture… à la laque (urushi-e). Les oeuvres d’Anne-Laure Sacriste servent d’introduction aux effets changeants des maki-e. Au Japon, l’artiste laqueur et peintre le plus connu du 19ème siècle est Shibata Zeshin. Son travail reflète le pont d’un travail passé aux visions futuristes. Un travail sans égal où l’on doit tourner autour pour voir tout le travail en 3D.

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©NipponActif   Le travail d’Anne-Laure Sacriste

 

Nous y reviendrons très prochainement dans un futur article, mais la présence dans la salle d’une oeuvre d’Itô Jakuchu ne passe pas inaperçu ! Il est aisé de reconnaître ses oeuvres, il pose souvent des coqs, des phénix, des fleurs ou encore des poissons. Comme son oeuvre présenté, de la peinture sur soie nommée « Prunier et coq sous la neige ».

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©NipponActif  Estampe d’Itô Jakuchu

Au salon d’honneur, un sol en chantier travaillé, graveleux. Un esthétisme maîtrisé par Lee Ufan, s’adonnant à l’art contemporain. Ses outils préférés pour créer son idéologie de manière visuelle : la pierre, le bois, le papier et les plaques de fer. Le salon d’honneur en est rempli, et déstructure un élément, pour appuyer sur l’idée de coexistence entre le statique et le dynamique. Noriyuki Haraguchi et Min Tanaka suivent les mêmes mouvements que Lee Ufan : le mono-ha. Il met l’accent sur l’existence des objets. Dans une vidéo qui est diffusée lors de l’exposition, un documentaire de 1977 nous montre la vidéo d’un bassin de fer rempli d’huile usagée. Ici, il fait coexister la tranquillité et la brutalité.

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©NipponActif   L’art de Lee Ufan

Arrive l’une de mes deux salles préférées : pour encore plus casser ce côté tradition et culture, une exposition technologique met en avant le collectif Rhizomatiks. Daito Manabe fonde ce groupe de technologistes innovateurs en 2006. Des installations de grands écrans, où l’on peut visualiser les attaques en live (et véridique) des différents hackers dans le monde! Il ne montre pas qu’une banale carte avec des signalétiques, il a pu mettre une carte du monde en 3D, montrant toujours les attaques de hackers en direct, d’un pays à l’autre, d’un continent à un autre. Il nomme cette vision, « La Guerre invisible ». Un sujet qui en dit sûrement long.

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©NipponActif   La Guerre invisible du collectif Rhizomatiks

Au vu de tous les artistes, il devait forcément y avoir… Katsushika Hokusai! Même ceux qui ne sont pas forcément intéressés par la culture artistique japonaise le connaissent. C’est ainsi dire LE maître des estampes japonaises (ukiyo-e). Il exerce plus de 70 ans de métier consacré qu’à cet art, et a influencé pour les plus grands de l’art tel que Van Gogh et Claude Monet. Ne manquez pas dans différents endroits les « Trente-six vues du mont Fuji », mais l’exposition Fukami ne regroupera que 12 oeuvres qui en valent le détour.

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©NipponActif    Tableau de Katsushika Hokusai

Et enfin, au sous-sol, mon deuxième lieu préféré de cette exposition où l’on voyage : « Foam ». L’exposition de bulles éphémères, créée pour l’occasion. Une installation sous les fines bulles de savon, qui grandissent et grossissent à vue d’oeil. Montrant que tout né, grandit, se transforme, et meurt. Un nuage au sous-sol, une envie de se baigner dedans, mais que l’on a pas envie de le toucher, car on sait que comme tout nuage, il est insaisissable.  Kohei Nawa nous avait surpris avec son exposition au Musée du Louvre, il continue à nous surprendre par la diversité de ses capacités artistiques. Il sonnera la fin de notre visite.

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©NipponActif     Kohei Nawa à droite et son oeuvre

Bien évidemment, je n’ai pas mentionné toutes les oeuvres que nous avions vu et commenté ce jour-là. Mais de l’extrait que vous avez pu lire, il est simple de deviner que l’on touche à réellement tous les thèmes. Il est conseillé à n’importe quel âge et pour tous les goûts.

Lieu : Hôtel Salomon de Rothschild – 11 Rue Berryer, 75008 Paris
Tarif : 5€
Exposition du 14 juillet au 21 août 2018

Kyoto et son élégance éternelle

Source des événements japonais à Paris, la Maison de la Culture du Japon à Paris (MCJP) a accueilli le Vendredi 15 Juin, les membres du spectacle intitulé « Kyoto et son élégance éternelle ».

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©NipponActif     Entrée avant le spectacle

Paris et Kyoto fêtent les 60 ans du pacte d’amitié qui les lient. Des kyotoïtes sont venus nous montrer un art traditionnel local, pour la découverte d’une facette de leur culture.
On plonge directement dans une ambiance raffinée, avec le port des vêtements culturels. Des vêtements comme nous n’en voyons nulle part ailleurs, atypique (se conférer aux photos).
Ils sont venus nous présenter le festival qui a lieu chaque année pendant le Gion Matsuri. C’est le festival du sanctuaire Yasaka, et il dure tout le mois de juillet. C’est l’une des trois grandes fêtes de la région, et il est initié par le Yamaboko junkô, qui est la procession de chars.

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©NipponActif    Le yamaboko junkô

Lors de cette soirée, nous avons eu le droit à l’imayo : des chants et des danses qui étaient pratiqués à l’époque Heian (VIIIe – XIIe siècle). Musique et chants traditionnels parlant de palais, de montagne, de cérémonies, mais aussi de Paris (Imayo – Awase).

Un voyage lyrique à travers une région et Paris. Des poèmes écrits à la main avant d’être chantés. Les poèmes nous étaient déjà donnés en avance, mais cela ne les a pas empêché de faire une démonstration d’écriture en quelques minutes. Les danseuses quant à elles étaient exceptionnelles. Elles m’ont rappelé la danse cambodgienne de par leur dextérité et mouvement au ralenti. Ce spectacle ne pourrait intéressé que les amoureux de la tradition.

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©NipponActif    Membres du spectacle

Extrait d’Iwayo – Awase (version française)
par Mme Keiko NAKAGAWA

En se promenant dans les rues de Paris
Ici et là dans le jardin des roses sauvages fleurissent 
Ses souvenirs se transforment en sentiments
Et subsistent toujours sur le bout des feuilles après la séparation

Ce groupe est une association qui existent depuis quelques décennies. Leur but est de propager la culture d’époque de leur région, à tout le monde. Ils participent à la fête tout le mois de juillet à Kyoto, afin de présenter ce qu’ils nous ont montré. Nous avons eu l’honneur de pouvoir être présent à cette exclusivité mondiale.

Ce programme présenté à la MCJP était gratuit et n’avait qu’une date unique.

Site : https://www.mcjp.fr/

Encore un jour banane pour le poisson-rêve

Une exposition qui nous replonge dans nos souvenirs d’enfance, avec des jeux d’enfants mais aussi dans nos rêves. « Encore un jour banane pour le poisson-rêve » est une exposition qui a lieu au Palais de Tokyo à Paris dans le cadre du Japonisme 2018.

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©NipponActif    L’entrée de l’exposition

Notre enfance n’a pas toujours été rose, et cette exposition retrace à sa façon les rêves et cauchemars des enfants, avec des tableaux et sculptures imaginés et hallucinés. On touche à la féerie, à l’utopie, les mythes mais aussi la dystopie, les monstres et les personnages les plus farfelues. Une nostalgie certaine présentée et racontée par Clément Cogitore.

«Ici, comme dans tous les mythes fondateurs, une énigme sera posée, le monde physique se verra déréglé – parfois hanté -, un monstre sera à affronter, des disparus à pleurer, et comme tous les personnages ayant traversé un tissu problématique, le spectateur en sortira transformé et, avec lui je l’espère, sa perception et son imaginaire.»

L’art, c’est du délire

Une tendance artistique flou et en même temps esthétique est mesuré. Représenté par des tableaux, vidéos d’animations et sculptures, l’exposition est faite pour les adultes qui repartent dans leur mélancolie, mais aussi pour les enfants. Attention tout de même aux salles et tableaux qui peuvent parfois décrire les angoisses que nous, adultes, aurions pu connaître dans notre enfance.

Certains artistes ont utilisés des objets trouvés, des moteurs, des pièces mécaniques et de circuits électroniques, permettant de mettre en route des objets de la vie quotidienne automatiquement. Procédé quasi invisible à l’oeil nu, on aura tout de même de la composition musicale bien assimilée aux oeuvres.

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©NipponActif   Entrances de Takashi KURIBAYASHI

Ma partie préférée de l’exposition était l’oeuvre de Takashi KURIBAYASHI, nommée « Entrances », crée en 2018 (voir la photo ci-dessus).

«Les frontières sont partout. Dans les sociétés humaines, mais aussi dans la nature. Ce sont les lieux qui concentrent le plus d’énergie.»

Une installation constituée de trois arbres en lamelle de miroir sans tain. Sa prouesse d’installation met en avant l’écologie. Car effectivement l’idée lui est venue après le désastre causé par la centrale nucléaire de Fukushima survenu en 2011 à la suite du tsunami provoqué par un violent séisme. L’effet kaléidoscopique est merveilleux. On entre dans cette tour de miroir, aux couleurs industriels, et on finit par lever ses yeux au plafond, ou autrement dit, dans le ciel.

Toutes les informations (adresse, horaires, dates et billetterie) dans le lien suivant : https://nipponactif.com/evenements-a-venir/

Salon : C’est Bon! le Japon 2018

En 2014, la gastronomie japonaise s’inscrit à la liste du patrimoine mondiale de l’Unesco, appelé washoku (和食), qui n’a cessé d’intéresser les français. De là, Euro Japan Crossing a créé le salon dédié à la culture japonaise, et cette année, nous sommes à sa 5ème édition du salon C’est Bon! le Japon à Paris! C’est la deuxième fois que j’y retourne, ayant eu une bonne impression lors de l’édition précédente.

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©NipponActif       Services de table vendus lors du salon

L’espace était plus grand, mieux agencé, et il y avait beaucoup plus d’exposants qui vendaient leurs produits venant tout droit du Japon. A l’entrée, un marché aux légumes directement importé du Japon : daikon (大根) qui est un radis blanc, patate douce du Japon qui est sucré à souhait et délicieux (nous avions le droit à une dégustation), grande bardane, néflier du Japon, gombôs, la tige du wasabi (山葵), etc… Sachant que ce sont des produits qui coûtent de base extrêmement chère, le prix exercé au salon ne m’a pas paru exorbitant, contrairement à ce qu’une partie des visiteurs pensent.

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©NipponActif  Tige de wasabi

Prenons l’exemple de la tige de wasabi. Nous avons lors de ce salon le véritable wasabi, qui n’a en goût, en  texture et couleur, rien à avoir avec nos fameux tubes vendus par nos lobbyistes. Pour 1 cm, comptez quand même 10€. C’est cher? Sachez que c’est le plus bas prix! Car effectivement, cette plante est rare et est cueillie dans les montagnes au Japon. Il y a encore plus chère, car il y a de meilleures qualités que celui que j’ai pris en photo.

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©NipponActif   Patate douce japonaise

Un autre exemple, la patate douce japonaise, appelé le Yaki-Imo. Explication sur la photo ci-dessus. Je rajouterai qu’au Japon, ce mode de cuisson pour les patates douces est très prisé là-bas. L’une des phrases favorites des japonaises : « Imo, Tako, Nankin« . Imo signifie ‘patate douce’, Tako signifie ‘pieuvre’, et Nankin signifie ‘courge’. 3€ le morceaux de patate douce pour son temps de cuisson et sa popularité d’un autre continent… Je valide!

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©NipponActif   Des sandales relaxantes

N’oublions pas les stands divers qui portent tout autant de l’intérêt : art de table, artisanat, nourriture japonaise (comme le mochi, dommage que je n’ai pas pu en trouver de mochi glacé), etc… Cette année, une nouveauté, le salon a mis en avant les produits japonais… bio. Je trouve que c’est une bonne initiative, bien que l’on risque de retrouver des critiques au niveau des prix (ou des clichés?). Pour immortaliser la journée, un stand photo ambiance nippone avec des accessoires étaient mis à disposition des visiteurs.

Un voyage culinaire à porter de main

Hors, nous avons la scène. Celle qui nous dirige vers des performances musicales et démonstrations. Même le bloggeur « Un Gaijin au Japon » à présenter une conférence exclusive! On aurait préféré beaucoup plus de scène pour ce genre de programmation.
Le 1er Juillet 2018 avait lieu le concours de thé japonais avec 6 catégories ( sencha, genmaicha, hôjicha, matcha, bio et autre ). Des professionnels de la gastronomie ont évalués les différents thés, et le public avait aussi pu y goûter.

Malgré la chaleur écrasante du salon (pas de clim, pas même pour les professionnels), les visiteurs étaient bien présents. On les remercie pour leur travail, et rendez-vous l’année prochaine pour la 6ème édition.

*Lieu : Halle des Blancs Manteaux  – 48 rue Vieille du Temple 75004 Paris
*Prix d’entrée : 1€

Concert solo de taiko d’Ichitarô

Le taiko (太鼓) est un art de jouer du tambour japonais, très exploité lors des cérémonies et événements traditionnels à l’époque, mais uniquement pour accompagner les fêtes. Après la seconde guerre mondiale, le taiko est devenu indépendant, permettant de jouer sans grande occasion, afin de cultiver sa propre identité.

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©NipponActif             Ichitarô en solo

Venant tout droit du Japon la veille du spectacle, un artiste méconnu est venu faire vibrer la salle du centre Mandapa à Paris! Cet artiste se nomme Ichitarô. Là où nous avons l’habitude de voir minimum de deux personnes lors d’une représentation de taiko, ici Ichitarô se dévoue seul à la tâche.

La résonance du coeur

Personnellement, c’est la première fois que je vois une performance en live de taiko (appelé aussi wadaiko, j’ai pu lire à gauche et à droite sur la toile qu’il était même préféré au mot taiko. Mais ce dernier est le plus populaire). Et c’était SENSATIONNEL! Je pèse mes mots. Ichitarô a su nous offrir un spectacle unique en son genre avec une force remarquable et maîtrisée. Toute la salle vibrée dans tous les sens du terme : le tambour apporte un son puissant, avec un brouhaha d’échos, tout en étant mélodieux. Même néophyte en la matière, je me sens capable de dire que c’était un sans faute lors de son tambourinage. Une frénésie régulière pendant ses tours de bras, et c’est bien à ces moments-là que nous avions le souffle coupé.

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©NipponActif     Ichitarô lors des vitesses de battements

Son endurance est sans faille, même en tambourinant crescendo, sûrement grâce à sa dextérité. Le son reste fluide, peu importe l’intensité qu’il y met. Ce qui est intriguant, c’est que nous avons même l’impression qu’il y a toute une équipe qui joue derrière, alors que non. C’est toute une équipe en un seul homme. Son endurance est remarquable. On voit lors de sa performance d’une heure, qu’il va puiser l’énergie bien au-delà de sa propre limite. Et même arrivé à un point où l’on se dit qu’il est arrivé à son maximum, il nous détrompe, et joue de plus belle. Tout aussi remarquable est son ingéniosité : car effectivement, il nous expliquera pendant ses moments de pause qu’il s’était rendu aux États-Unis, pour s’entraîner à jouer du taiko. Et à ce moment-là, il a commencé à jouer avec plusieurs « bâtons », ou du moins qui y ressemblent, pour avoir des sons différents. Puis il en a trouvé un de robuste, l’impensable, un bâton japonais qui sert de base à épousseter les futon. Aujourd’hui même dans l’archipel nippon, il est peu utilisé. Comme le bâton est bien robuste, il a continué à jouer avec. Donnant une tonalité bien particulière, très appréciable et impressionnante (confère la photo ci-dessous).

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©NipponActif     Avec le bâton à épousseter le futon

Cette ingéniosité se poursuit aussi au Japon,  précisément à Yokohama, la ville d’origine de l’artiste. Il eut l’idée singulière de couper son chauffe-eau qui ne fonctionnait plus, et d’en faire un instrument de musique qui donne un son aigu.

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©NipponActif     Instrument fabriqué par l’artiste

Tant de raisons d’apprécier ce son, il est dommage qu’il n’est pu faire qu’une seule représentation à Paris. Probablement qu’il reviendra… du moins, pour les macarons qu’il apprécie dans la capitale!

PS : je remercie le centre Mandapa de m’avoir donné l’invitation, et de m’avoir permis la découverte de cet art.
Lieu du concert : http://www.centre-mandapa.fr/

Claude Monet et le Japon

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@NipponActif        La maison de Claude Monet

La Maison de Claude Monet et son Jardin d’eau sont les lieux les plus visités de la Normandie après le Mont-Saint-Michel.
Les éloges sur le travail de Claude Monet n’en tarissent pas. Reconnu dans le monde, ce fameux peintre est l’un des fondateurs de l’impressionnisme. Et aujourd’hui, je pars à la découverte de l’une de ses passions : son amour porté pour le Japon.

La balade florale

Des pointes de toutes les couleurs partout où l’on pose ses yeux. Des fleurs et plantes divers à n’en plus compter.
Claude Monet s’inspire de la nature, et nous, nous vivons dans ses tableaux. Une sensation magique de voir à travers les oeuvres de l’artiste, une émanation d’un endroit paisible.
Le parcours est soigné et logique. Il faudrait tout de même privilégié le parcours Jardin d’eau en premier, avant de visiter la maison. Car la sortie définitive se trouve près de la maison. Les allers – retours ne sont pas si dérangeant en vue de la beauté du paysage. Cependant, étant un lieu prisé par les touristes, il y avait beaucoup de monde. Je conseillerai fortement de visiter la Maison de Claude Monet sur un étage entre midi et 14h si vous passez le week-end. Au-delà de ces horaires, une longue file apparaît.

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@NipponActif     Dans la maison de Claude Monet

La maison champêtre arborant des estampes japonaises dans toutes les pièces ne comportent qu’un étage. Par moment cela devient étroit avec la foule présente, chaque pièce sollicitant néanmoins notre attention. Car en effet, la maison compte d’innombrables estampes japonaises, suivant un mouvement de l’époque d’Edo ( 1603 – 1868 ) : des ukiyo-e ( 浮世絵 ). Un mouvement artistique japonais, qui a eu beaucoup plus de succès en Occident qu’en Asie. Touchant majoritairement les Impressionnistes, Claude Monet a été conquis, même s’il n’a jamais pu aller au Japon. Une façon de voyager s’offre à nous lors de cette exposition. L’intérêt majeur de l’artiste est plafonné à quasiment tous les murs de la maison. Ma pièce préférée était la salle à manger, pour sa couleur jaune pastel. Un éclairage qui mettait toute la pièce en lumière, sans compter les nombreuses estampes japonaises.

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@NipponActif      Le Chat Japonais offert par M. HIDEYUKI WADA

Après une visite de sa maison, direction le Jardin d’eau. Une parfaite harmonie le long du parcours, créé de toute pièce par Claude Monet. Mais tout le jardin ne s’identifie pas comme étant un jardin japonais, mais normand (une floraison de divers types de fleurs et de plantes). Certaines choses nous permettent de revenir vers le Japon : le jardin d’eau orientale. Des bambous, des ponts japonais, des ginkgos, et le fameux étang couvert de nymphéas qui inspireront l’une de ses toiles les plus connues au monde. Y règne le calme absolu dans cet espace, agréable à regarder, ou le temps n’est plus à compter.

Lieu : 84 rue Claude Monet – 27620 Giverny
Tarif : 9,5€ tarif plein (voir conditions de réductions sur leur site)
Site : http://fondation-monet.com/

Vernissage teamLab : « Au-delà des limites »

Cet article a une version française, et une version anglaise à la fin. // This article has French version, and English version in the end.

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@NipponActif Exposition teamLab à la Villette

J’ai été invitée par le collectif à visiter en avant-première l’exposition « Au-delà des limites », à la Villette le lundi 14 mai 2018. A la découverte de l’exposition, l’immersion est impressionnante. Un retour sur cette soirée s’impose.

Le collectif teamLab venu du Japon, se compose d’artistes, de programmateurs, d’ingénieurs, d’animateurs 3D, de mathématiciens et d’architectes. Des membres créatifs et productif cumulent l’art et le digital, pour un résultat détonnant.

Le pouvoir du digital

Les différents espaces dans le noir offrent une diversité de paysages et de thèmes. Demandant patience et temps, le spectateur erre avec admiration, à la découverte d’un multivers.
Personnages enjoués et des dimensions qui ne connaissent aucune limite. Une bande d’animation géante est installée, avec des animaux qui parcourent un chemin n’ayant ni début, ni fin. L’immersion est parfaitement esthétique. Un cadre idyllique jonché de fleurs éparses. Nous nageons dans une tornade de couleurs avec amusement.
Un autre espace est une salle picturalisée du sol au plafond, offre une vision sombre et esthétique.
Les pôles invitent petits et grands à emprunter des voies différentes représentant la destruction, l’espoir et le renouveau. L’une des grandes salles présentent en une heure, les quatre saisons de l’année. L’équilibre entre les ténèbres et le monde magnifique est bien existant, le renouvellement d’un monde visuel est permanent grâce à la 3D. Rien est fixe, mais nous permet d’être immobile, le paradoxe est plaisant. On ne voit pas le temps passé dans cet espace.
Un autre espace en dimension technique représente les montagnes et vallées. Des graffitis sur certains murs, des calligraphies sur d’autres, il n’y a pas d’ordre à suivre lors de cette exposition. Tout est fait pour être dispersé et en même temps réuni.

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@NipponActif L’interactivité

L’interactivité en continu

Un pari réussi, la nouvelle technologie influence la création artistique de ce collectif, sollicitant à quelque moment du parcours, des gestes du public. Le digital est tout de même connu pour créer un monde où nous sommes hyper-connecté. Cette connexion est visible lors de cette exposition, confortant même les néophytes à y prendre part.
En juin 2018, teamLab va ouvrir leur futur musée à Tokyo. L’immersion en plus démesurée! Pour ceux qui ne peuvent pas attendre aussi longtemps, ci-dessous les informations pour visiter l’exposition à Paris.

Lieu : 211 avenue Jean Jaurès, 75019 Paris
Date : du 15 mai au 9 septembre 2018
Tarif : 14,9€ (voir conditions de réduction sur le site)
Billetterie : https://lavillette.com/evenement/teamlab/
Site teamLab : https://www.teamlab.art/

English Version

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@NipponActif The fauna and flora

I was invited by the collective teamLab to visit the grand premiere of the exhibition « Au-delà des limites », at La Villette on Monday , May 14th, 2018. Discovery of the exhibition, the immersion is impressive. A feedback of this night is necessary.

The collective teamLab arrived from Japan, is composed of artists, programmers, engineers, 3D’s facilitators, mathematician and architects. Creative and productive members combine art and digital, for a jarring result.

Digital’s power

Differences spaces in the dark give us a diversity of landscapes and themes. Requiring patience and time, spectator is drifting with awe, discovery of a multiverse.
Playful characters and dimensions which are boundless.
A giant animated production is installed, with animals which tour a path that has neither beginning nor end. Immersion is perfectly aesthetic. An idyllic setting strewn with flowers scattered. We plunge into a whirlwind of colors with some amusement.
Another area is a pictorial room from floor to ceiling, offers a dark vision and aesthetic.
The poles welcome big and small to take separate pathways representing destruction, hope and renewal. One of the largest room present in one hour, the four seasons of the year. The balance between darkness and wonderful world does exist, the renewal of a visual world is permanent thanks to 3D. Nothing is set, but that leaves us motionless, the paradox is pleasant. We had not been aware of time flying in these rooms.

Another space in technical dimension represent mountains and valleys. The graffiti on some walls, calligraphy on others, there is no precise order to follow during the exhibition. All is done to be dispersed and in the same time gathered.

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@NipponActif Wall of flowers

The continuously interactivity

A successful bet, the new technology influence artistic creation of this collective, requesting somewhere along the path, public gestural. The digital is known to create a world where we are hyper-connected. This connection is visible throughout exhibition, consolidating even novices to take part.
In June 2018, teamLab will open a future museum at Tokyo. The immersion is more oversized! For who cannot wait no longer, below information to visit exhibition in Paris.

Place : 211 avenue Jean Jaurès, 75019 Paris
Date : from 15 may to 9 september 2018
Price: 14,9€ (see conditions of reduction in the website)
Ticketing : https://lavillette.com/evenement/teamlab/
teamLab’s website : https://www.teamlab.art/

Special thanks to Takashi KUDO, Mayu and Kaori : どうもありがとうございました。

Rakugo – 落語

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@CieBalabolka Stéphane Ferrandez, conteur

Le rakugo (落語) est un spectacle littéraire japonais, raconté par un rakugoka (落語家), qui en est le conteur. Tradition vieille de plus de 400 ans, ce « stand-up assis » n’a comme acteur qu’un seul et unique conteur sur scène. Toujours vêtu d’un kimono, et agenouillé sur un coussin, il utilise comme accessoires un éventail, appelé sensu (扇子), et a souvent un essuie-main en coton, le tengui (手拭). Pour mettre en exergue ce spectacle, la Cie Balabolka se produit sur la scène française depuis quelques années afin d’apprécier cet art venant d’ailleurs.

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@YattaFanzine Rakugoka en anime

La Cie Balabolka est fondée en 2006 avec le conteur éthnologue, Stéphane Ferrandez, ainsi que l’auteure et metteuse en scène : Sandrine Garbuglia. Ils ont à leurs actifs plus de 20 spectacles de contes tournés en France et en Asie. En 2014, j’ai été à leur spectacle intitulé « Histoires tombées d’un éventail ». En 2018, j’ai réitérée mon expérience après leur invitation pour le rakugo appelé « Marcher vers Levant ».

L’art savant japonais

Le 23 février 2018, Stéphane Ferrandez s’est présenté à la Maison de la Culture du Japon à Paris (MCJP). Il a commencé sa représentation par un spectacle classique, en étant debout. Il nous dépeint un cadre idyllique, suffisamment pour nous transporter au Japon. Un scénario très bien ficelé, qui le mènera au koza (高座), qui est une scène sur la scène! Car il faut savoir que le rakugoka n’a pas le droit de se lever du coussin où il va s’agenouiller. Si un de ses personnages marchent dans l’histoire, il va devoir simuler la marche… A genoux sur le coussin. Sur le koza, il n’y a ni décoration, ni musique. Seuls peuvent subsister des accessoires que le conteur va utiliser. À partir de là, commence réellement le rakugo. Enchaînement d’histoires amusantes, simples et surtout dynamiques! Car derrière ces histoires avec une chute toujours drôle, Stéphane Ferrandez a su jongler entre les langues françaises et japonaises, nous instruisant sur cette tradition peu connue en dehors du Japon. Le vocabulaire est foisonnant, invitant même les néophytes à être spectateurs! La réelle difficulté est tout de même de raconter des histoires en français, tout en restant sur les principes du rakugo traditionnel. C’est un principe merveilleusement accompli par le conteur.

Jamais deux sans trois, j’attend patiemment le nouveau rakugo qui aura lieu sur Paris! D’ici là, je vous invite à vous rendre sur leur page afin d’avoir les prochaines dates de sa production à Paris ou ailleurs.

Leur page Facebook :  https://www.facebook.com/ComicoJapon/
Leur site internet : http://www.rakugo.fr/

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