Dégustation de thé avec Obubu

Aujourd’hui, nous avons eu l’une des rares occasions de participer à une dégustation de divers thés japonais, organisée par des producteurs qui venaient de Kyōto : Obubu Tea Farms.

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©NipponActif   Dégustation de genmaicha 

Obubu Tea Farms se trouve précisément à Wazuka, dans la région de Kyōto. Dans le jargon de Kyōto, Obubu signifie « thé ». La compagnie est créée par le président Akihiro Kita et le vice-président, Yasuharu Matsumoto, qui sera présent lors de cette journée afin de promouvoir les produits de leurs récoltes. Nous avons aussi eu la présence de Simona, originaire de Lituanie, et ayant vécue cinq ans au Japon, travaillant avec l’équipe et participant à l’expansion de la culture du thé japonais local. Elle aura même écrit un livre où nous aurons le plaisir de découvrir dans les grandes lignes toute la fabrication du thé. Je vous invite à consulter leur site pour avoir l’histoire de la compagnie (https://obubutea.com/about-us/). Toute la dégustation s’est déroulée dans une des pâtisseries franco-japonaises réputées : Tomo.

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©NipponActif   Yasuharu Matsumoto

À la découverte du thé d’excellence japonaise

Yasuharu Matsumoto et Simona voyagent de pays en pays afin de faire découvrir des produits de qualité. Cette année, ils ont voyagé dans six pays avec pour mission de nous apprendre comment le thé est sélectionné dans leur ferme, quelle en est sa fabrication, les différences au niveau des saveurs, son processus pour avoir des goûts différents avec le même genre de thé, mais aussi sur les programmes dont ils disposent ou qu’ils vont disposer dans les années à venir. Il faut savoir qu’ils sont à leur treizième tour dans le monde, et sixième en Europe. Ils ne comptent bien évidemment pas s’arrêter en si bon chemin. La veille de cette dégustation chez Tomo, ils avaient tenu un séminaire de 18H à 22H à La QuintEssence. Une cérémonie poussée en terme d’explication, cependant nous n’avons pas été dépourvus d’explications de 13H à 15H, bien au contraire, jusqu’à présent c’est l’événement où j’ai eu le plus d’informations.

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©NipponActif   Variétés de thé vert

Nous avons goûté cinq produits : le genmaicha (玄米茶), le sencha (煎茶), le hōjicha (ほうじ茶), le gyokuro (玉露) et le matcha (抹茶). Nous avons bu plus de quatre verres, car il faut savoir qu’un type de thé, peut fournir un goût plus ou moins intense, selon la température de l’eau, allant de 60 à 90 degrés celsius! Et la torréfaction y joue un rôle important. Par exemple pour le hōjicha, il y a trois façons de torréfaction : faible, moyenne et forte. Ce dernier est la meilleure des qualités, et c’est cela qu’on nous fera goûter. Cependant pour le sencha, qu’ils récoltent au printemps, il y a deux procédés pour le cultiver. Sous le soleil, ou sous des filets. les plantes protégées par ce dernier permettra d’avoir un goût moins amer, moins prononcé donc plus doux (ce qu’on qualifie de umami (うまみ)). Plus la couleur est foncée, et meilleur sera le goût. En dernier verre, nous avons goûté le matcha, le plus utilisé dans les pâtisseries. Il a très peu d’amertume, donc a un goût plus doux, et est malléable. Celui que l’on a bu vient d’un seul cultivar, ce qui n’est pas toujours le cas.

Les thés verts comme le genmaicha a plus de 800 ans, alors que le sencha « seulement » 300 ans. Alors que nous sommes dans les méthodes de plus en plus modernes dans l’agriculture, la question se posait quant aux machines utilisées lors des récoltes. Sans surprise, on a une récolte beaucoup plus dense avec une machine qu’à la main. Il y a des instruments de récolte tout en bois et des machines dernier cri. Obubu Tea a choisi d’utiliser l’équipement en bois, car il permet un ramassage et triage des plantes à la loupe. Ils misent sur la qualité, et non pas sur la quantité qu’ils pourraient obtenir avec une machine plus high-tech. Malgré la richesse du thé et sa qualité, les Japonais ne sont que 2% à en boire – loin devant la Chine et l’Inde. On a constaté une baisse des ventes d’année en année du thé vert au Japon. Probablement que les ventes ont augmenté au niveau international, comme en France.

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@NipponActif    Simona

 

Tant qu’il y aura de plus en  plus de personnes intéressées par ce fameux thé, plus il y aura de déplacement de leur part. Sachant que même les néophytes y sont conviés. Dans cette optique et pour favoriser leur déplacement, Obubu Tea a créé une association se nommant Global Japanese Tea Association. Il comporte déjà 800 membres. Cette association a été créée en Espagne, mais nous verrons bientôt la naissance d’une association française, impérative selon eux, pour la compréhension du langage. Effectivement lors de cette dégustation, tout s’est déroulé en anglais, même si nous avions de temps à autre l’intervention d’un personnel de Tomo pour nous aider à traduire en français. Comme il y a certains points techniques à aborder, la création de cette association se fera sous peu. Cela n’empêche pas d’adhérer au Tea Club (https://obubutea.com/services/tea-club/) dès aujourd’hui. Les sommes qui sont versées dessus permettent aux intervenants de voyager dans le but de créer d’autres séances de dégustations et apprentissages entre autre. Ils accueillent aussi toute personne voyageant dans les environs à des cours sur le thé avec des professeurs agréés, des visites guidées et même de mettre les mains à la pâte si l’on reste pendant plusieurs semaines dans la ville.

Le saviez-vous?

*Le conseil donné par Yasuharu Matsumoto : les quatre ennemis qui nuisent à la conservation du thé sont la lumière (les rayons UV plus précisément), l’air (l’oxygène), l’humidité (moisissure) et la température.
*Le thé contient de la théine et de la catéchine, excellent antioxydant, lutte contre quelques maladies cancérigènes et apporte un meilleur goût aux produits.
*Les théières en fonte asiatique donnent du fer à l’eau. La précision sur l’origine est importante, car sachez que la bouilloire en fonte en Occident, du moins en France n’apporte pas autant de fer, pour cause, sa fabrication. En effet, l’émaillage des théières en fonte en France libère que très peu de fer. Sachant que le peu de fer que nous avons dans notre corps est justement « soluble » par le thé, une théière en fonte de qualité asiatique est fortement conseillée.

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©NipponActif    Avec le vice-président d’Obubu Tea

Voilà enfin le briefing de ce que j’ai pu apprendre aujourd’hui. Un thème ludique, des intervenants joyeux, tout le dynamisme dégagé lors de cette dégustation me permet une fois de plus de dire qu’il y a toujours des choses à apprendre des végétaux que nous consommons. Des thés de qualité, frais et primés mondialement. Il faut s’attendre à ce qu’on entende parler d’eux dans les mois à venir, et jusque là, qu’ils continuent à récolter les fruits de leur dur labeur!

Tarif : gratuit
Date : 7 septembre 2018
Lieu : Tomo – 11 Rue Chabanais, 75002 Paris
Événement ponctuel
Site officiel des intervenants : https://obubutea.com/

 

 

Throne de Kohei Nawa

Dès l’entrée du Musée du Louvre, il prône fièrement une sculpture majestueuse : le « Throne ». Un trône créé par l’artiste japonais Kohei Nawa, qui sera présent lors de l’interview presse du jeudi 12 juillet 2018, afin de nous conter l’histoire de sa création.

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©NipponActif     « Throne » de Kohei Nawa

Le coup d’envoie pour Japonismes 2018 a été officiellement annoncé ce mois-ci, même si  nous avons eu un avant-goût bien avant! Nous avons eu le plaisir de pouvoir interviewer l’artiste Kohei Nawa, mais avant cela, nous avons aussi écouté le conseiller du Président du Louvre, Alberto Vial. Ce dernier nous a annoncé qu’en 2017, le Louvre a accueilli environ 160.000 visiteurs d’origine japonaise. C’est alors naturellement que le trône avait sa place dans le Louvre. Il estime par la même occasion  que 5 millions de visiteurs verront son oeuvre dès leur entrée au musée, et que l’oeuvre permet même de les accueillir promptement.

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©NipponActif    Conseiller du Président du Louvre, Alberto Vial

Kohei Nawa est un artiste contemporain, qui vit désormais à Kyoto. Il est le directeur de SANDWICH Inc., et également professeur à l’université d’art et de design de Kyoto. Quand il était étudiant, il avait visité le Musée du Louvre. Pour lui, le Louvre est une entrée par son gouffre en verre, vers le monde humain, caractérisée par une présence à l’intérieur de la pyramide, mais un regard qui peut s’étendre au monde extérieur. La pyramide est selon lui, elle même la représentation du pouvoir que l’histoire nous lègue. Aujourd’hui on se pose encore la question concernant l’autorité du pouvoir qu’il pouvait avoir à l’époque. Dans la continuité de ce questionnement, il a trouvé que c’était LA place qui correspondait à une sculpture de cet ampleur.

L’artiste a pris un an pour le projet et la conception. Il n’était pas à sa première fois pour l’idée d’un trône. Il en avait déjà créé d’autres auparavant. Tout a été conceptualisé en 3D, avant de construire le trône. Le Louvre interdit les oeuvres de plus de 3 tonnes. L’artiste a donc respecté cette limite de poids. Car cet oeuvre a été uniquement construit pour ce musée. Après la fin officielle de l’exposition sur le « Throne », Kohei Nawa espère donc que son oeuvre restera dans le musée. L’oeuvre fait 10,4 mètres de longueur, un peu plus de 4 mètres en largeur, et est posée sur une colonne à 12 mètres du sol. La structure métallique est en inox, et en résine, caché par des feuilles d’or, travaillées par des artisans traditionnels de Kyoto. Quant à l’or, il vient de Kanazawa, région spécialisée dans ce matériel. Il faudra deux couches d’or pour avoir une harmonie dans la couleur.

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©NipponActif    Kohei Nawa et la traductrice

En japonais, « Throne » signifiera plutôt « siège vaquant ». Mais en anglais, cela donne le mot « trône » tout simplement, donnant aux visiteurs, le libre choix de penser. En face de la sculpture, on y verra un siège de petite échelle. On questionne justement la valeur du pouvoir par sa présence, cependant, telle une question sans réponse, le siège sera sans gouverneur. Il n’est pas sculpté pour qu’on s’y place. Il y a aussi la présence de deux boules, en forme d’oeil : une boule devant représente l’avenir, et celle de derrière le monde et le passé.
Nous sommes en droit de s’interroger sur l’avenir technologique, tel qu’il y est déjà présentement, et qui évoluera très rapidement. C’est alors que l’artiste répondra qu’effectivement, une intelligence artificielle pourrait peut-être s’asseoir sur ce trône, de par son aspect physique modulable, et par son pouvoir croissant sur le présent et l’avenir. Il mise lui aussi sur l’informatique et le digital qui ont déjà tout chamboulé.

Son inspiration vient aussi de la route de la soie liant les histoires de l’Asie et de l’Égypte. Lors des fêtes religieuses, il y a des chars qui défilent, de nouveau représentatif de son oeuvre. La dorure de la feuille est née en Égypte, mais la dédicace ne s’arrête pas à là. Le Louvre possède aussi son laboratoire concernant cette matière. Les oeuvres qui y sont exposées aussi, et c’est pour cela que ce trône colle à tous les niveaux à ses inspirations.

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©NipponActif    Le trône vu de l’arrière et d’en bas

*Dates : du 13 Juillet 2018 au 14 Janvier 2019
*Lieu : Musée du Louvre – Rue de Rivoli 75001 Paris
*Tarif : gratuit. Si vous prenez le métro, arrivé sur le quai, ne suivez pas l’indication sur le panneau du musée du Louvre! Prenez la première sortie qui vous mènera dehors, et rejoignez l’entrée de la pyramide. Si vous passez par l’intérieur du musée, l’accès en haut vous sera interdit!
*Site : https://www.louvre.fr/

Kyoto et son élégance éternelle

Source des événements japonais à Paris, la Maison de la Culture du Japon à Paris (MCJP) a accueilli le Vendredi 15 Juin, les membres du spectacle intitulé « Kyoto et son élégance éternelle ».

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©NipponActif     Entrée avant le spectacle

Paris et Kyoto fêtent les 60 ans du pacte d’amitié qui les lient. Des kyotoïtes sont venus nous montrer un art traditionnel local, pour la découverte d’une facette de leur culture.
On plonge directement dans une ambiance raffinée, avec le port des vêtements culturels. Des vêtements comme nous n’en voyons nulle part ailleurs, atypique (se conférer aux photos).
Ils sont venus nous présenter le festival qui a lieu chaque année pendant le Gion Matsuri. C’est le festival du sanctuaire Yasaka, et il dure tout le mois de juillet. C’est l’une des trois grandes fêtes de la région, et il est initié par le Yamaboko junkô, qui est la procession de chars.

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©NipponActif    Le yamaboko junkô

Lors de cette soirée, nous avons eu le droit à l’imayo : des chants et des danses qui étaient pratiqués à l’époque Heian (VIIIe – XIIe siècle). Musique et chants traditionnels parlant de palais, de montagne, de cérémonies, mais aussi de Paris (Imayo – Awase).

Un voyage lyrique à travers une région et Paris. Des poèmes écrits à la main avant d’être chantés. Les poèmes nous étaient déjà donnés en avance, mais cela ne les a pas empêché de faire une démonstration d’écriture en quelques minutes. Les danseuses quant à elles étaient exceptionnelles. Elles m’ont rappelé la danse cambodgienne de par leur dextérité et mouvement au ralenti. Ce spectacle ne pourrait intéressé que les amoureux de la tradition.

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©NipponActif    Membres du spectacle

Extrait d’Iwayo – Awase (version française)
par Mme Keiko NAKAGAWA

En se promenant dans les rues de Paris
Ici et là dans le jardin des roses sauvages fleurissent 
Ses souvenirs se transforment en sentiments
Et subsistent toujours sur le bout des feuilles après la séparation

Ce groupe est une association qui existent depuis quelques décennies. Leur but est de propager la culture d’époque de leur région, à tout le monde. Ils participent à la fête tout le mois de juillet à Kyoto, afin de présenter ce qu’ils nous ont montré. Nous avons eu l’honneur de pouvoir être présent à cette exclusivité mondiale.

Ce programme présenté à la MCJP était gratuit et n’avait qu’une date unique.

Site : https://www.mcjp.fr/

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