Nihon Buyō de l’école Ichiyama

@Nippon Actif

Certains internautes m’avaient fait la remarque que je n’avais pas pris de vidéo lors de la séance d’apprentissage du nihon buyō tenue par Juju Alishina (Article « Dansez avec Juju Alishina : Nihon Buyō »). Chose faite lors de ce spectacle à la Maison de la Culture du Japon à Paris! 

©Nippon Actif   Présentation du professeure de ce qu’est le buyō

En effet lors du stage de danse, il m’était impossible de prendre de vidéos car je n’en avais tout simplement pas l’accord. De plus, ce jour-là ce n’était pas une performance sur scène. La MCJP a quant à elle permit de découvrir cette magnifique danse sur scène! 
J’avais déjà expliqué dans l’article du professeure Juju Alishina ce qu’était cette danse, mais rappelons-le en une phrase : c’est la danse des geisha. Pas que, mais comprenez que cela fait intégralement partie des cordes de ces femmes japonaises aux nombreux talents.

©Nippon Actif      Élèves et professeure de l’école Ichiyama

L’école Ichiyama, de la ville de Niigata, nous a offert un somptueux spectacle de danse, mais aussi de comédie, et de décors inédits! Un scénario qui n’est pas toujours facile à comprendre, malgré l’absence de dialogue. Mais on se laisse volontiers envoûter par les courbes enchanteresses des élèves, et des gestes parfois doux, parfois saccadés selon l’expression qu’elles souhaitent nous divulguer. Une élégance maîtrisée pendant une heure. 
Il y a deux choses qui m’ont captivées. Sans surprise, leur tenu et leur maquillage : la tenue est magnifique, je suis toujours éblouie devant tant de beauté. On distingue aisément la superbe qualité du textile, les motifs divers et les couleurs variées. Le maquillage toujours aussi… blanc. Je conçois,  la manière dont je le dis paraît fade et en fait un détail inutile. Détrompez-vous, ce qui m’impressionne dans ce maquillage, c’est que les expressions faciales sont extrêmement limitées, voir inexistantes. Je vous avais déjà expliqué le procédé de maquillage de ces danseuses, et étant un produit qui se solidifie sur le visage, il est étonnant que tout le reste du corps parle pour évacuer leur ressenti.
La deuxième chose par laquelle j’ai été captivé est… le bruit du vêtement. C’est atypique comme remarque mais cela ne m’a pas échappé. J’étais alors au plus près de la scène, pour une fois (si on épargne le fait que j’ai une ponctualité légendaire dans mon quotidien). Et à chaque mouvement des actrices, j’entends le bruit des tissus qui se frottaient, et le contact entre le vêtement et le parquet. C’était… agréable, car j’imaginais par cette écoute à quel point le kimono pouvait être soyeux. 

©Nippon Actif

Sur l’une des scènes des élèves, on pouvait aussi y voir un personnage avec une double facette. Ce n’était pas une geisha ou maiko, mais une femme « voilée » (pas dans la voie de la religion musulmane), et sur l’arrière de sa tête, elle portait un masque de renard. Cette élève jouait donc deux personnages différents! Ce qui était complexe, c’est qu’au moment de jouer le renard, tout son corps étant voilé, elle devait jouer comme si l’arrière de son corps, était aussi l’avant. C’était une technique prodigieuse et à la fois rapide si le personnage ne veut pas s’embêter à changer de costume.

Un autre luxe que l’on a pu s’offrir, celui d’avoir un cours de danse dans laquelle des personnes du public étaient invités ! Je vous laisse visionner ce cours de danse dans la vidéo que j’ai posté sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=y4zr96EAhDQ&t=
Les heureux élus ont pu pratiquer cette danse et se sont vus offrir de magnifiques éventails pour leur participation. Et d’autres personnes du public ont pu rattraper des tissus pour les furoshiki (dont moi)! Un cadeau de l’école qui espérons-le, reviendront un jour!

©Nippon Actif    Le furoshiki qui m’a été lancé

Lieu : Maison de la Culture du Japon à Paris
Tarif : gratuit sur inscription
Date : 25 octobre 2018
Vidéo YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=y4zr96EAhDQ&t=

Le tissage Nishijin-ori ~ 西陣織

L’espace DENSAN s’est associé à la Maison de la Culture du Japon à Paris lors d’une conférence et démonstration sur le tissage nishijin-ori. Entièrement tissé à la main, cette technique artisanale née à Kyōto est raconté par Yoko Katsuyama.

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©NipponActif

Le nishijin-ori est l’un des tissus traditionnels les plus représentatifs du Japon. Elle utilise de la soie, des fils d’or et d’argent. Le tissage de la tapisserie tsuzure-ori est effectuée par l’artisane. Pour cela, elle dessine une image ou motif en grattant des fils colorés avec son ongle limé en dents de scie. C’est bien la caractéristique particulière qui était sur l’artisane qui tenait cette conférence, Yoko Katsuyama.
Cette conférence intervient durant les soixante ans du pacte amical qui lie Paris à Kyōto en 2018. À Kyōto, il y a une floraison d’entreprise industrielle, pour le fait-main. Le nishijin-ori est né lors de la guerre d’Ōnin, de 1467 à 1477, interposant des civils, à cause d’une querelle entre shogun. Durant cette guerre, on appelait le camps de l’Ouest : nishijin-ori. Le nom a été repris car ce fameux textile vient de là-bas.
À l’époque, il faut savoir que ce textile était uniquement destiné pour les différents sanctuaires du pays, à usage décoratif ou pour les tapisseries bouddhiques. La population n’avait pas le privilège d’en posséder. Pendant l’ère Meiji, certains de ces artisans étaient même envoyés en France! C’est une signature pour l’intérêt réciproque porté pour les différentes cultures, françaises et japonaises.

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©NipponActif

Le tsuzure-ori est quasi similaire à la technique de la Manufacture des Gobelins, mais ses fils sont nettement plus fins. En raison de la subtilité de ces motifs, seulement quelques centimètres de fils de soie peuvent être tissés par jour.
Ces tissages servent de fabrication de kimono, de ceintures d’obi et des tuniques de cérémonie kesa des moines bouddhistes, qui coûtent très chers.
La demande de kimono a drastiquement diminuée en dix ans. En effet, à l’heure actuelle la demande tsuzure-ori a presque disparu. C’est pour cela que l’Atelier HAKURYUAN KATSUYAMA, présentatrice de cette conférence, essaye de développer des canaux de vente internationale, en touchant à l’architecture et à la mode. La création moderne est donc le thème qui pourrait sauver des siècles de cette technique artisanale.
Jusqu’au 15 novembre 2018, le travail de l’Atelier HAKURYUAN KATSUYAMA est placé à l’espace DENSAN, ouvert aux publics, en entrée libre.

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©NipponActif

Dans cet atelier, il y a trois genres de tsuzure-ori :
– le classique (le traditionnel) : environ 40 fils de chaîne pour 3 cm seulement. Les fils sont légèrement plus épais ;
– le développé : environ 70 fils de chaîne pour 3 cm. Utilisant des fils ultra fins, une spécificité de l’Atelier HAKURYUAN KATSUYAMA ;
– le spécial : une autre spécificité de l’atelier, et qui permet un jonglage de tissu transparent.

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©NipponActif   Travail présenté lors de la conférence

Cet atelier vend des produits aux publics. Pour les créations artisanales, nous pouvons trouver :
– des obi, qui sont les ceintures pour les kimono ;
– des kicho, qui sont des anciens tissus pour cloison japonais ;
– des kesa, qui sont les tuniques de moine bouddhiste.

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©NipponActif   Yoko Katsuyama

Comme mentionné plus haut, ils s’attaquent aussi aux créations modernes telles que les produits mobiliers et les accessoires. Ils n’utilisent ni machine, ni papier de crête, donc si vous fournissez un dessin, tout le motif sera exprimé par tissage. Cette compagnie n’utilise que de la soie à 100%. Un coût qui peut être élevé en vue de la qualité du textile, mais aussi par le coût du travail du tisserand.
Sachez que depuis 2012, l’atelier gagne des prix, dont un d’affilé en 2015 et 2016, du « Prix du Ministre de l’Éducation, de la Culture, des Sports, de la Science et de la Technologie ».

Une démonstration de quinze minutes sur l’ingénieuse machine a eu lieu, avec l’artisane Yoko Katsuyama. À l’aide d’un dessin sur papier, elle va pouvoir mettre les fils au bon endroit. Les fameux ongles limés vont lui faciliter la tâche. En une journée, elle peut faire une dizaine de centimètres, selon si c’est avec ou sans motif. Et ce travail titanesque demande énormément de précision. Car si jamais l’artisan se trompe, il faut tout refaire! Il n’est pas possible de rattraper le travail, peu importe le nombre de fils dont ils se seront trompés.

L’adresse de l’Atelier HAKURYUAN KATSUYAMA :
226 Shinmoto-cho, Omiya-higashiiru, Nakadachiuri-dori Kamigyo-ku, 602-8257 Kyoto, Japan.
Leur site internet : http://www.hakuryuan-katsuyama.co.jp/

L’espace DENSAN, promulguant les traditions japonaises : http://www.espacedensan.com/

Vidéo que j’ai prise lors de la démonstration : https://www.facebook.com/nipponactif/videos/350999495672063/

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©NipponActif  Le tissage transparent

 

Conférence : mangaka Leiji MATSUMOTO

Auteur célèbre au monde de mangasLeiji MATSUMOTO a plus d’une quarantaine d’années d’expérience dans le domaine. Ses oeuvres principales telles que « Capitaine Albator », « Galaxy Express 999 » ou encore « Yamato » ont marqué une certaine génération, mais leurs noms ne sont pas méconnus des autres.
Pour les 30 ans du Programme JET (Japan Exchange and Teaching), nous avons eu l’honneur d’avoir une conférence tenue par Leiji MATSUMOTO en personne, ainsi que de l’interprète, Florent Gorges.
La Maison de la Culture du Japon à Paris (MCJP) a accueilli sur scène l’un des mangaka les plus renommés afin de nous conter son enfance et ses inspirations.

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@NipponActif     Capitaine Albator par Leiji MATSUMOTO

Lors de cette soirée du jeudi 7 Juin 2018, nous nous sommes plongé dans l’enfance de l’auteur. On a commencé immédiatement par des questions / réponses sur divers sujets, avec des photos projetées sur un écran. De sa tendre enfance à l’adolescence, il nous conte son histoire, à travers des témoignages distincts, et avec des souvenirs précieux. Un tel jeu de mémorisation qu’il a pu remonter à l’âge de 3 – 4 ans.
Lors de la présentation, le directeur de CLAIR Paris, Madame Karine Radtkowsky, ainsi que l’ambassadeur du Japon à Paris ont ouvert l’événement avec la présentation de leur structure.
Juste après, ils ont fait place à la star de la soirée. L’histoire a commencé d’emblée par ses ascendants : ses parents. Il dira que son père était un modèle qui lui inspira toute sa vie niveau carrière. Et sa mère, la droiture et l’assiduité. Des éléments complémentaires qui ont fait toute la vie de Leiji MATSUMOTO ce qu’il était et ce qu’il est devenu. En voici quelques extraits.

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@NipponActif    La mère de Leiji MATSUMOTO

L’histoire d’un homme ordinaire aux rêves extraordinaires

Leiji MATSUMOTO : « Mon père était pilote et a travaillé dans l’aviation d’aussi loin que je m’en souvienne. Mon rêve de le devenir à mon tour a mûri à travers ses anecdotes. La première fois que j’ai voyagé en France, c’était avec Air France (cf. photo ci-dessous). […] Je me souviens avoir un jour conduit un avion, sans permis! Le pilote et moi nous étions très bien entendu lors du vol, qu’il a eu la témérité de me laisser la commande en plein vol. Chose qu’il regretta, même s’il n’y a pas eu d’incident, les passagers devaient fortement se tenir pour ne pas décoller. Une expérience inoubliable! ».

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@NipponActif     Premier avion en direction de la France pour le mangaka

Leiji MATSUMOTO : « Lors d’une des nombreuses invitations dans les festivals de mangas, je m’en souviens avoir loué une voiture et avoir conduit jusqu’au château d’Heiligenstadt, situé en Bavière. »
Florent Gorges : « Pourquoi être allé jusque là-bas? »
Leiji MATSUMOTO : « J’ai tenu à me rendre seul jusqu’au château parce que quand j’étais au lycée, en deuxième année, j’ai eu la possibilité de voir après l’école, un film qui a totalement bouleversé et changé ma vie. Le film s’intitule « Marianne de ma jeunesse« , réalisé par Julien Duvivier, et il a tellement marqué ma vie avec le film « Autant en emporte le vent », qu’il fallait que j’aille à l’une des scènes dessinées sur l’affiche. Puis une fois arrivé, j’ai essayé de prendre une photo avec le même angle que l’affiche. J’étais plutôt content d’avoir pu réaliser mon souhait.  »

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@NipponActif     La photo que Leiji MATSUMOTO a prit du château d’Heiligenstadt

Leiji MATSUMOTO : « Je me suis par ailleurs inspiré de Marianne pour l’un de mes personnages, Maetel de « Galaxy Express 999″, afin de l’a retrouvé dans mon travail et lui rendre hommage ».

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@NipponActif       Maetal inspiré de Marianne

Leiji MATSUMOTO« Enfant je voulais être pilote. J’ai nourri cette idée en grandissant, et me disant par exemple qu’en 2018, je devais me retrouver sur Mars! Cependant, une fois arrivé à l’école, on m’a refusé cet avenir. Tout simplement qu’à cause de ma mauvaise vue, je ne pourrai jamais le devenir. J’ai très vite dû abandonner ce rêve devenant fantasme. Mais l’imagination m’a aidé. J’ai pu étudier les galaxies et tout ce qui le concerne, afin de transférer ces connaissances dans les mangas que j’ai dessinés.  D’ailleurs, le Capitaine Albator, je l’ai dessiné et finit en… primaire ».

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@NipponActif     Le mangaka qui dessine en live

Nous pouvons comprendre lors de cette plongée dans son passé, qu’il est difficile de savoir si sa vocation devait être son fantasme, celui d’être un pilote, ou un mangaka, étant donné qu’il a commencé les dessins dès la primaire. Mais ces deux idées se rejoignent afin de n’en former plus qu’une issue à Leiji MATSUMOTO.
En exclusivité lors de cette soirée, le maître dessinera avec de la peinture à l’eau, l’un de ses célèbres personnages, si ce n’est le plus célèbre! La salle sera plongée pendant une quinzaine de minutes dans un silence olympique, qui permet une concentration extrême du dessinateur. Filmé en live afin d’avoir un visuel sur le grand écran, l’émerveillement se sent à travers chaque pinceau donné sur la feuille.
À noter qu’il y avait un assistant qui passait souvent le sèche-cheveux sur le travail afin que cela sèche rapidement, et pour retravailler le reste.

Leiji MATSUMOTO« Il est marqué : « je vis librement sous mon propre étendard ». C’est la fameuse réplique du capitaine Albator. »

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@NipponActif    « Je vis librement sous mon propre étendard »

La conférence s’est malheureusement finit rapidement, et on espère un de ses prochains passages afin de nous en conter le plus possible de ses aventures.

PS : je remercie personnellement Madame Karine Radtkowsky pour votre invitation à cette conférence très prisée, ainsi que Monsieur Kiyomi Tagawa (田川清美) pour les nombreux échanges.

 

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