Wadaiko ~ 和太鼓 : Drum TAO

Il y a quelques mois, le vendredi 13 juillet 2018 précisément, l’un des groupes de taiko reconnu dans le monde, a rejoint le parcours du Japonismes : Drum TAO. Un spectacle époustouflant, qui a été le meilleur dans tout ce que j’ai pu voir et découvrir jusqu’à présent. La magie a opéré à la Seine Musicale de Paris lors de cet été 2018.

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©DrumTao

J’écris cet article que beaucoup plus tard, car j’étais en attente des accréditations pour exploiter certaines photos – car vous vous doutez bien que lors de la représentation, je n’avais pas le droit de prendre de photos / vidéos – accord validé plus tard par l’équipe-même. L’émotion de cette nuit traverse le temps et reste inoubliable! Comme je l’ai mentionné plus haut, de tous les spectacles de taiko (autrement dit aussi wadaiko), c’est celui qui m’a fait le plus rêvé. Pourtant, ils ne sont pas réellement comparables, car ils ont tous leur propre style. Mais dans son art en général, c’est grâce à eux que j’ai découvert le tambourinage en équipe.

Drum TAO ont joué dans 24 pays, 500 villes et près de huit millions de spectateurs sont venus les découvrir et les encourager. Avec toutes ces performances, la troupe a gagné le 6ème Japan Tourism Agency Commissioner’s Awards et l’Outstanding Cultural Contribution de la préfecture d’Oita. Il est composé de trente-et-un membres, et ils ont créé une dynamique sur scène qui a coupé le souffle à tous les spectateurs. Après des recherches, je n’ai pas pu trouver ne serait-ce qu’une seule mauvaise critique!

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©DrumTao

Les enchaînements du groupe étaient spectaculaires! Je suis encore stupéfaite de la puissance et de la vitesse de tambourinage. Pour une première en France, la salle exploitée collait à merveille à la prestation. De beaux hommes triomphant sur scène, avec la belle particularité qu’ils étaient TOUS musclés. Un régal mesdames et mesdemoiselles (certains messieurs également). Toute personne ayant été spectateur de taiko savent que voir des muscles chez ses performeurs n’est pas réellement étonnant, comme cette pratique demande une bonne cardio, force et vitesse… et donc un entraînement sans relâche, il n’y a pas de frein pour arrêter un tel phénomène. Limite, je me posais la question si lors du casting du groupe, l’une des conditions pour en faire partie était d’être plus ‘gonflé’ qu’à l’habituel. Il va de soi, c’était une question inutile car on ne travaille pas que sur du visuel. Et le spectacle tout le long l’a démontré.

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©NipponActif    La Seine Musicale de l’extérieur

Je vais décrire dans le désordre, mais l’une des choses qui m’a marqué et que je n’ai trouvé nulle part ailleurs étaient… les sourires de chaque membre, mais pas n’importe lesquels. Je vous garantis que tout le long du spectacle, ils ont gardé les mêmes beaux et grands sourires. Ce n’est donc pas le sourire marketing de l’art, mais j’ai ressenti l’un des sourires des plus sincères : celui de la fierté. Mon ressenti était bien avéré lors d’un passage avec des nobori (). Les nobori sont des bannières japonaises, qu’on utilise comme des drapeaux (notamment lors des batailles et guerres féodales). Aujourd’hui, on les utilise dans les entreprises, les sports, restaurants, magasins, etc… Il exprime l’encouragement, l’appartenance à un groupe, à une identité propre qu’il faut que les autres voient. Au-delà des accessoires, nous pouvions voir dans leurs gestes et les grimaces sur leur visage cette fierté prônée à plusieurs moments. Ils peuvent l’être, ils ont magnifiquement transmis leur passion, et porté les couleurs du Japon.

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©DrumTao    Avec les nobori (幟)

Par moment, les acteurs interagissaient avec le public. Scandant des phrases en japonais, sous le rythme des tambours. Et à d’autre moment il y avait des parties bien comiques. Certains des membres avaient des rôles bien définis dès le départ. J’ai pu entrevoir un chef de la troupe, qui avait des airs d’un grand seigneur dirigeant tout le spectacle. Et deux comiques qui revenaient sans cesse. On reste évidemment dans l’art traditionnel, mais ici de toute évidence on a osé le mélanger avec un côté moderne bien accentué. Par exemple au niveau du costume. On était à mi-chemin entre le traditionnel et un côté futuriste, voir bling-bling. Le jour où j’écris cet article, plus tôt dans la journée, en rencontrant une chargée de communication à ESMOD (école de mode -petit clin d’oeil à Mona), j’ai découvert que la costumière de cette magnifique collection était Junko Koshino, surnommée la Coco Channel du kimono. Je vous laisse découvrir les photos pour voir son travail. Je reparlerai très bientôt de cette artiste dans les jours à venir.

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©DrumTao

Revenons à nos moutons. Il faut savoir que le taiko n’est pas un art où l’on fait que de taper sur des tambours à différentes allures, avec différentes forces, mais cela demande surtout des performances d’athlètes. Un rythme infernal s’installe sous nos yeux. Parfois je me concentrais sur certains membres, et j’avais « peur » qu’ils lâchent le bachi (qui est le bâton pour tambouriner). Ce sont des parties du spectacle qui nous font retenir notre souffle, contrairement à eux.
Je ne tarderai pas plus sur les explications, si ce n’est que je vous les conseille vivement pour leur prochain passage, dont on n’a pas encore les communiqués officiels, mais je pense bien qu’ils reviendront. Un spectacle dynamique, avec du rire, des danses, un show impressionnant, des chants, des instruments, une décoration colorée et des costumes travaillés. Le tarif peut paraître excessif au premier abord, mais je vous le dis, il en vaudrait encore plus qu’on ne s’en plaindrait pas.

Je remercie l’équipe en backstage de Drum TAO et Asuka OZUTSUMI.

*Dates et horaires : Vendredi 13 Juillet à 20h30
Dimanche 15 Juillet à 15h
*Tarifs : Catégorie 3 : 20€
Catégorie 2 : 30€
Catégorie 1 : 45€
*Lieu : La Seine Musicale – Ile Seguin, 92100 Boulogne-Billancourt
Site officiel : http://www.drum-tao.com/main/english

Taiko : Kodo Next Generation

Le taiko (太鼓) est l’art de jouer du tambour au Japon. Les Japonais préfèrent l’appeler plus traditionnellement le wadaiko (和太鼓). Le 22 juillet 2018, j’ai été à l’une des représentations de cet art traditionnel, présenté par le groupe « Kodo Next Generation » dans un prestigieux cadre oriental, au Théâtre du Soleil (ou La Cartoucherie) de Paris.

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©KodoNextGeneration

Kodo signifie le battement de coeur. Dans ce contexte, il est semblable au battement d’un tambour. On ne fait pas que de l’entendre, on le sent littéralement grâce aux vibrations que le son émet, tel un écho qui connecte les ondes musicales aux coeurs. Kodo peut aussi vouloir dire « les enfants du tambour ». Ils sont en effet aussi spontanés, créatifs et énergiques que des enfants. Une signification qui n’enlève pas de la technicité à leur représentation.
Le groupe de 34 membres existe depuis 1981, donc 37 ans. Vous l’aurez deviné que nous n’avons pas sur la photo ci-dessus et lors de leur représentation, tous les membres du groupe. D’où la mention « Next Generation », rappelant que ces jeunes ‘performistes’ sont les héritiers de cet art.

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©KodoNextGeneration

Kodo Next Generation ne revendique pas que les côtés art et spectacle du wadaiko. Mais aussi traditionnel et représentatif de l’endroit où ils vivent : l’île Sado. En effet, en dehors du spectacle, ils sont présents dans de nombreux festivals au Japon, vendant les mérites peu connus de leur village. L’expansion de leur culture locale et du programme de développement a commencé depuis des années dans le monde entier. Ils sont actuellement à plus de 6.000 représentations dans 50 pays de cinq continents. Ils ont aussi crée une fondation afin de nous donner plus d’explication sur la valeur culturelle du village (se référer au lien que je donne à la fin de l’article, site en japonais et anglais). Kodo est né dans la nature, et s’en inspire fortement.

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©NipponActif

Avec toute cette expérience, la génération d’aujourd’hui compte évoluer en mélangeant la valeur traditionnelle et le côté moderne pour amorcer leur début . C’est avec beaucoup de fierté qu’ils ont joués sur la scène française, dans une salle comble. Les musiciens avaient aussi un bon jeu d’acteur. Ils quittaient et revenaient sur la scène tel des robots, machinalement, avec tout leur air sérieux, sans même esquisser un sourire. Sauf quand ils s’attelaient à leurs performances, le masque tombait du visage pour accueillir un sourire de bienvenu. Entre les tambourinements, les jeux d’instruments et de chants, le groupe ne nous laissait pas de répit.
La seule chose de tout le spectacle qui m’embêtait était le jeu de lumière : beaucoup trop tamisé par moment, rester éveiller n’était pas une mince affaire. Il va de soi que ce jeu de lumière scénarisé le tempo des musiciens. J’ai personnellement beaucoup plus apprécié les moments énergiques! Et incontestablement, les chants : captivants et enchanteresses! Avec des timbres de voix exceptionnels qui rappellent les chants anciens.

Tarif : de 15 à 25€
Lieu : Théâtre du Soleil – 2 Route du Champ de Manoeuvre, 75012 Paris
Page du groupe Kodo : https://www.kodo.or.jp/en/

 

Concert solo de taiko d’Ichitarô

Le taiko (太鼓) est un art de jouer du tambour japonais, très exploité lors des cérémonies et événements traditionnels à l’époque, mais uniquement pour accompagner les fêtes. Après la seconde guerre mondiale, le taiko est devenu indépendant, permettant de jouer sans grande occasion, afin de cultiver sa propre identité.

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©NipponActif             Ichitarô en solo

Venant tout droit du Japon la veille du spectacle, un artiste méconnu est venu faire vibrer la salle du centre Mandapa à Paris! Cet artiste se nomme Ichitarô. Là où nous avons l’habitude de voir minimum de deux personnes lors d’une représentation de taiko, ici Ichitarô se dévoue seul à la tâche.

La résonance du coeur

Personnellement, c’est la première fois que je vois une performance en live de taiko (appelé aussi wadaiko, j’ai pu lire à gauche et à droite sur la toile qu’il était même préféré au mot taiko. Mais ce dernier est le plus populaire). Et c’était SENSATIONNEL! Je pèse mes mots. Ichitarô a su nous offrir un spectacle unique en son genre avec une force remarquable et maîtrisée. Toute la salle vibrée dans tous les sens du terme : le tambour apporte un son puissant, avec un brouhaha d’échos, tout en étant mélodieux. Même néophyte en la matière, je me sens capable de dire que c’était un sans faute lors de son tambourinage. Une frénésie régulière pendant ses tours de bras, et c’est bien à ces moments-là que nous avions le souffle coupé.

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©NipponActif     Ichitarô lors des vitesses de battements

Son endurance est sans faille, même en tambourinant crescendo, sûrement grâce à sa dextérité. Le son reste fluide, peu importe l’intensité qu’il y met. Ce qui est intriguant, c’est que nous avons même l’impression qu’il y a toute une équipe qui joue derrière, alors que non. C’est toute une équipe en un seul homme. Son endurance est remarquable. On voit lors de sa performance d’une heure, qu’il va puiser l’énergie bien au-delà de sa propre limite. Et même arrivé à un point où l’on se dit qu’il est arrivé à son maximum, il nous détrompe, et joue de plus belle. Tout aussi remarquable est son ingéniosité : car effectivement, il nous expliquera pendant ses moments de pause qu’il s’était rendu aux États-Unis, pour s’entraîner à jouer du taiko. Et à ce moment-là, il a commencé à jouer avec plusieurs « bâtons », ou du moins qui y ressemblent, pour avoir des sons différents. Puis il en a trouvé un de robuste, l’impensable, un bâton japonais qui sert de base à épousseter les futon. Aujourd’hui même dans l’archipel nippon, il est peu utilisé. Comme le bâton est bien robuste, il a continué à jouer avec. Donnant une tonalité bien particulière, très appréciable et impressionnante (confère la photo ci-dessous).

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©NipponActif     Avec le bâton à épousseter le futon

Cette ingéniosité se poursuit aussi au Japon,  précisément à Yokohama, la ville d’origine de l’artiste. Il eut l’idée singulière de couper son chauffe-eau qui ne fonctionnait plus, et d’en faire un instrument de musique qui donne un son aigu.

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©NipponActif     Instrument fabriqué par l’artiste

Tant de raisons d’apprécier ce son, il est dommage qu’il n’est pu faire qu’une seule représentation à Paris. Probablement qu’il reviendra… du moins, pour les macarons qu’il apprécie dans la capitale!

PS : je remercie le centre Mandapa de m’avoir donné l’invitation, et de m’avoir permis la découverte de cet art.
Lieu du concert : http://www.centre-mandapa.fr/

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